Irlande, le tigre celtique est-il de retour?
19 Avr

Irlande, le tigre celtique est-il de retour?

Au sein des tristement fameux « PIIGS » (Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne), l’Irlande fait figure de cas à part. Avant la crise, l’Irlande fut un élève modèle, avec une dette publique de seulement 25% du PIB en 2007, et une croissance impressionnante de son entrée dans la zone euro jusqu’au choc de 2009:  L’atterrissage fut particulièrement violent: suite aux recapitalisations des banques en difficulté, la dette publique bondit à 106% du PIB en 2011, et le PIB perdit près de 10% et 2010. Pourtant, alors que les autres pays en difficulté de l’UE, et notamment la Grèce, continuent encore leur descente aux enfers en 2012, le rebond Irlandais s’est amorcé dès 2011, et s’est poursuivi en 2012 et 2013. Le chômage a certes cru fortement (14,8% en 2012), mais à des niveaux bien moindres qu’en Espagne (25,0%) ou en Grèce (24,7%). Après cinq années de crise, l’Irlande n’est pas encore revenue à son niveau de production d’avant la crise, mais ces années de difficulté n’ont pas effacé les progrès réalisés depuis l’entrée dans l’euro: le PIB de l’Irlande en 2013 devrait être plus élevé de 50% que celui de 1999! Surtout, l’Irlande est revenue rapidement sur les marchés, et son taux d’emprunt est tombé en février 2013 à un minimum historique, plus faible qu’en 2005! Bref, la confiance des marchés dans la dette Irlandaise est revenue, sans équivoque, et du fait notamment d’un potentiel de croissance et d’un dynamisme qui n’ont pas été affectés par la crise. L’Irlande reste un pays tourné vers la mondialisation, et après les errements financier d’avant la crise, ce choix porte ses fruits. Cela veut-il dire que l’Irlande est tirée d’affaires? Probablement pas, car elle reste exposée à un système financier qui demeure fragile, à une demande mondiale également atone, et à une gouvernance de la zone euro encore imparfaite. Mais elle démontre que les pays de la zone euro, y compris ceux durement touchés par la crise, peuvent espérer en sortir à brève échéance.   Voir également:Les priorités de la présidence irlandaise de l’Union européenneLe compte-rendu de notre voyage...

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Les priorités de la présidence irlandaise de l’Union européenne
18 Avr

Les priorités de la présidence irlandaise de l’Union européenne

La présente note est une modeste synthèse du programme complet de la présidence que l’on peut retrouver dans le volumineux programme de ladite présidence. I. Contexte et objectifs Stabilité, emploi et croissance, tels sont les maîtres-mots de la présidence irlandaise. Sans originalité par ces temps de crise, la croissance était une priorité de la présidence chypriote, elle l’est aussi pour la présidence irlandaise, qui inaugure un nouveau triplet de présidence, suivie par la Lituanie et la Grèce. Les priorités de la présidence irlandaise ont été annoncées par le Ministre des Affaires étrangères, Eamon Gilmore et le ministre d’État en charge des affaires européennes, Lucinda Creighton, le 17 décembre 2012. L’Irlande voit en 2013 « une nouvelle phrase de la reprise économique de l’Union européenne ». À l’aune des projections réalisées par les économistes, on peut toutefois douter de cette analyse contextuelle. La présidence n’hésite pas à mettre en avant son expérience intérieure en matière de relance, fondée sur une fiscalité favorable aux entreprises. Mais cette stratégie a pour conséquence un report de la pression fiscale essentiellement sur les contribuables personnes physiques. Ce modèle n’est donc pas déclinable à l’ensemble des Etats de l’Union européenne, en ce qu’il ne s’inscrit pas nécessairement dans la volonté politique des gouvernements en place. Pour déterminer les priorités de la présidence, l’Irlande souhaitait faire la différence sur trois objectifs affichés: Une relance centrée sur les citoyens et conçue pour durer, L'investissement dans la croissance favorable à l’emploi et dans les ressources de l’Europe, Un engagement gagnant-gagnant avec les partenaires extérieurs de l’Union européenne. II. Les priorités affichées de la présidence La stabilité de l’UnionLa présidence souhaite travailler sur trois axes: L’union bancaire, dont l’une des composantes est le mécanisme de surveillance unique (MSU), proposé par la Commission le 12 septembre 2012. Or ce mécanisme ne fait pas l'unanimité parmi les Etats-membres, et non des moindres (Royaume-Uni, Allemagne), en ce qu’il consiste à octroyer de nouveaux pouvoirs à la Banque Centrale Européenne. Le semestre européen, « période de coordination des politiques structurelles, macroéconomiques et budgétaires des États membres ». La poursuite de la mise en œuvre de l’Union économique et monétaire. À cet égard, l’action de la présidence s’inscrit dans la poursuite des conseils européens successifs, n’ignorant pas la nécessité de restaurer la confiance des opérateurs dans le système bancaire européen. L’investissement dans l’emploi et la croissance durables La présidence plaide en faveur d’un marché unique du numérique, qui permettrait de favoriser durablement l’emploi des jeunes. Faut-il y voir l’influence du tout-puissant Google, dont le centre européen est basé à Dublin? Toujours est-il que Lucinda Creighton a, par exemple, plaidé pour le développement du commerce électronique et appelé des progrès en matière de sécurité des transactions, de manière à rassurer les 35 % d’Internautes européens encore réticents à l’achat en ligne. Outre ce marché unique de l’avenir, l’Irlande souhaite renforcer la mobilité au niveaux scolaire et professionnel. Par exemple, avec la reconnaissance des qualifications professionnelles. Pour la présidence irlandaise, cette priorité passe aussi par le développement de la cohésion sociale et économique intra-communautaire, mais aussi par l’agriculture et la pêche européenne. L’Irlande souhaite se concentrer sur la « Croissance bleue » pour mettre à profit les 89.000 km de littoral de l’Union européenne, sans oublier la reconversion écologique de l’économie européenne. L’Europe et le mondeLa présidence irlandaise plaide pour un renforcement du dialogue avec ses partenaires internationaux, pour «renforcer l’efficacité et la cohérence de la politique extérieure de l'UE et de répondre aux défis majeurs en matière de sécurité et de politique internationale», mais aussi pour agir contre la faim, la pauvreté et le changement climatique. La présidence souhaite aussi travailler à la conclusion d’accords commerciaux bilatéraux avec «un ensemble de partenaires clés dont les États-Unis ». L’enjeu: l’export européen.   Voir également:Irlande, le tigre celtique est-il de retour?Le compte-rendu de notre voyage...

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La Lettre E n°03 – Hiver 2013

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Faut-il être fédéraliste ? Ce qu’il nous faut, ce sont des projets !
06 Fév

Faut-il être fédéraliste ? Ce qu’il nous faut, ce sont des projets !

Ambitionner une Europe fédérale présente des aspects séduisants : un côté radical qui séduit, un but clair, des perspectives aptes à mobiliser. Mais avouons qu’en dehors des cercles pro-européens, cette voix ne se fait plus guère entendre. Nous avons vu pourquoi. Dans le billet précédent sont apparus les inconvénients d’une Europe fédérale, et l’idée qu’un projet constitutionnel général qui créerait les « États-Unis d’Europe » était de toute façon hors de portée. Si l’Europe peut être fédérale, c’est par secteurs, comme pour la politique douanière, l’euro, la politique de concurrence ; demain le contrôle bancaire et, rêvons un peu, la fiscalité. Les États-Unis, eux-mêmes, qui partaient pourtant en 1787 d’une feuille blanche et d’un pays presque vide, avaient rédigé leur constitution sur un mode seulement confédéral. Le pays n’est devenu fédéral qu’après la guerre de Sécession. Le fédéralisme est une entreprise de longue haleine. En attendant, en 2012, nous voulons une UE forte et qui progresse. Mais si la voie fédérale globale n’est pas la bonne, comment avancer ? L’Europe progresse traditionnellement dans trois types de configurations : lorsque l’impulsion vient de grands leaders (cas traditionnel du couple franco-allemand) ; lorsque les crises l’obligent à réagir (cas de la crise grecque et de la gouvernance économique), ou lorsqu’on s’en remet à la méthode des « petits pas », chère à Jean Monnet et que porte en principe la Commission européenne. Or depuis 4 ans, nous avons une crise, de moyens leaders et de petits pas. La Commission partage aujourd’hui son rôle d’impulsion avec le Conseil européen et le Parlement, qui dispose pourtant de 732 députés et de moyens juridiques renforcés depuis 2010, expérimente même une « marginalisation croissante » (Philippe Ricard, Le Monde). L’absentéisme y est élevé. En réalité, l’UE est plus difficile à appréhender qu’autrefois, ne serait-ce qu’en raison de la construction européenne elle-même, qui a étendu les secteurs d’intervention et accru la complexité du système. Il est devenu difficile de proposer une vision globale et entraînante. Dans ce contexte, pour que les projets aboutissent, il faut bien sûr qu’ils soient valables, mais aussi que les institutions permettent aux acteurs les plus dynamiques de s’exprimer. Examinons quelques réussites récentes : le brevet européen s’est appuyé sur une coopération renforcée limitée à certains États ; les nouvelles règles budgétaires furent largement dictées par la chancelière allemande ; l’accord sur l’union bancaire provient d’une dure négociation entre les États ; la reconstruction des Balkans (où l’Europe fait un travail remarquable) résulte, plus classiquement, d’un travail persévérant réalisé depuis plus de dix ans sur le terrain ; l’Europe de la défense, certes stoppée pour le moment, avait progressé du fait d’une vraie entente franco-britannique ; le paquet énergie-climat de 2008 s’était appuyé sur une présidence française dynamique. Dans tous les cas, le succès vient de l’énergie dégagée par quelques acteurs. Aussi, il est important de profiter des tensions pour aller jusqu’au bout des débats, et pour avancer. Pour cela, les institutions doivent valoriser les expériences réussies et les pays qui souhaitent aller de l’avant. Certes, le monopole de l’initiative par la Commission en est quelque peu écorné ; mais si c’est pour permettre à des groupes d’Etats de mettre leur énergie au service de l’Europe, cela doit être encouragé. Certes, le résultat s’obtient parfois sous la contrainte que certains imposent aux autres, mais au total les débats sont suffisamment publics pour conserver une légitimité collective. Si la Commission veut reprendre son ancien rôle d’impulsion, elle devra pouvoir faire du Collège un lieu aussi médiatisé et ouvert à ces dynamiques que l’est actuellement le Conseil européen. Naturellement, il faut aussi surveiller que l’équilibre entre l’avancement des projets et l’unité de l’Union reste satisfaisant. Toute avancée n’est pas souhaitable, et un équilibre doit être trouvé pour préserver la cohésion de l’UE. Mais valoriser le travail, accepter des vitesses différenciées, mettre en valeur le débat s’il est riche des apports de ceux qui ont déjà réussi : voici un embryon de méthode pour l’Europe.   Pierre Vive   Voir aussi: 1) Faut-il être fédéraliste ?2) Faut-il être fédéraliste ? Mais de quoi parle-t-on au juste ?3) Faut-il être fédéraliste ? Attention à l’effet boomerang...

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Invitation: GOOGLE, APPLE, FACEBOOK, AMAZON…ET l’EUROPE ALORS ? Quelle politique européenne du numérique pour quels champions ?

Conf_AE-130212 by Atelier_Europe Billetterie en ligne pour GOOGLE, APPLE, FACEBOOK, AMAZON…ET l’EUROPE ALORS ? Quelle politique européenne du numérique pour quels champions ? réalisé par Eventbrite

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