Lutter contre le réchauffement climatique passera par l’Afrique
14 Déc

Lutter contre le réchauffement climatique passera par l’Afrique

Alors que le sommet de Copenhague, nous avons demandé à Madame Françoise Grossetête, membre de la Commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, quelles mesures devaient être défendues par l'UE à ce sommet pour associer les pays africains à la réduction de gaz à effet de serre sans pénaliser leur développement? Le sommet de Copenhague pour lutter contre le réchauffement climatique s'est ouvert le 7 décembre 2009 et donne à la communauté internationale 12 jours pour "changer le monde". L'Union européenne attend beaucoup de cette Conférence, après avoir voté sous Présidence française en 2008 des objectifs ambitieux et contraignants, afin de réduire de 20% les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) d'ici 2020. A charge maintenant pour l'UE de faire partager ses objectifs au reste du monde. Dans ce contexte, Les efforts de réduction de CO2 devront être répartis aux conditions les plus justes. Les pays en voie de développement, à l'origine de 2 % de ces émissions, en paieront les frais à hauteur de 80 %. Parmi ces pays en voies de développement, les disparités sont grandes. Nous ne devons pas pécher par naïveté envers la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud ou le Brésil, qui sont nos concurrents de demain, en autorisant les distorsions de concurrence ou les fuites de carbone. En revanche il faut que la communauté internationale adopte une politique réellement solidaire pour l'Afrique. Ce continent souffre des sécheresses et de la désertification au nord, d'inondations au Burkina-Faso, de la déforestation au Congo (détruisant ainsi le deuxième poumon de la planète), des fontes des glaciers du Kilimandjaro…A tous ces maux s'ajoute un retard criant dans le développement économique et dans l'accès à l'énergie. Les enjeux de Copenhague pour l'Afrique seront doubles: obtenir un engagement ambitieux de la part des pays pollueurs pour atténuer le réchauffement climatique dont ils sont les principales victimes et obtenir une aide financière pour l'adaptation au changement climatique et parvenir à un développement durable. Le Parlement Européen (PE) a voté à une large majorité, le 25 novembre 2009, une résolution sur la stratégie que l'UE doit adopter à Copenhague. Cette résolution à l'avantage d'être ferme, réaliste et solidaire, et peut guider les Etats dans leurs négociations. Le PE a reconnu la responsabilité historique des pays développés par rapport au changement climatique et leur devoir d'assistance. Cette assistance passe par un soutien financier et technique à l'Afrique,  un soutien suffisant, durable et prévisible. L'UE doit fournir entre 5 et 7 milliards d'euros par an entre 2010 et 2012, puis, pas moins de 30 milliards d'ici à 2020. Cette assistance passe aussi par un transfert des nouvelles technologies qui respecte la propriété intellectuelle de chacun, une mise en place de gouvernances locales efficaces, et une coopération renforcée. Selon les calculs de l'Union européenne, il faudrait verser 100 milliards $ par année aux pays en développement pour financer cette aide. Cependant, aucun État n'a encore mis d'argent sur la table. L'UE d'après la Commission, serait prêtre à prendre en charge entre 10% et 15% de l'aide globale. L'Europe a donc pris des initiatives pour lutter contre le réchauffement climatique et venir en aide au développement de l'Afrique. La réussite de ce défi global est maintenant entre les mains des gros pollueurs de la planète, Etats-Unis, Chine et Inde, afin que chacun fasse des efforts à la hauteur de leurs moyens. Les pays développés ou nouvellement industrialisés ne peuvent plus se permettre de prendre en otage la survie de l'Afrique. Nous remercions chaleureusement Madame le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe et nous vous invitons à la retrouver sur son...

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Les priorités de la nouvelle législature
07 Déc

Les priorités de la nouvelle législature

Quelles sont les priorités du Parlement européen pour cette nouvelle législature? Les eurodéputés français ont récemment été reçus au Quai d'Orsay, est-ce le signe qu'ils suivent d'autres priorités que celles de leurs groupes parlementaires?Philippe Juvin, nouvellement élu au Parlement européen, nous répond.       Le Parlement européen issu des urnes en juin 2009 a débuté son travail dans un contexte institutionnel assez particulier. En effet, le Traité de Lisbonne, dont l'entrée en vigueur a longtemps été repoussée, conditionnée par l'issue du référendum irlandais et l'approbation par le Président tchèque Vaclav Klaus, est finalement d'application depuis le 1er décembre 2009. Cette avancée institutionnelle importante va permettre au Parlement européen d'accroître ses pouvoirs, et donc aux citoyens européens d'être mieux entendus. Au-delà de l'aspect institutionnel, le début de cette nouvelle législature est marqué par un contexte de crise financière, économique et sociale, ainsi que par la prise de conscience grandissante de la nécessité de lutter contre le changement climatique (notamment dans le cadre du sommet des Nations Unies à Copenhague du 7 au 18 décembre prochains qui vise à préparer l'après-Kyoto). L'Union européenne se conçoit ainsi de plus en plus en tant qu'acteur à part entière sur la scène internationale. Les priorités du Parlement européen pour cette nouvelle législature sont multiples: avenir de la politique régionale et de cohésion, lutte contre le changement climatique, développement d'une politique énergétique européenne, discussion sur une politique européenne des transports, réflexion sur la stratégie de Lisbonne après 2010, avenir de la politique agricole commune, mise en place d'une Europe de la santé, renforcement du marché intérieur et de la protection des consommateurs européens, ou encore développement d'une véritable politique d'immigration et d'asile commune. En juin 2009, les électeurs européens issus des 27 Etats membres ont envoyé au Parlement européen 736 députés qui se sont répartis en sept groupes politiques différents: groupe du Parti Populaire Européen (PPE) dont fait partie la délégation française UMP-Nouveau Centre-Gauche Moderne, groupe de l'Alliance Progressiste des Socialistes et des Démocrates (S&D), groupe de l'Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe (ADLE), groupe des Verts/Alliance libre européenne, groupe des Conservateurs et Réformistes européens (ECR), groupe Confédéral de la Gauche Unitaire européenne/Gauche Verte Nordique (GUE-NGL), et groupe Europe de la liberté et de la démocratie (EFD). Les députés européens évoluent à la fois dans un contexte européen (au sein du Parlement européen, par groupe politique), national (dans leur Etat-membre respectif) et local (dans leur circonscription). Cette pluralité d'approches fait que les députés européens défendent certes les intérêts de leur pays et de leurs concitoyens (ce qui se traduit notamment au sein du Parlement européen par une organisation en délégations nationales). Mais en même temps, ils ont à cœur de construire des valeurs et des intérêts supranationaux; ils défendent en ce sens l'intérêt européen tel que véhiculé par le projet politique lancé au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale par Robert Schuman et Jean Monnet. Le travail d'un député européen implique nécessairement de dépasser les cadres nationaux et, très souvent, les cadres politiques, afin de faire de l'Europe ce qu'elle a vocation à être, unie dans la diversité. Nous remercions chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe et nous vous invitons à le retrouver sur son site ou sur...

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Le budget européen pour aider à la sortie de crise
30 Nov

Le budget européen pour aider à la sortie de crise

Le Budget de l'UE pour 2010 contribuera-t-il à soutenir la sortie de crise ?C'est à Alain Lamassoure, nouveau Président de la Commission des Budgets, et intervenant régulier des Lundis de l'Europe, que nous avons posé cette question.       Oui, dans la mesure d'un budget hélas limité à 1% du PIB européen : sur un plan global de relance économique de 200 milliards d'euro pour l'ensemble des 27 pays de l'Union, le budget communautaire contribuera à hauteur de 5 milliards.       Mais il faut se réjouir du fait de l'accord que nous avons trouvé le 18 novembre entre le Parlement européen et les 27 Ministres du budget permettra un petit tour de force.      – Ces 5 milliards supplémentaires seront entièrement consacrés à des projets, déjà mûrs, de développement des énergies nouvelles et de diffusion de l'internet à large bande en zone rurale. Par exemple, on accélèrera la mise au point de l'installation pilote de captage du CO2 sur le site de Florange. On prendra également en compte, sur des fonds supplémentaires, la mise en sécurité totale du site nucléaire bulgare de Kozloduy, le dernier qui n'était pas aux normes européennes.      – A cela s'ajouteront 25 milliards de prêts de la Banque européenne d'investissement pour compléter le financement de projets du même type. Sans oublier que plus de la moitié du budget "normal" de 123 milliards de l'Union aide déjà des investissements publics ou privés: fonds régionaux, programme-cadre recherche, réseaux de transport tels que TGV, réseau de satellites de communication et d'observation de la terre.      – Malgré l'opposition initiale de la Commission, le Parlement a obtenu la création d'un Fonds laitier de 300 millions pour faire face à la crise sans précédent que connaît ce secteur cette année.      – Enfin, tout ceci sera possible tout en reversant aux Etats membres 5 milliards d'euros d'économies réalisées sur le budget 2009 grâce à la rigueur de la gestion, ce qui facilitera aux budgets nationaux le financement de leurs propres plans de relance.      Cela étant acquis, j'ai demandé personnellement au Président Barroso de nous présenter au printemps prochain des propositions sur l'évolution à moyen terme des finances communautaires et leur mise à niveau pour faire face aux nouveaux besoins et pour exercer les compétences nouvelles que le traité de Lisbonne confère à l'Union. Ce sera probablement le plus grand débat politique de la législature qui s'ouvre. Nous remercions chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe et nous vous invitons à le retrouver sur son...

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Quel exécutif européen?
23 Nov

Quel exécutif européen?

Après une période d'interruption pour permettre à la nouvelle législature de se mettre en place, les Lundis de l'Europe sont de retour. C'est Jean-Paul Gauzès, Député européen du Nord-Ouest, membre des Commissions des affaires économiques et monétaires et de l'agriculture et du développement rural qui inaugure cette nouvelle saison.Nous lui avons demandé ce que le Parlement européen attendait de ces prochains interlocuteurs, la nouvelle Commission et le Président du Conseil européen.(NB: La réponse de Monsieur Gauzès nous est parvenue avant l'élection de Monsieur Van Rompuy) Le Traité de Lisbonne va entrer en vigueur au 1er décembre 2009, soit deux ans après sa signature, le 13 décembre 2007, par les 27 chefs d'Etats et de gouvernement de l'Union européenne. Une nouvelle Commission européenne est en cours de désignation. Son Président, José Manuel Barroso a été réélu pour un second mandat avec le soutien du Parti populaire européen (PPE) par le Parlement européen, le 16 septembre 2009. Le Parlement européen procédera à l'audition des futurs Commissaires en janvier 2010. Chaque commission parlementaire sera chargée d'évaluer les Commissaires pressentis qui seront en charge des dossiers qui relèvent de sa compétence. Pour ma part, j'interrogerai les Commissaires dont le portefeuille concernera les deux commissions parlementaires dont je suis membre à savoir la commission affaires économiques et monétaires (ECON) et la commission agriculture et développement rural (AGRI). A la Commission ECON, nous veillerons à ce que les candidats-commissaires prennent la mesure de la crise financière actuelle et manifestent une ferme volonté de réguler les services financiers et d'améliorer la coordination des politiques économiques.Il leur sera demandé leur position sur les textes relatifs aux fonds propres des banques et à la nouvelle architecture européenne de supervision actuellement en discussion. En tant que membre de la Commission AGRI, je serai attentif à ce que le Commissaire s'engage à proposer et soutenir une réforme raisonnable de la Politique agricole commune après 2013 assortie d'un financement adapté.Il est à souligner en effet que grâce au Traité de Lisbonne, la politique agricole relèvera désormais de la procédure de codécision : le Parlement et le Conseil seront sur un pied d'égalité. D'une façon plus générale, nous veillerons d'une part au contenu du programme des candidats-commissaires et d'autre part à leur engagement à rendre des comptes sur leurs actions devant le Parlement européen. Il est essentiel que la collaboration entre le Parlement européen et ses futurs interlocuteurs soit constructive de façon à répondre le mieux possible aux attentes des citoyens. S'agissant du Président du Conseil européen, le Parlement n'aura pas de contact direct avec lui. Le Parlement en attend une action de rassemblement et d'impulsion au sein du Conseil. Nous remercions chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe et nous vous invitons à le retrouver sur son...

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L’effet pédagogique de la crise
04 Mai

L’effet pédagogique de la crise

La crise peut-elle déboucher sur davantage de coordination économique au sein de la zone euro d'une part, et de l'Europe des 27 d'autre part ?Monsieur le Député européen Alain Lamassoure nous répond. Oui. La crise a un formidable effet pédagogique, sur les opinions publiques, comme sur les dirigeants des Etats membres. D’abord, il faut y insister parce que c’est presque passé inaperçu, dans la tourmente, la zone euro s’est révélée être le meilleur des remparts. Alors que les eurosceptiques et les esprits chagrins annonçaient qu’elle volerait en éclat à la première tempête, on mesure aujourd’hui combien elle a sauvé ses membres d’une spéculation monétaire qui a emporté, non seulement la minuscule Islande, mais aussi l’immense Russie comme le puissant Royaume-Uni lui-même. Le Danemark, la Suède, et tous les pays de l’Est, qui avaient cru habile de différer leur entrée dans l’euro se bousculent maintenant pour se mettre à l’abri. Ensuite, grâce à l’énergie de Nicolas Sarkozy lorsqu’il a assuré la présidence de l’Union au début de la crise, l’Europe a fait la double preuve de sa capacité à s’unir dans l’adversité et de son efficacité lorsqu’elle était unie. En octobre 2008, c’est le plan de sauvetage financier adopté par les 27 – et non le plan américain – qui a évité le naufrage de tout le système financier mondial. Et c’est l’Europe qui a demandé et obtenu les réunions du G20 pour passer de la solidarité européenne à la coopération mondiale. Depuis le début de l’année, la pédagogie se poursuit à la faveur… de la faiblesse de la malheureuse présidence tchèque. D’une part, on vérifie combien nos intérêts sont liés de manière inextricable : la prime à la casse allemande a bénéficié largement à Renault et à Peugeot, producteurs de petites voitures économes en CO² ; la baisse de la TVA en Angleterre profite aux fournisseurs étrangers du Royaume-Uni ; BNP-Paribas a pu racheter Fortis avec le concours des contribuables belges… D’autre part, il est évident que, si la coordination de nos politiques nationales n’est pas optimale tout au long du traitement de la crise économique et, au-delà, dans la difficile période de sortie de crise, nous courons le risque de retomber dans la tentation de l’égoïsme national, qui serait suicidaire. C’est dire qu’aujourd’hui plus encore qu’hier le traité de Lisbonne apparaît absolument indispensable. Heureusement, ce sentiment semble désormais partagé même en République tchèque – le dernier vote de ratification, celui du Sénat, aura lieu le 7 mai – et en Irlande. Une fois de plus se vérifie l’adage selon lequel l’Europe ne se construit et ne se réforme qu’à la faveur des crises. Mais, après tout, en va-t-il différemment dans nos politiques nationales ? L'Atelier Europe remercie chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe, ainsi que pour sa disponibilité et l'aide qu'il lui apporte. Nous vous invitons à le retrouver sur son...

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Des cosmétiques plus sûrs

Que va changer le règlement sur les produits cosmétiques qui vient d'être adopté ? Madame le Député européen Françoise Grossetête, membre de la Commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire nous répond. Ce règlement assure une traçabilité obligatoire des produits cosmétiques et permet d'identifier au mieux la personne responsable de l'ensemble de nos crèmes dentifrices, savons ou autre shampoings mis sur le marché. Le texte renforce la sécurité des cosmétiques dans l'intérêt des consommateurs en accordant une attention particulière aux nanomatériaux. Les informations devant figurer dans le dossier d'évaluation de la sécurité des produits ont été précisées et seront centralisées. Dans ce contexte de crise économique, il était aussi important de soutenir et d'encourager l'innovation pour une industrie cosmétique européenne qui occupe le premier rang dans ce secteur avec plus de 3000 fabricants et qui génère directement et indirectement plus de 350 000 emplois. Concevoir avec une technologie moderne, des produits sûrs et efficaces pour les citoyens européens, tel est l'objectif de ce règlement. La législation européenne a été simplifiée puisque nous disposons désormais d'un seul et même règlement assurant un haut niveau de sécurité des produits cosmétiques renforçant la responsabilité des producteurs tout en réduisant la bureaucratie. Le règlement protège aussi le texte des allégations trompeuses puisque seuls les allégations sur les caractéristiques que présente réellement un produit pourront être utilisées à des fins publicitaires et pour l'étiquetage. Concernant les substances cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR) des règles très strictes sont prévues quant à leur utilisation. Ce qui est interdit dans l'alimentation doit aussi être interdit dans les cosmétiques. Enfin il est important de savoir que le règlement ne modifie pas la législation européenne en vigueur qui a progressivement interdit l'expérimentation des cosmétiques sur les animaux dans l'UE ainsi que la vente des produits et ingrédients testés sur les animaux, y compris en provenance de pays...

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