Quel gouvernement économique pour l’Union européenne ?
22 Août

Quel gouvernement économique pour l’Union européenne ?

Jocelyn Guitton, membre du bureau de l’Atelier Europe et maître de conférence à Sciences Po, publie cette semaine un essai sur la gouvernance économique de l’Union européenne, fruit de réflexions formées au cours de ses activités professionnelles, d’enseignement et associatives, au sein de l’Atelier Europe notamment. L’ouvrage est préfacé par le Commissaire européen Michel Barnier. Depuis le déclenchement de la crise financière en 2007, puis de la crise des dettes souveraines en 2009, l'Union européenne s'est en effet profondément réformée, à un rythme inconnu jusqu'alors. C'était nécessaire, mais rien n'indique que cela sera suffisant néanmoins. La crise de la zone euro est avant tout une crise de crédibilité et d'indécision, de ses politiques et de ses institutions, c’est-à-dire en somme de sa gouvernance, dont les rouages n'ont pas permis l'émergence d'un véritable gouvernement économique européen. Sur une scène économique mondiale où les pays émergents n'attendent pas le vieux continent pour aller de l'avant, il importe aujourd'hui plus que jamais d'aller vers un tel gouvernement, capable de prendre les mesures nécessaires pour sortir durablement de la crise et d’éviter que l'UE et ses membres ne se replient sur eux-mêmes, mais maintiennent au contraire leur leadership économique et politique. Dans des termes accessibles, mais sans faire l'impasse sur les questions techniques nécessaires à la compréhension précise des enjeux, Jocelyn Guitton présente des pistes réalistes en vue de compléter une construction européenne ambitieuse, mais qui demeure inaboutie. Information et achat sur le site de...

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Inflation: l’État nous ment-il?
14 Juin

Inflation: l’État nous ment-il?

Si l’on en croit les chiffres officiels, l’inflation n’a jamais été aussi faible en France et dans la zone euro: suivant l’INSEE, les prix à la consommation ont effet augmenté de moins de 2% par an en moyenne depuis 1999 (1.8% d'évolution moyenne annuelle en France entre 1999 et 2010). Pourtant, le ressenti de nos concitoyens ne reflète pas ce constat. Un article récent, qui comparait les prix de bien de consommation courante sur la base d’un ticket de caisse de la fin des années 90 et en déduisait une hausse des prix bien supérieure en moyenne (de l’ordre de 4% par an), a eu un certain retentissement sur la toile. Certains partis politiques, comme le Front National, font d’ailleurs leur beurre sur le sujet: cette prétendue hausse rapide des prix est ainsi au cœur de l’argumentation du FN en faveur du retour au Franc. Ce parti observait ainsi pendant la campagne de 2012 les prix de quelques biens de consommation courante depuis l’introduction de l’euro, en déduisant une hausse des prix sans commune mesure avec celle des revenus. Peut-on vraiment s’arrêter à de telles comparaisons? Sont-elles simples ou bien simplistes? Les chiffres basés sur un ticket de caisse sont forcément très partiels (comment analyser l’évolution des prix en général à partir du prix du café et de l’eau minérale ?) et ne reposent sur aucun chiffre solide Or, sur la base d'une analyse sérieuse, en prenant les données précises et observées fournies par l’INSEE, on obtient des chiffres bien différents: le prix du pain a augmenté en moyenne de 2.7% par an entre 1999 et 2010, à comparer à 7.0% par an en moyenne entre 1970 et 1999, 4.8% par an en moyenne entre 1980 et 1999… Certes, le pouvoir d'achat s'est dégradé en apparence pour certains ménages mais la critique des chiffres de l’INSEE est infondée: le biais de perception entre inflation réelle et inflation perçue a été étudié en détails et confirme la validité des mesures de l’INSEE: on perçoit plus l’évolution du prix des biens qui coûtent peu mais que l’on achète souvent – fruits et légumes, pain, essence… – que ceux que l’on achète rarement – hifi, téléphonie…: or les matières premières et les produits agricoles ont vu leur prix croître fortement sur les marchés mondiaux depuis 10 ans, tandis que les biens plus onéreux et moins souvent achetés ont vu leurs prix baisser. Au contraire, face à cette évolution, la hausse de l’euro nous a largement protégés! Alors cessons d’attribuer à d’autres les causes de nos faiblesses, et de faire de l’euro ou de l’INSEE des boucs émissaires. Il n’y a pas de complot d’Etat destiné à cacher la vérité sur les prix aux citoyens et à manipuler les statistiques. On ne peut consommer que ce que l’on produit, et le pouvoir d’achat n’est pas une question de prix, mais de productivité et de croissance. Ce sont là les vrais...

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Irlande, le tigre celtique est-il de retour?
19 Avr

Irlande, le tigre celtique est-il de retour?

Au sein des tristement fameux « PIIGS » (Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne), l’Irlande fait figure de cas à part. Avant la crise, l’Irlande fut un élève modèle, avec une dette publique de seulement 25% du PIB en 2007, et une croissance impressionnante de son entrée dans la zone euro jusqu’au choc de 2009:  L’atterrissage fut particulièrement violent: suite aux recapitalisations des banques en difficulté, la dette publique bondit à 106% du PIB en 2011, et le PIB perdit près de 10% et 2010. Pourtant, alors que les autres pays en difficulté de l’UE, et notamment la Grèce, continuent encore leur descente aux enfers en 2012, le rebond Irlandais s’est amorcé dès 2011, et s’est poursuivi en 2012 et 2013. Le chômage a certes cru fortement (14,8% en 2012), mais à des niveaux bien moindres qu’en Espagne (25,0%) ou en Grèce (24,7%). Après cinq années de crise, l’Irlande n’est pas encore revenue à son niveau de production d’avant la crise, mais ces années de difficulté n’ont pas effacé les progrès réalisés depuis l’entrée dans l’euro: le PIB de l’Irlande en 2013 devrait être plus élevé de 50% que celui de 1999! Surtout, l’Irlande est revenue rapidement sur les marchés, et son taux d’emprunt est tombé en février 2013 à un minimum historique, plus faible qu’en 2005! Bref, la confiance des marchés dans la dette Irlandaise est revenue, sans équivoque, et du fait notamment d’un potentiel de croissance et d’un dynamisme qui n’ont pas été affectés par la crise. L’Irlande reste un pays tourné vers la mondialisation, et après les errements financier d’avant la crise, ce choix porte ses fruits. Cela veut-il dire que l’Irlande est tirée d’affaires? Probablement pas, car elle reste exposée à un système financier qui demeure fragile, à une demande mondiale également atone, et à une gouvernance de la zone euro encore imparfaite. Mais elle démontre que les pays de la zone euro, y compris ceux durement touchés par la crise, peuvent espérer en sortir à brève échéance.   Voir également:Les priorités de la présidence irlandaise de l’Union européenneLe compte-rendu de notre voyage...

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In or out: getting the facts straight
13 Déc

In or out: getting the facts straight

Eurosceptics, and euro opponents, usually argue that euro area members would be so much richer had they not joined the common currency a decade ago. They often base their reasoning on comparisons with countries such as the UK, Denmark or Sweden, the three EU members which did not join the currency in 1999 and which are allegedly stronger economies than most Eurozone members. Is that so?  Well, actually, not really. If we compare GDP growth between 1999 (creation of the euro) and 2010, it is correct to say that growth was stronger on average for Denmark, Sweden and the UK than for the twelve other members (1,8% vs. 1,5%, not weighted by GDP). But does such a comparison make any sense? What does it mean to compare Greece and Denmark, France and the UK…such different countries, which differ by so many more elements than a simple currency? Not much, any honest analyst would reply. Assessing the euro impact means isolating the “euro factor” from other parameters, and therefore comparing countries which do not have the same currency, but which share a significant number of characteristics. For instance, no one would deny that Ireland and the UK have a lot in common : flexible labour laws, an appetite for free trade, a services-oriented economy…and so do Nordic countries such as Denmark and Finland: a flex-security model, a high level of public expenditures and homogeneous societies. But in both cases, these countries do not share the same currency: euro vs. pound sterling or Danish crown. So this comparison makes sense: here we do not compare pears and apples, but different kinds of apples, which mostly differ by one parameter. And the results? Over the 1999-2010 period, Finland grew by 2,3% on average, against 1,1% in Denmark ; Ireland grew by 3,9% (a strong figure, which takes into account the severe slowdown of the crisis), and as for the UK, guess what, not even half of that (1,8%) This certainly does not mean that these countries grew faster thanks to the euro. But this certainly undermines the very weak argument that the Eurozone grew slower because of the euro.  ...

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La règle des 3% est-elle stupide?
04 Oct

La règle des 3% est-elle stupide?

Dans le cadre du débat qui agite aujourd'hui la gauche française, dans le contexte de la ratification du "Pacte budgétaire" (ou plus exactement le TSCG: Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance), de nombreuses voix se font entendre pour critiquer la règle des 3% (du PIB) de déficit budgétaire, tant à l'extrême gauche (Jean-Luc Mélenchon), qu'au sein de la majorité (les verts ayant décidé de voter contre le Traité), et même du parti socialiste puisque son secrétaire général, Harlem Désir, a récemment déclaré que 3% "n'était pas un chiffre tabou", suggérant ainsi qu'il s'agissait d'une règle arbitraire, dénuée de tout fondement économique. C'est vrai : il n'existe pas de raison économique de fixer le déficit à 3%. En revanche il existe une cohérence souvent ignorée entre les deux critères du déficit de 3% et du niveau de dette de 60%: un déficit de 3% permet de stabiliser la dette à 60%, sous certaines conditions de croissance et d'inflation. S'il n'existe donc pas d'argument économique incontestable, c'est justement parce que cette règle, tout en visant une certaine stabilité macroéconomique (pour éviter de créer à terme un endettement non maîtrisable), est éminemment politique : elle permet de fixer un cap simple, clair, aisément mesurable, qui peut être intégré dans le débat public. Si tous nos députés étaient économistes, ils pourraient certainement débattre de croissance potentielle, de déficit conjoncturel et structurel, d'output gap et autres subtilités. Ils ne le sont pas, et nul ne saurait les blâmer car là n'est pas leur rôle. Or, du fait de sa clarté, une telle règle a le mérite de permettre de poser des jalons vers le chemin vertueux de la réduction de l'endettement public. Qui peut d'ailleurs considérer qu'une entité qui dépense environ 6% de plus que ce qu'elle gagne (car rappelons que les 3% sont exprimés en pourcentage de PIB, tandis que les dépenses publiques en représente un peu plus de la moitié) est "rigoureuse" voire "austère" dans sa gestion? Alors oui, la règle des 3% est imparfaite mais sa dénonciation est regrettable et irresponsable car elle maintient dans l'illusion que nous pourrons reporter à plus tard les efforts nécessaires. C'est en procrastinant de la sorte que le pays est aujourd'hui aculé et contraint à de très lourds efforts nécessaires pour préserver sa souveraineté et son niveau de...

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Le fruit de la collaboration entre l’Atelier Europe et Sciences Po, cuvée 2012
04 Juil

Le fruit de la collaboration entre l’Atelier Europe et Sciences Po, cuvée 2012

Dans la continuité de la présentation de projets collectifs d’étudiants de Sciences Po en Master Affaires européennes le 11 mai dernier, l’Atelier Europe, qui a accompagné ces étudiants durant cette année universitaire, vous propose de découvrir le fruit de leurs travaux. Juliette Baloup, Pauline Ozon, Rajesh Mittal, Mathieu Halter Le sujet « les Européens face à la crise de l’euro et de la dette publique » a donné lieu à un documentaire audiovisuel d’une quarantaine de minutes. Celui-ci repose sur l’analyse de sept États membres de l’Union européenne dans leur réponse à la crise, en exposant certaines spécificités nationales et leur vision pour en sortir à l’échelle européenne. Dans cette optique, les étudiants ont interviewé de nombreux experts et ont reçu l’aide d’une étudiante en école de cinéma pour le montage.   Mari Tepp, Aurore Le Gouëz, Camille-Renaud Merlen, Lysiane Dauphin   Le deuxième groupe d’étudiants encadré par l’Atelier présentera ses réflexions sur le thème de « l’Union européenne dans les campagnes électorales nationales en Europe ». Tout au long de l’année, ils ont suivi avec attention et intérêt la tenue des campagnes électorales dans quatre pays de l’Union et ont rédigé une note d’analyse comportant leurs conclusions.     Quentin Perret et Thomas Mimra, qui ont dirigé ces projets collectifs au nom de l’Atelier Europe, remercient les étudiants pour ces travaux de grande qualité, les intervenants qui ont accepté de partager leur expertise, ainsi que l’équipe de Sciences Po pour sa disponibilité et sa bienveillance. Voir les projets d’étudiants de Sciences Po des années pécédentes.   ...

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