L’Europe face à la Chine et à la Russie
12 Jan

L’Europe face à la Chine et à la Russie

La Russie et la Chine n'ont pas hésité à manifester récemment leur mécontentement face à plusieurs décisions européennes (bouclier antimissiles, visite du Dalaï Lama). Comment l'UE peut-elle contrer ces deux poids lourds géopolitiques, et notamment lorsqu'ils font alliance sur la scène internationale ? Monsieur le Député européen Alain Lamassoure nous répond. Ce sont deux problèmes complètement différents.Pour l’Europe, la Chine est essentiellement un partenaire économique. Partenaire devenu majeur, partenaire à part, du fait de son prodigieux dynamisme, de sa compétitivité hors norme, et aussi du potentiel que son marché presque illimité offre à nos exportateurs. Cela ne doit pas nous empêcher d’y plaider la cause des droits de l’Homme, en essayant de trouver le bon équilibre pour éviter une réaction de fierté nationale qui serait contre-productive. Quand le Président Sarkozy reçoit le Dalaï-lama ou quand le Parlement européen décerne le prix Sakharov au dissident Hu Jia, les menaces de sanctions économiques de Pékin ne sont guère crédibles : dans l’état actuel de nos échanges, la Chine aurait bien plus à perdre que l’Europe à une « guerre » commerciale. Pour ce qui est des grandes questions diplomatiques concernant la Chine – Taiwan, la Corée du Nord, la politique chinoise en Asie -, nous ne pouvons actuellement que nous en remettre aux Américains. La Russie, c’est une tout autre affaire. Là, c’est aux Européens d’être en première ligne, et sur tous les sujets. De l’hibernation communiste, la Russie est sortie très mal en point. Un taux de mortalité catastrophique, une population en déclin rapide, une économie fragile, qui reste totalement dépendante des hydrocarbures, des dirigeants qui affrontent le XXIe siècle avec l’état d’esprit du XIXe, un appareil d’Etat à qui la culture démocratique reste profondément étrangère. Or, ce pays est le premier grand voisin de l’Union européenne. Comme toutes les anciennes puissances nostalgiques, il est tenté par des postures nationalistes et il conserve une vraie capacité de nuire. Nous devons donc avoir une politique russe. L’objectif en est évident : faire comprendre à Moscou qu’au XXIe siècle, plus aucune menace ne lui viendra de l’ouest ; l’Europe unie est pacifiée et pacifique. L’intérêt de la Russie est de s’en faire un partenaire dans un monde où les éventuelles menaces contre cet Etat-continent ne peuvent venir que du sud ou du sud-est. Au lieu de cela, les pays européens ont laissé les Américains multiplier les décisions maladroites envers Moscou – l’élargissement de l’OTAN à tous ses anciens alliés, le projet d’antimissile -, ils se sont abstenus de toute réaction sérieuse quand la Russie a suspendu les traités de désarmement de notre continent, et ils se sont donné le ridicule de rivaliser entre eux pour obtenir les faveurs de Gazprom. En août dernier, la réaction énergique de Nicolas Sarkozy, en tant que Président du Conseil européen, au moment du conflit russo-géorgien a pourtant montré la puissance de l’Europe lorsqu’elle est prête à parler d’une seule voix : autant Moscou aime jouer à Horace contre 27 Curiace, autant la Russie ne peut se permettre de s’aliéner d’un coup un ensemble trois fois plus nombreux et quinze fois plus riche qu’elle. C’est pourquoi je recommande vivement que l’un des premiers sujets que les dirigeants européens évoquent avec Barack Obama soit la définition d’une véritable politique, européenne et occidentale, envers la Russie. L'Atelier Europe remercie chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe, ainsi que pour sa disponibilité et l'aide qu'il lui apporte. Nous vous invitons à le retrouver sur son...

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Après la France, la République tchèque
15 Déc

Après la France, la République tchèque

La République tchèque va bientôt prendre la présidence de l'UE. Comment exister après une présidence française riche et constructive comme celle que nous avons vécue ? Quelle est va être la continuité avec les dossiers en cours ? Monsieur le Député européen Alain Lamassoure nous répond. Surtout, ne pas imiter l’inimitable présidence de Nicolas Sarkozy. Et ne faire aucun complexe. La longue expérience de l’Union européenne a montré que la qualité d’une présidence ne dépend ni de la taille du pays en charge, ni de son ancienneté dans le club. Le Portugal et la Finlande ont réussi de remarquables premières présidences de leur histoire, le petit Luxembourg a toujours été exemplaire, alors que nul ne garde le souvenir d’une grande présidence anglaise, et que, en moyenne, la France et l’Allemagne n’ont réussi qu’une sur deux de leurs périodes de présidence.   La République tchèque s’est bien préparée à cette responsabilité. Depuis plus d’un an, la France l’a associée à la préparation et à la conduite de sa propre présidence. Le Président Vaclav Klaus, qui aime tenir des propos anti-européens,  n’exerce que des fonctions purement protocolaires, comparables à celles de la Reine d’Angleterre : c’est le Premier Ministre Topolanek qui exerce le pouvoir, et représente son pays au Conseil européen. C’est un de nos amis politiques, qui participe aux Sommets des chefs du PPE. Le semestre sera marqué par deux rendez-vous internationaux majeurs : la nouvelle réunion du G20, consacrée au traitement mondial de la crise économique, après le traitement de la crise financière, et le Sommet de l’OTAN, à Strasbourg. Dans les deux cas, il faut s’attendre à ce que le Président français continue à jouer un rôle moteur, avec Gordon Brown et Angela Merkel. Et, comme il l’a bien dit devant le Parlement européen, son expérience récente lui a appris que l’Europe était aussi un travail d’équipe. On peut espérer que l’élan donné par Nicolas Sarkozy durera encore quelques mois. En revanche, nous avons absolument besoin que le traité de Lisbonne commence à s’appliquer pendant l’année 2010 pour donner enfin à l’Union européenne ses dirigeants à elle, élus par les citoyens européens, échappant au système trop rustique des présidences semestrielles.   L'Atelier Europe remercie chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe, ainsi que pour sa disponibilité et l'aide qu'il lui apporte. Nous vous invitons à le retrouver sur son site....

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Transmettre la culture européenne

Comment définir le patrimoine européen? Que faire pour le préserver?Madame le Député européen Marie-Hélène Descamps, membre de la Commission de la culture et de l'éducation au Parlement européen, nous répond. Si personne n'est plus habilité que les citoyens eux-mêmes pour définir ce qu'est le patrimoine européen, celui-ci repose incontestablement sur la richesse et la diversité des patrimoines nationaux que recèle l’Europe. Il est en ce sens un puissant vecteur d’identité et contribue par là même au renforcement de la citoyenneté européenne. Sa protection et sa préservation présentent dès lors un intérêt commun aux Etats européens qui doivent assurer sa transmission aux générations futures. A l'origine, c'est essentiellement le Conseil de l'Europe créé en 1949 qui, dans le cadre de la Convention culturelle européenne de 1954, visait à mettre en valeur le patrimoine du Vieux Continent et à en garantir l'accès au plus grand nombre. D'aucuns ont parlé alors d'une véritable "conscientisation culturelle" de la Grande Europe. Il faudra cependant attendre l’adoption du traité de Maastricht (1992), et plus précisément l'article 151§2, pour que l’Union européenne se voie reconnaître des compétences spécifiques et une base juridique propre aux activités de conservation et de valorisation du patrimoine. En effet, pour favoriser l’efficacité des actions visant à la préservation du patrimoine, celles-ci doivent s’accompagner d’actions permettant sa valorisation. Savoir apprécier la valeur de son patrimoine participe, j'en suis convaincue, à sa protection. L’initiative du label "patrimoine européen", mérite à cet égard d’être citée. Lancé en 2005 par la France et développé depuis avec une vingtaine de pays européens, ce label a pour objectif de mettre en valeur la dimension européenne des biens culturels, monuments, sites naturels ou urbains et des lieux de mémoire, témoins de l'histoire et de l'héritage européen. Couvrant le patrimoine contemporain et le patrimoine immatériel, il a pour ambition de renforcer le sentiment d'adhésion des citoyens de l'Europe à une identité et à un espace culturels communs. Une cinquantaine de sites ont d’ores et déjà été retenus parmi lesquels l’abbaye de Cluny, le Palais des Papes, ou encore l'Acropole à Athènes. Dans le cadre de sa présidence de l’Union, la France a mis l'accent sur ces différentes questions. Les 3 et 4 décembre derniers, le ministère de la Culture et de la Communication a ainsi réuni à Avignon les responsables des sites labellisés et ceux des administrations nationales compétentes en vue de constituer un réseau européen des sites labellisés. Quelques mois plus tôt, les 25 et 26 septembre, la France organisait une rencontre du réseau européen du patrimoine, le réseau HEREIN. Ce dernier, qui regroupe 40 pays européens autour du Conseil de l’Europe, a réussi à construire une source d’information permanente et unique en Europe sur le patrimoine culturel. Les "Journées européennes du Patrimoine" organisées dans toute l’Europe au cours du mois de septembre, favorisent également la visibilité de notre patrimoine. Elles sont aujourd'hui considérées comme un instrument essentiel pour sensibiliser les citoyens européens à la valeur de leur patrimoine culturel commun et à la nécessité de le protéger. De même, souvenons-nous qu’au moment de leur création en 1985, les Capitales européennes de la Culture avaient permis "d'affirmer la conscience d'un héritage commun en tant qu'élément de l'identité européenne". Jouissant d’une notoriété de plus en plus grande, ce programme permet de valoriser les patrimoines des villes sélectionnées et de les préserver tout en permettant au tourisme de s’y développer. A cet égard, face à l'afflux de touristes sur les hauts lieux du patrimoine européen, il est pleinement légitime d'encourager l'essor d'un "tourisme respectueux et durable", en un mot "responsable". Sachant que le tourisme représente 12% du PIB mondial, qu'il contribue à hauteur de 5% des émissions globales de gaz à effet de serre ou encore que 90 pays ont des coraux endommagés par les chaînes d’ancres et les déchets engendrés par le tourisme, on mesure l'importance de respecter et de préserver à long terme les ressources naturelles, culturelles et sociales et de contribuer de manière positive et équitable au développement et à l’épanouissement des individus qui vivent, travaillent et séjournent dans ces espaces. L'Europe offre un cadre culturel et législatif de qualité afin de respecter tous les héritages, toutes les mémoires et de préserver les trésors de son patrimoine. Mais ce sont en fin de compte les citoyens européens conscients qui, par leur sens de l'initiative et par leur sens des valeurs, sauront en faire un bien commun durable et édifiant. Nous remercions chaleureusement Madame le Député européen d'avoir participé aux Lundis de l'Europe et nous vous invitons à la retrouver sur son...

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Les fruits de la crise financière
01 Déc

Les fruits de la crise financière

Quelles leçons tirer de la crise financière pour l'Europe? Est-ce le retour du système intergouvernemental? Ou le premier pas de l'Europe politique? Monsieur le Député européen Alain Lamassoure nous répond. Pour le monde entier, la réponse est évidente : après la crise russo-géorgienne d’août, la crise financière a vu l’Europe exister soudain sur la scène internationale, comme un acteur uni et déterminant : non seulement elle a pu adopter un plan de soutien financier sans précédent aussi rapidement que les Etats-Unis ont adopté le leur, mais c’est sa solution qui a finalement servi de modèle outre-Atlantique. J’étais à Washington fin octobre, et je peux vous dire que les cercles dirigeants étaient stupéfaits et agacés de se voir, pour la première fois, contraints de s’aligner sur des positions européennes, vis-à-vis de Moscou, comme vis-à-vis de la crise financière. Par exemple, ils ne voulaient de la réunion du G20 à aucun prix ! Hors de France, tout le monde sait que ce résultat est d’abord dû à l’action personnelle de Nicolas Sarkozy. Sa rapidité de réaction, son énergie et son entêtement à aller jusqu’au bout sans se satisfaire d’un habituel compromis diplomatique peu contraignant n’a guère de précédent dans l’histoire européenne. Moscou envahit la Géorgie ? Il se précipite à Moscou et Tbilissi, n’en part que lorsque l’offensive est arrêtée, puis revient à Moscou pour obtenir le retour des troupes à leur point de départ. La crise éclate ? Il réunit d’abord les quatre grandes puissances financières de l’Union : c’est un échec. Il convoque alors, pour la première fois, un sommet des pays de l’euro, auquel il invite Gordon Brown, auteur du meilleur plan de sauvetage : succès important, mais incomplet. Il convoque les 27 du Conseil européen, pour obtenir l’unanimité dans l’Union : c’est bien, mais la crise est mondiale. Il prend Barroso par la main et s’invite à Washington pour convaincre le Président Bush de réunir une conférence internationale : de mauvais gré, Bush accepte mais doute de l’accord des Asiatiques. Sarkozy part pour Pékin convaincre Chinois, Japonais et Indiens. Le G20 de Washington réussit, mais les pays pauvres s’inquiètent de ces décisions prises sans eux : le 29 novembre, il est à Qatar à la Conférence de l’ONU sur l’aide au développement … Succès de la présidence française, c’est aussi un succès de toute l’Union européenne. Sans la rapidité de la réaction de la Commission européenne et du Parlement européen, la mise en application de l’accord politique obtenu entre les gouvernements aurait exigé des mois, alors qu’il n’a fallu que quelques jours. C’était bien aux gouvernements nationaux d’agir, puisqu’ils disposent, seuls, des ressources budgétaires colossales indispensables au plan. Mais sans la confiance mutuelle, les procédures bien rodées, et les habitudes de travail an commun prises, du sommet des chefs d’Etat au plus humble des groupes administratifs, bref sans l’acquis de ce qu’on appelle la « méthode communautaire », jamais ceci n’aurait été possible. La querelle sur l’attribution des lauriers est donc assez vaine. S’il y a pourtant un enseignement clair à tirer de cette crise, c’est l’absolue nécessité d’appliquer le traité de Lisbonne le plus vite possible. Il a fallu une crise exceptionnelle et un leader exceptionnel pour faire vivre l’Europe politique – jusqu’au 31 décembre prochain. Ensuite, l’Union sera à la merci de présidences moins fortes et de circonstances moins propices pour trouver un accord unanime. Seul le traité de Lisbonne lui donnera des dirigeants durables et forts d’une légitimité démocratique, et la capacité de prendre des décisions grâce à la généralisation de la formule de l’accord à la majorité. L’ultime défi de la présidence française sera donc de convaincre un gouvernement irlandais affaibli de reprendre la ratification du traité et d’y parvenir avant les élections européennes de juin 2009. A défaut, ce second semestre de 2008 risquerait bien de n’avoir été qu’un feu d’artifice sans lendemain. L'Atelier Europe remercie chaleureusement Monsieur le Député européen pour sa participation aux Lundis de l'Europe, ainsi que pour sa disponibilité et l'aide qu'il lui apporte. Nous vous invitons à le retrouver sur son...

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Un intérim européen
24 Nov

Un intérim européen

Quelles avancées pour les travailleurs intérimaires en Europe et plus généralement, où en est-on de la construction d'une Europe sociale ? Madame la Députée européenne Elisabeth Morin, membre de la Commission de l'emploi et des affaires sociales nous répond. Je me réjouis tout d'abord de cette avancée formidable de l'Europe sociale attendue depuis six ans. Entre juillet et octobre 2008, j'ai eu la charge d'être la porte-parole du groupe politique PPE-DE au Parlement européen sur le dossier du travail intérimaire en étant la rapporteure fictive. Je représentais alors nos intérêts politiques face aux autres groupes politiques.Au moment des négociations finales, la Présidence française de l'Union européenne a su donner une impulsion à ce dossier, suite à l'accord intervenu au Conseil des Ministres européens en juin dernier à Luxembourg. Le développement du travail intérimaire au cours des dernières années rendait urgente une action coordonnée de l'Union européenne dans ce domaine. Grâce à ce texte, les conditions de travail et la protection sociale pour les travailleurs intérimaires seront considérablement améliorées. La principale avancée du vote intervenu en session plénière du Parlement européen le mercredi 22 octobre 2008 à Strasbourg est la non-discrimination entre les travailleurs permanents et les travailleurs intérimaires que ce rapport en fait un principe incontournable. Qu'est-ce que la non-discrimination entre les travailleurs permanents et les travailleurs intérimaires signifie ? Désormais, les travailleurs intérimaires travaillant depuis six semaines dans la même entreprise devront être traités d'une manière au moins aussi favorable qu'un travailleur occupant une fonction comparable dans l'entreprise pour ce qui concerne : la durée du travail, les congés, la rémunération, et les dispositions en matière de protection, l'accès à la formation. Le texte que nous avons adopté à une très large majorité est fondé sur le consensus atteint lors des négociations entre la Commission européenne, le Conseil des ministres européens, les groupes politiques du Parlement européen, et les partenaires sociaux. Par ce texte, nous définissons enfin un cadre général applicable aux conditions de travail des travailleurs intérimaires en Europe. La construction de l'Europe sociale est donc en très bonne voie, j'en suis convaincue. L'Atelier Europe remercie chaleureusement Madame la Députée européenne pour sa participation aux Lundis de l'Europe, et lui présente ses vœux de réussite pour cette mandature....

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L’HADOPI survivera-t-elle à l’amendement 138?
17 Nov

L’HADOPI survivera-t-elle à l’amendement 138?

L'amendement 138 de la réforme européenne du Paquet Télécom sonne-t-il le glas de la future HADOPI ? Si oui, sur quels fondements le gouvernement français pourrait-il passer outre? Madame la Députée européenne Dominique Vlasto membre de la Commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie du Parlement européen, nous répond. Le 24 septembre dernier, à l'occasion de l'examen du Paquet Télécom qui définit le nouveau cadre règlementaire pour les communications électroniques, les députés européens se sont prononcés en faveur de l'amendement 138 qui dispose qu'il ne peut être apporté de restriction aux « droits et libertés fondamentales des utilisateurs finaux » « sans décision préalable de l'autorité judiciaire et ce en application de l'article 11 de la charte des droits fondamentaux ». Il me semble pourtant que cet amendement 138 ne sonnera pas le glas de la future loi HADOPI pour deux raisons au moins : – La première, la plus évidente du point de vue juridique, c'est que les Etats membres n'ont pas attribué à la Communauté européenne la compétence d'édicter de nouveaux droits et libertés fondamentaux réservés aux utilisateurs finaux de l'internet. Le Parlement européen n'est donc tout simplement pas compétent et c'est d'abord pour cette raison de bon sens que j'ai résolument voté contre l'amendement 138. – Ensuite, il ne faut pas oublier que le processus législatif est loin d'être terminé. Nous n'en sommes qu'à la première lecture du Parlement européen et je pense que le Conseil va, pour sa part, sonner le glas de l'amendement 138 et non celui de l'HADOPI. Il est en effet peu probable que les Ministres européens soutiennent une approche juridiquement douteuse et décident d'imposer que les Etats membres soient obligés de s'en remettre aux seules autorités judiciaires pour décider des mesures à prendre contre la diffusion des contenus illicites sur l'internet. Les libertés fondamentales des utilisateurs finaux ne priment pas sur le respect du droit de la propriété intellectuelle sans lequel la rémunération des artistes est remise en cause. Il me paraît donc légitime, sur cette question, que chaque Etat membre puisse prendre ses responsabilités, expérimenter des solutions et qu'éventuellement, à partir d'une évaluation de ces solutions, on envisage si nécessaire une réponse européenne commune. En tout état de cause, l'HADOPI est une de ces réponses, intéressante et utile en ce qu'elle permet d'arriver à un équilibre juste entre l'accès aux contenus sur internet et le respect des artistes et de leurs œuvres. L'Atelier Europe remercie chaleureusement Madame le Député européen d'avoir participé aux Lundis de l'Europe....

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