Voyage de l’Atelier Europe à Prague – 23 au 26 avril 2009
16 Avr

Voyage de l’Atelier Europe à Prague – 23 au 26 avril 2009

À l’occasion de la Présidence tchèque de l’Union européenne, l’Atelier Europe, qui a pour but de promouvoir une Europe politique, se rendra à Prague du 23 au 26 avril 2009, pour un voyage d’études, de dialogues et d’échanges sur les priorités et les enjeux de cette Présidence de l’UE. L’objectif de ce voyage d’études est de communiquer en France sur les positions tchèques, grâce à un travail de terrain et une confrontation des idées, au-delà des polémiques et des stéréotypes. Ce travail de communication pourra prendre différentes formes : brèves interviews écrites ou filmées, reportages photos, selon ce que souhaiteront nos interlocuteurs. Il apparaît en effet aujourd’hui nécessaire de franchir une nouvelle étape dans le rapprochement politique des pays de l’Union européenne afin de soutenir l’action de l’Union européenne, défendre ses valeurs et diffuser toute information susceptible de familiariser les citoyens européens avec la chose communautaire comprise dans sa diversité (culture, politique, économie, institutions, sport, etc.). À l’occasion de cette mission, les membres de l’Atelier Europe rencontreront à son invitation Cyril Svoboda, ministre du développement des régions et ancien ministre des Affaires étrangères de République Tchèque. Nous rencontrerons également Jana Hendrichová, Secrétaire d'État pour la Présidence tchèque de l'UE, adjointe d’Alexandr Vondra, vice-Premier Ministre en charge des Affaires européennes, Monsieur Pouchepadass, Premier conseiller à l’Ambassade de France à Prague, Jiri Parkmann, conseiller PESD au Ministère des Affaires étrangères, et Josef Broz, journaliste et commentateur politique avec lequel nous organiserons un café débat. Ce voyage européen s’inscrit dans la série de rencontres avec les différentes Présidences de l’Union européenne. Elles ont pour objectif d’entamer un autre dialogue que le traditionnel dialogue gouvernemental, en faisant participer les sociétés civiles des pays concernés, dans un esprit d’échange des compétences et des points de vue entre les différents pays membres de l’Union européenne. Tous ces échanges, débats et rencontres seront diffusés sur notre site Internet, ainsi que sur d’autres sites européens. L’Atelier Europe souhaite à terme consacrer une série de conférences à Paris pour présenter les résultats de ces observations et participer ainsi vivement et concrètement au débat européen. Programme prévisionnel: Jeudi 23 / 04 15H Jana Hendrichová Secrétaire d'État pour la Présidence tchèque de l'UE, adjointe d’Alexandr Vondra, vice-Premier ministre en charge des Affaires européennes 18H Josef Broz Journaliste politique, rencontre-débat en présence de la presse Vendredi 24 / 04 10H – 12H Michel Pouchepadass 1er conseiller de l’ambassade de France Chef de la Chancellerie diplomatique 14H – 16H Jiri Parkmann Conseiller Politique européenne de sécurité et de défense auprès du ministre des Affaires étrangères. Dimanche 26 / 04 déjeuner Cyril Svoboda Ministre du développement économique des régions et des villes Ancien ministre des Affaires étrangères Télécharger: Communiqué de presse...

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La politique timorée de la Banque Centrale Européenne

Malgré la multiplication de nouvelles alarmantes sur le front de l’activité et de l’emploi, et dans un contexte où les pressions à la baisse sur l’inflation se font plus fortes, la Banque Centrale Européenne (BCE) mène une politique trop timorée et apparaît ainsi moins allante que ses homologues, notamment la FED. État des lieux. Les signes de la poursuite de la dégradation de l’activité économique en 2009 se multiplient La zone euro qui, jusqu’au début de l’année 2008, avait résisté à la hausse des prix du pétrole, à l’appréciation de sa monnaie et à la dégradation de l’environnement international, est entrée en récession au 2e trimestre 2008. L’année s’est même terminée par un décrochage sans précédent de l’activité avec -1,6 % au cours du dernier trimestre. Dans un contexte où le climat des affaires tel que publié dans les enquêtes de la Commission Européenne a poursuivi sa dégradation au début de l’année pour in fine se situer, en février, à des plus bas historiques dans tous les secteurs d’activité, la BCE a, en mars et sans surprise, fortement révisé à la baisse ses prévisions de croissance datant de décembre dernier : ainsi, selon la BCE, en zone euro, l’activité se contracterait de 2,7% en 2009 (au lieu de -0,5% initialement estimé). Mais depuis la diffusion de ces prévisions, de nouvelles informations conjoncturelles, toutes négatives, sont disponibles. En particulier, en janvier, la production industrielle s’est contractée fortement dans tous les pays de la zone euro et le commerce extérieur a enregistré des reculs historiques un peu partout en Europe. Les perspectives de croissance pourraient donc être plus sombres qu’anticipé par la BCE. Finalisées après la parution de ces indicateurs, les prévisions de l’OCDE tablent d’ailleurs sur un recul plus prononcé de l’activité de la zone euro en 2009 avec -4,1%. Les pressions à la baisse sur l’inflation s’accroissent En zone euro, l’inflation, définie comme le glissement annuel de l’indice des prix à la consommation harmonisé, est orienté à la baisse depuis son pic de juillet (elle avait alors atteint +4,0%). Elle se situe en mars à +0,6%. Dans certains pays comme l’Espagne, elle est même en recul (-0,1%). Cette situation s’explique notamment par des « effets de base » liés à la baisse des cours des matières premières : le cours du pétrole reflue depuis son pic de juillet, entraînant avec lui la composante énergétique de l’inflation. L’affaiblissement général de l’activité devrait accroître encore les pressions à la baisse sur les prix à l’avenir. Cette situation donne des marges de manœuvre pour un assouplissement accru de la politique monétaire Rappelons-le, l’objectif principal de la BCE, tel que mentionné dans l’article 105 du traité de Maastricht, est de maintenir la stabilité des prix. La BCE a défini elle-même la stabilité des prix comme un rythme annuel de progression des prix inférieur mais proche de 2% à moyen terme. En tout état de cause, le tableau qui vient d’être brossé des évolutions récentes de l’inflation ne permet pas de laisser penser que l’inflation est sur le point de déraper à moyen terme (sauf à penser que le cours des matières premières reparte à la hausse, ce qui est imprévisible). Cela accroît donc les marges de manœuvre des autorités monétaires. Par ailleurs, et d’un point de vue théorique, les conditions sont réunies pour un rôle actif de la BCE. En effet, le retournement économique est non seulement commun à l’ensemble des pays de la zone euro mais il en a de plus les mêmes sources : le grippage du circuit de financement de l’économie, la forte contraction du commerce mondial et une confiance des agents en berne. Les chocs auxquels font face les pays de la zone euro sont donc symétriques (même s’ils sont amplifiés dans certains pays par des facteurs internes, comme la crise immobilière en Espagne). Et c’est dans la configuration de chocs symétriques que la politique monétaire est en théorie efficace. La politique monétaire suscite donc en l’état un certain nombre d’interrogations Si la Banque Centrale Européenne a procédé à un assouplissement de sa politique monétaire depuis l’automne 2008, son taux directeur, qui a baissé de 300 points de base au total pour s’établir à 1,25%, reste encore très élevé, bien plus élevé que celui pratiqué par son homologue américaine par exemple (la FED pratique une politique de taux zéro depuis décembre 2008). La baisse de 25 points de base de son taux directeur en avril n’était pas le résultat d’une décision unanime au sein du conseil des gouverneurs : la décision a été le fruit d’un consensus, comme lors de la baisse intervenue en mars. Autrement dit, certains membres du conseil ne sont pas enclins à baisser davantage les taux, malgré le contexte actuel. Au nom de quel sacro-saint principe, la BCE se refuse-t-elle à assouplir davantage sa politique monétaire ? A cette question, la réponse souvent avancée est la suivante : en cas de détérioration accrue des perspectives économiques, la BCE se doit de disposer de marges pour agir. Pourtant, elle peut, à l’image de ce que fait la FED actuellement, user de politiques hétérodoxes. De surcroît, en n’agissant pas plus fortement maintenant, la BCE ne crée-t-elle pas les conditions d’une aggravation de la situation ? Statutairement pourtant, la politique monétaire de la BCE se doit d’accompagner les politiques nationales de soutien à la croissance De la lecture du traité de Maastricht, il apparaît que la BCE doit statutairement poursuivre deux objectifs, hiérarchisés. En effet, selon l’article 105 du traité de Maastricht, « L'objectif principal du SEBC est de maintenir la stabilité des prix. Sans préjudice de l'objectif de stabilité des prix, le SEBC apporte son soutien aux politiques économiques générales dans la Communauté, en vue de contribuer à la réalisation des objectifs de la Communauté, tels que définis à l'article 2. » L’article 2 du même traité stipule que « La Communauté a pour mission, par l'établissement d'un marché commun et d'une union économique et monétaire, … de promouvoir un développement harmonieux et équilibré des activités économiques dans l'ensemble de la Communauté, une croissance durable et non inflationniste respectant l'environnement, un haut degré de convergence des performances économiques, un niveau d'emploi et de protection sociale élevé, le relèvement du niveau et de la qualité de vie, la cohésion économique et sociale et la solidarité entre les États membres. » Si l’objectif principal est la stabilité des prix, l’objectif secondaire est le soutien aux politiques économiques générales de l’Union européenne et donc, comme le précise l’article 2, les politiques visant à favoriser la croissance et l’emploi notamment (Growth and Jobs!). La BCE se doit donc de soutenir la politique des États-Membres, lesquels multiplient les efforts pour limiter les effets de la crise, l’endiguer, et créer les conditions d’un retour rapide à la croissance. *** La prochaine réunion du conseil des gouverneurs se tiendra le 7 mai. Si à cette occasion, ses membres se refusent une nouvelle fois à assouplir les taux ou à mener des politiques monétaires non-conventionnelles ambitieuses, la BCE fait courir le risque à la zone euro et partant, à ses partenaires commerciaux, d’une aggravation de la situation économique. Elle s’expose par ailleurs au risque réel d’une nouvelle remise en cause de son indépendance… Abdenor Brahmi Groupe Économie &...

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Le grand retour de la Turquie

La Turquie vient de refaire son grand retour dans le débat européen. Est-ce vraiment le moment ? Monsieur le Député européen Alain Lamassoure nous répond. Mais oui, puisque l'on aborde la campagne des élections européennes. Le PPE fera clairement campagne contre l’adhésion de la Turquie, à qui nous proposons un partenariat privilégié. L’UMP insistera sur ce choix, comme l’a fait Nicolas Sarkozy après les propos du nouveau Président américain. Nous attendons maintenant de connaître la position des socialistes français, et de savoir comment le Modem concilie sa position anti-turque avec la turcophilie militante du groupe européen des Libéraux, auquel il a choisi de se rallier en quittant le PPE. Vive les élections, qui révèlent la sincérité des uns et les contradictions embarrassées des autres en permettant au peuple de choisir !Au passage, notons que les Présidents américains sont décidément incorrigibles. Barack Obama n’a fait que répéter ce qu’avaient dit avant lui Bill Clinton, puis George W. Bush. Ils mettent en avant la nécessité de se réconcilier avec le monde musulman, et d’éviter la « guerre des civilisations ». Mais les Européens, eux, ne sont pas en guerre avec le monde musulman. Ils ne l’ont plus jamais été depuis la décolonisation. Nous n’avons jamais considéré qu’Al Qaida représentait le monde musulman : c’est une secte de fous d’Allah, qui a d’ailleurs tué plus de musulmans modérés que « d’infidèles ». Mieux : l’islam est maintenant la deuxième religion la plus pratiquée au sein de l’Union européenne actuelle ! Nous n’avons pas besoin d’accueillir dans l’Union européenne le plus grand pays musulman du Moyen-Orient pour réconcilier le monde islamique avec … les Etats-Unis. L'Atelier Europe remercie chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe, ainsi que pour sa disponibilité et l'aide qu'il lui apporte. Nous vous invitons à le retrouver sur son...

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Le plan de relance en Europe : des plans nationaux
05 Avr

Le plan de relance en Europe : des plans nationaux

D’un côté, la profondeur de la crise financière a entraîné l’apparition d’une crise économique d’une ampleur et d’une ténacité plus importante que prévue par les économistes. De l’autre, la fragilité politique, due entre autre au passage de relais de la présidence de l’Union encore trop rapide, a entraîné des difficultés à coordonner les institutions et leurs moyens pour faire face aux besoins européens pour la relance. Aujourd’hui, nous sommes confronté à la mise en place de plans nationaux pour permettre une relance économique à l’échelle européenne, qui réponde rapidement et efficacement à des besoins nationaux et qui soit adaptée à chaque secteur. Certaines de ces mesures nationales seront concertées et/ou coordonnées. Contexte La crise financière a été suspendue en Europe le 13 octobre 2008, à la suite de l’annonce des plans d’action nationaux des Etats de l’union, faisant suite à une concertation de l’Eurogroupe (Ministres des Finances de la zone euro), et faisant état principalement de recapitalisations des banques et d’une garantie des prêts interbancaires par l’Etat. La rapidité et l’ampleur de cette annonce ont respectivement apaisé les marchés et remis en cause la confiance entre les acteurs de la vie économique. En effet, les banques, ne savant plus jusqu’où s’élève l’implication de leurs homologues dans la détention directe et/ou indirecte de titres toxiques, ne prennent plus le risque de prêter, ou très peu. Les prêts interbancaires sont encore aujourd’hui bloqués à 80%. Les flux de liquidité, déjà intoxiqués, sont en état de coagulation. Et c’est bien l’économie qui en pâti. De nombreux indicateurs économiques, tels que la valeur des matières premières, la consommation des ménages, étaient déjà anormalement très volatils pendant la crise de liquidité (été 2007) puis lors de la crise financière (août-septembre 2008). Ces deux crises n’ont fait qu’amplifier le phénomène de la crise économique qui pointait déjà depuis quelques mois. Aujourd’hui le système économique est bloqué : les risques n’étant pas tous identifiés, la défiance est de mise et entraîne un manque de fluidité des liquidités. Ce manque de fluidité des liquidités entraîne des carences au bon fonctionnement de nombreuses entreprises. Ces dernières, qui fonctionneraient sur la base d’un passif conséquent et/ou de peu de stocks, ont un manque de visibilité dans leur plan de développement, ne serait-ce qu’à moyen terme. Ceci a pour conséquence l’obligation d’adaptation de leurs prévisions et l’imposition de limites des risques liés aux coûts de fonctionnement traduits, entre autre, par des plans de chômage partiel voire de licenciements. Contre cette fatalité, chaque État de l’Union européenne cherche un remède spécifique, d’une part à cause d’un tissu économique propre à chaque État (agricole, industriel ou tertiaire) et d’autre part, du fait d’un comportement particulier de la population face à la crise pour chaque état.Ceci étant, un élément non négligeable est à prendre en compte pour cette crise : l’échelle internationale. Certains volets des plans de relance devront être concertés, selon le secteur d’activité par exemple, et les outils à disposition pourront être européens voire mondiaux. Avant de savoir quels outils sont à la disposition de chacun des États de l’Union, il est intéressant de s’attarder sur leurs chiffres économiques afin de connaître la marge de manœuvre financière et les atouts économiques de certains d’entre eux. Marge de manœuvre des États de l’Union   Cliquez sur le tableau pour l'aggrandir Ce tableau dont les chiffres ont déjà plus d’un an, permet tout de même de mettre en avant deux types de leviers pour faire face à cette crise : la balance commerciale positive et les réserves monétaires importantes de certains pays. Il permet aussi de mettre en avant les limites pour certains pays de l’utilisation de mesures budgétaires pour la relance (dette publique importante). Enfin nous pouvons constater qu’au sein de l’Union européenne, nous avons trois catégories différentes de pays dont la proportion de l’un des trois secteurs économiques est supérieure à la moyenne européenne. La balance commerciale et les réserves monétairesAvec le premier rang des exportations au monde et une balance commerciale largement positive (même si elle a diminué depuis), l’Allemagne possède certainement le levier le plus solide pour une relance économique. Certains pays de l’Union, comme la France, n’ont pas hésité à faire appel à elle pour jouer le rôle de moteur de la relance économique européenne.L’Allemagne encore, comme la France et l’Italie ont historiquement des réserves en or importantes. Ces pays ont un poids décisif dans les décisions pour la zone euro et leurs réserves leur permettant une certaine latitude dans la gestion de leur dette publique par l’émission de bonds du Trésor fiables donc pouvant être sur du long terme et apportant une rémunération non négligeable. Pour ce qui est de la Pologne (cf tableau ci-dessus), les réserves importantes sont des réserves en USD qui datent de liens historiques avec les États-Unis. Dette publiqueConcernant la dette des pays de l’Union, on peut constater que la moitié des pays de la zone EURO, qui comprend 16 pays depuis le 1er janvier 2009, a une dette publique supérieure aux 60% du PIB (critère de stabilité de Maastricht). Et parmi ces 8 pays, on peut compter l’Allemagne, la France et l’Italie. D’où la difficulté d’une relance par une souplesse budgétaire dans chacun de ces pays. Pour mieux comprendre, si l’administration publique française était soumise aux mêmes critères de mesure de l’endettement qu’une entreprise privée, à savoir le ratio dette sur chiffre d'affaires, elle serait considérée comme trop endettée, puisque le ratio dette sur dépenses publiques dépasse actuellement les 120 %. Cependant, étant donné les moyens de coercition de l’État et sa capacité à lever de nouveaux impôts, les agences de notation estiment que le risque de défaut sur la dette publique en France est minime. Par ailleurs l'État français n'a pas fait défaut sur sa dette depuis 1796.Ceci étant, l’État français n’est pas prêt à lever de nouveaux impôts pendant cette période de crise économique. Il faudra donc remettre à 2012 l’objectif de baisse de la dette publique française en dessous du critère de Maastricht (60%), ce qui n’est pas du goût de la Commission européenne qui surveille le déficit public et l’évolution de la dette des pays membres, et pourrait engager une procédure pour endettement et déficit excessif à l’encontre de la France, entre autres pays. Secteurs économiquesEnfin, et c’est certainement ce qui rend si difficile la mise en place d’un plan de relance à l’échelle européenne, nous pouvons constater que l’Agriculture est encore un bon moteur de l’économie de pays comme la Roumanie, la Bulgarie ou la Lituanie. Que l’Industrie est le fleuron de pays comme l’Allemagne, la République Tchèque ou encore la Slovénie. Et que même si tous les pays de l’Union ont une économie majoritairement tertiaire, les pays comme l’Angleterre, la France, le Luxembourg, Chypre et Malte ont particulièrement développé leurs services. Difficile donc de faire un plan de relance européen adapté à chacun de ces groupes de pays en tenant compte de la prépondérance de l’un ou l’autre des secteurs économiques pour chacun d’eux. D’où la nécessité de plans nationaux. Pour autant, quels sont les outils nationaux, européens ou internationaux à disposition des pays de l’Union pour cette relance. Les outils à disposition pour la relance Plusieurs outils sont à la disposition de l’Europe, des États de l’Union et des entreprises internationalisées pour stabiliser le système financier, permettre de faire face à la crise économique et trouver le chemin de la relance. À l’échelle européenne :• La Politique monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE) a permis de stabiliser le système bancaire afin de préserver la disponibilité du crédit pour les entreprises et les ménages à des taux abordables. En effet, la Banque centrale a du faire face tout d’abord à la crise de liquidité en injectant massivement du cash sur le marché financier dès la mi-2007. Elle a ensuite du gérer les tensions inflationnistes de...

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L’UE, l’OTAN, la Défense européenne

Alors que l'OTAN fête ses 60 ans, quels sont les liens de cette organisation avec l'Union européenne ? Doit-elle constituer la politique de défense européenne ?Monsieur le Député européen Jacques Toubon nous répond. La coopération européenne a commencé par les questions de défense. Bien avant la signature du traité de Rome, l'Europe envisage de mettre en place une politique de défense commune. Mais après l'échec de la Communauté européenne de défense (CED) en 1954, la communauté abandonne toute ambition dans le domaine de la défense et de la sécurité. En effet, dans le cadre de l'affrontement Est-Ouest, la majorité des Etats de l'Europe occidentale préfère se replier sous la protection américaine qu'offre l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Il faut attendre la signature du Traité de Maastricht pour voir instituée la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), constituant ainsi le deuxième pilier de l'Union européenne. En juin 1996, à Berlin, les ministres des affaires étrangères des pays de l'OTAN reconnaissent la pertinence d’une Identité européenne de sécurité et de défense (IESD) mais c'est véritablement le sommet franco-britannique de Saint-Malo (1998), lors duquel la Grande-Bretagne décide de soutenir l'acquisition par l'UE d'une capacité militaire autonome, qui constitue une étape décisive pour la politique de défense commune. La décision de mise en œuvre d'une Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) indépendante, sur laquelle doit pouvoir s'appuyer la PESC, est prise au Conseil européen de Cologne (1999). Par la suite, les Conseils européens d’Helsinki (décembre 1999), de Santa Maria da Feira (juin 2000) et de Nice (décembre 2000) entérinent le renforcement des capacités autonomes européennes, notamment par la création de structures politiques et militaires totalement indépendantes de l'OTAN. Il se pose toujours, néanmoins, la question du partenariat de l'UE avec l'OTAN. Dés l’origine pourtant, cette relation est grevée de réticences et de craintes de chevauchement et de divergence entre les deux institutions . Après plusieurs années de négociations et de blocages, notamment en raison du refus des Etats-Unis de voir l'Europe créer sa propre infrastructure de planification, l'UE conclut en décembre 2002 un "partenariat stratégique dans la gestion des crises" avec l'OTAN. Les accords dits "Berlin Plus", adoptés en mars 2003, donnent à l'UE un accès aux moyens logistiques de l'OTAN pour des opérations dirigées par l'Union, sans que l'action de l'OTAN dans son ensemble ne soit engagée. C'est dans ce cadre que l'Union européenne a mené, en mars 2003, sa première opération militaire de gestion de crise en Macédoine (opération Concordia) avec les moyens et les capacités de l'OTAN. L'UE doit cependant continuer de développer une politique de défense proprement européenne. Nicolas Sarkozy l'a récemment souligné : "L’Europe doit s’affirmer comme elle l’a fait l’été dernier dans la crise géorgienne. […] Les Européens doivent pouvoir agir par eux-mêmes si c’est nécessaire, et avec leurs alliés s’ils le décident." Au Conseil européen de Bruxelles en décembre 2008, les chefs d'Etat ont ainsi témoigné de leur volonté de renforcer le partenariat avec l'OTAN, mais également fixé des objectifs précis pour que, dans les années à venir, l'UE soit en mesure de mener à bien une série de missions civiles et d'opérations militaires en dehors de son territoire. L'Europe devrait être effectivement capable, dans les années à venir, de déployer de 60 000 hommes en 60 jours pour une opération majeure. L'objectif de l'UE n'est pas pour l'instant de créer une armée européenne, mais simplement de mettre en commun des forces pour mener des opérations militaires dans le cadre intergouvernemental de la PESD, sans dépendre des décisions d'autres institutions, et en particulier de l'Alliance atlantique. Ainsi, si l'Union européenne tient à développer sa propre politique de défense, elle ne saurait pour autant remettre en cause son partenariat stratégique avec l'OTAN. Délaisser l'OTAN serait oublier que l'Alliance atlantique constitue toujours le socle de la sécurité européenne. Ce serait oublier que 21 des 27 nations membres de l’UE sont membres de l’Alliance. Ce serait oublier que le traité de Lisbonne lui-même établit un lien entre la défense européenne et l’Alliance atlantique, et que s'il entre en vigueur, c’est dans l’Alliance que s’exercera la défense collective des alliés. L’Europe de la défense n'est pas une alternative à l’Alliance avec les Etats-Unis, mais bien une action complémentaire à cette alliance. Ainsi le Conseil européen de Bruxelles (2008) a-t-il récemment rappelé son attachement au partenariat transatlantique et la nécessité de le renforcer. Le renforcement de la capacité de défense européenne et l'approfondissement de la coopération avec l'OTAN seront profitables aux deux organisations, dont le partenariat est le meilleur garant tant de la sécurité et de la stabilité en Europe que du respect des principes de la démocratie, des droits de l'Homme et de l'Etat de droit. La France a récemment réaffirmé son engagement transatlantique en réintégrant le commandement intégré de l'OTAN. Paris aura ainsi plus d'influence pour construire la défense européenne, plutôt que de donner le sentiment de jouer l'Europe contre l'OTAN et Washington. La France renforce donc et l'OTAN et l'Europe de la défense !L'Atelier Europe remercie chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de...

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