Voyage d’études à Nicosie [MàJ]

Logo-Chypre-12L’Atelier Europe se rendra en voyage d’étude à Nicosie du 18 au 21 octobre, à l’occasion de la Présidence chypriote du Conseil de l’UE.

Ce déplacement s’inscrit dans la continuité d’une tournée des capitales européennes initiée lors de la présidence tchèque, et qui a perduré depuis, à Stockholm, Madrid, Bruxelles, Budapest, Varsovie et Copenhague. Ces voyages ont été l’occasion de rencontrer les gouvernements et acteurs institutionnels, et nous ont permis de mieux comprendre les priorités de chaque présidence et leur mise en œuvre.

Au vu du contexte particulier de l’île, l’Atelier Europe rencontrera le gouvernement chypriote grec, mais également le gouvernement de la République turque de Chypre Nord, ainsi que la mission de maintien de la paix de l’ONU.

Programme des rencontres :

Andreas D. Mavroyiannis, vice-ministre auprès du Président, chargé des affaires européennes

Osman Ertuğ, représentant spécial & porte-parole du Président de la République turque de Chypre du Nord

Costas Yennaris, Porte-parole de la Présidence chypriote

Jean-Luc Florent, Ambassadeur de France à Nicosie

Mission de l’ONU à Chypre (UNFICYP)
Michel Bonnardeaux, porte-parole
Tim Alchin, conseiller affaires politiques

Niyazi Mustafa Kizilyürek, Professeur associé à l’Université de Chypre

MàJ 17/10/12 : Confirmation d’un rendez-vous, annulation d’un autre.

La règle des 3% est-elle stupide?

3Dans le cadre du débat qui agite aujourd'hui la gauche française, dans le contexte de la ratification du "Pacte budgétaire" (ou plus exactement le TSCG: Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance), de nombreuses voix se font entendre pour critiquer la règle des 3% (du PIB) de déficit budgétaire, tant à l'extrême gauche (Jean-Luc Mélenchon), qu'au sein de la majorité (les verts ayant décidé de voter contre le Traité), et même du parti socialiste puisque son secrétaire général, Harlem Désir, a récemment déclaré que 3% "n'était pas un chiffre tabou", suggérant ainsi qu'il s'agissait d'une règle arbitraire, dénuée de tout fondement économique.

C'est vrai : il n'existe pas de raison économique de fixer le déficit à 3%. En revanche il existe une cohérence souvent ignorée entre les deux critères du déficit de 3% et du niveau de dette de 60%: un déficit de 3% permet de stabiliser la dette à 60%, sous certaines conditions de croissance et d'inflation.

S'il n'existe donc pas d'argument économique incontestable, c'est justement parce que cette règle, tout en visant une certaine stabilité macroéconomique (pour éviter de créer à terme un endettement non maîtrisable), est éminemment politique : elle permet de fixer un cap simple, clair, aisément mesurable, qui peut être intégré dans le débat public. Si tous nos députés étaient économistes, ils pourraient certainement débattre de croissance potentielle, de déficit conjoncturel et structurel, d'output gap et autres subtilités. Ils ne le sont pas, et nul ne saurait les blâmer car là n'est pas leur rôle. Or, du fait de sa clarté, une telle règle a le mérite de permettre de poser des jalons vers le chemin vertueux de la réduction de l'endettement public.

Qui peut d'ailleurs considérer qu'une entité qui dépense environ 6% de plus que ce qu'elle gagne (car rappelons que les 3% sont exprimés en pourcentage de PIB, tandis que les dépenses publiques en représente un peu plus de la moitié) est "rigoureuse" voire "austère" dans sa gestion?

Alors oui, la règle des 3% est imparfaite mais sa dénonciation est regrettable et irresponsable car elle maintient dans l'illusion que nous pourrons reporter à plus tard les efforts nécessaires. C'est en procrastinant de la sorte que le pays est aujourd'hui aculé et contraint à de très lourds efforts nécessaires pour préserver sa souveraineté et son niveau de prospérité.

L’Union à la recherche d’un acte politique fort

Rubens_Enlevement_EuropeLes soubresauts de la zone euro ont le mérite de forcer les leaders européens à davantage d’initiative. Le projet d’Union bancaire en est l’une des expressions les plus éclatantes. Toutefois, il faut se garder de croire que la solution pourra sortir du chapeau de quelques technocrates, même les mieux inspirés. Les projets d’Union budgétaire, concoctés à Paris (tel le projet de Bercy d’un contrôle collégial des budgets nationaux des membres de la zone euro) et à Berlin notamment, augurent de la volonté de tirer enfin les conclusions des insuffisances de la monnaie unique telle que dessinée à Maastricht mais aucune réponse de nature politique, essentiellement liée à la légitimité de l’ensemble, n’est véritablement apportée. Or, une telle carence pourrait se révéler particulièrement dangereuse pour la survie du système avec le risque inhérent à la construction d’un nouveau gimmick au fonctionnement abscons et, partant, susciter la méfiance des citoyens comme des marchés.

L’activisme de Mario Draghi est une expression flagrante des limites d’une résolution technicienne à cette crise systémique. Ce banquier, trop central selon le mot du Financial Times, tente de combler les insuffisances tant politiques qu’institutionnelles de la zone euro. A court terme, cela apporte une bouffée d’oxygène mais la perspective de long terme est nettement plus préoccupante. A triple titre. Au plan juridique, il outrepasse allègrement les compétences octroyées à la BCE par les Traités. Nécessité fait loi et il y a urgence, mais si certains pays s’accommodent volontiers de facilités avec la règle, l’état de droit, notre socle constitutionnel commun, est précisément fondé sur le respect des lois et règlement tels qu’adoptés par les législateurs et les gouvernants. Au plan financier, le bilan de la BCE risque la surcharge et si la zone euro devait basculer et sa banque centrale avec, les héritiers ne se précipiteront pas pour solder un legs de type banqueroute. Au plan politique, enfin, la dette est liée aux décisions budgétaires des Etats et la place prise par la BCE en la matière est donc largement excessive. La BCE opère une mutualisation de fait qui ne peut pourtant être qu’un choix collectivement accepté et qui ne peut se réduire à un fait accompli.

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L’âge de raison

Résultats_référendum_constitution_européenneIl y a sept ans, la France votait « non » à la Constitution européenne.

L’une des conséquences de ce vote fut la création de l’Atelier Europe.

Sept après, l’Union européenne est toujours là, l’Atelier aussi.

Merci de nous avoir suivis toutes ces années et à bientôt pour une année pleine de projets.