Référendum en Grèce: l’Europe a-t-elle peur du peuple ?
04 Nov

Référendum en Grèce: l’Europe a-t-elle peur du peuple ?

L’épisode tragi comique du (non) référendum grec a une portée bien supérieure au simple baroud d’honneur d’un dirigeant aux abois. D’abord il marque les limites, comme cela fut tant de fois décrié dans ce blog, d’une méthode intergouvernementale aujourd’hui dépassée. L’euro, de nature communautaire et donc fédérale, ne saurait dépendre des aléas de politique intérieure de dix-sept Etats. Simple question de bon sens.

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L’anachronisme anglais

La récente décision du Premier ministre britannique, David Cameron, de s’adresser aux dirigeants de la zone Euro sous la forme d’une missive cosignée par d’autres leaders non européens, n’étonnera guère les familiers de Westminster. Déjà, en 1948, Churchill souhaitait la formation des États-Unis d’Europe, étant (sous) entendu, of course, que le Royaume-Uni ne faisait pas partie de ladite Europe. Nous avons déjà regretté la difficulté des Britanniques, à l’image des Français avec le gaullisme, à surmonter leur histoire récente pour adapter enfin leur choix stratégiques aux défis que présentent le siècle. L’Empire n’est plus et la Guerre froide, quels que soient les efforts de Monsieur Poutine pour en perpétuer l’esprit, est désormais une ombre dans la mémoire européenne. La zone Euro a sans doute des difficultés qui lui sont propres, soit l’incapacité à organiser durablement sa gouvernance, mais elle n’a pas le monopole de la crise. Tous les grands blocs industrialisés sont aujourd’hui englués dans une crise, osons le mot, systémique; le Japon a ouvert le bal voilà deux décennies, les États-Unis et l’UE l’ont rejoint aujourd’hui. Ces ensembles sont a minima à la fin d’un cycle économique et plus probablement au terme d’un modèle économique fondé sur des relations commerciales mondiales, à commencer par le rapport Nord/Sud, d’une toute autre nature. L’extension du domaine de la lutte, en quelque sorte, exerce une pression concurrentielle inédite sur des économies autrefois évoluant dans un rapport beaucoup plus fermé entre acteurs essentiellement du même niveau de développement (sauf secteurs particuliers). Dans ce contexte, les Nations industrialisées, si leur modèle est distinct, partagent une destinée commune quant à l’ampleur des efforts d’adaptation à fournir. Le Japon est probablement à part dans ce trio car il est au cœur d’une région dynamique et il pâtit de difficultés en rapport avec un système politique défaillant, né d’une greffe sur le modèle parlementaire européen qui n’a peut-être jamais vraiment pris, et d’une culture de l’insularité stricte dans un monde d’ouverture et d’échanges. Enfin, le Japon, depuis l’ère Meiji, a largement calqué son modèle de développement sur celui de l’Occident, en l’adaptant évidemment à sa culture. Or, nous assistons clairement à un affaiblissement du modèle économique occidental. Point de salut dans une approche nihiliste, mais il convient toutefois de régénérer ce modèle. On peut alors se limiter à une approche technique de la question. C’est précisément ce qui est fait depuis le séisme financier de 2007-2008 mais les résultats sont limités. Les racines du malaise occidental sont sans doute plus profondes et c’est pourquoi il convient d’apporter aussi une réponse politique. Du reste, si nos économies s’affaiblissent, ne nous y trompons pas, c’est aussi la capacité à faire rayonner nos valeurs, celles des Lumières, qui s’en trouvera limitée. La réponse anglaise, à l’ancienne, constitue alors un anachronisme. Le Royaume-Uni n’a aucun intérêt à s’enfermer dans un splendide isolement, fût-il pour s’arrimer à un ensemble anglo saxon dominé par les États-Unis. Pour ces derniers, l’attrait de la relation spéciale, et qui ne l’est plus guère, c’est de maintenir un point d’entrée privilégiée dans l’UE. Hors de l’ensemble européen, la Grande Bretagne n’est guère plus qu’une excroissance territoriale avec peu de signification géopolitique. Et un petit marché. A contrario, n’en déplaise au trublion de sa Majesté, Monsieur Hague, le Royaume-Uni, de sa part les liens culturels et historiques, détient les clés pour proposer un pacte occidental renouvelé, et enfin assumé, entre les États-Unis et l’Union européenne. Ouvert au monde, concentré sur le renouvellement de son modèle économique et fort dans la promotion de ses valeurs, l’Occident prendrait acte de la perte de sa position monopolistique pour puiser un nouveau souffle émancipateur au moment où tant de peuples, que l’on disait condamnés à la barbarie et aux fers, osent le chemin de la liberté. À court terme, il est peu probable qu’une telle perspective se dessine. Les certitudes du passé, la frilosité face à l’ampleur des dangers et le confort sécurisant de l’entre soi favoriseront encore longtemps une ligne politique surannée et stérile. Néanmoins, il est permis d’espérer l’étrange et l’inédit, et si l’Union parvient à réaliser son unité politique, procédons avec méthode, nul doute que nos chers Britanniques prendront la mesure d’un destin solitaire et finalement de solitude. Car enfin, si nos amis anglais sont réputés pour leur conservatisme, le romantisme ne fait guère partie de leur ADN politique....

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La zone euro face à l’irresponsabilité et l’égoïsme

La crise que traverse à l’heure actuelle la zone euro est particulièrement grave et malheureusement elle était désespérément prévisible. Nul ne pouvait en effet ignorer, malgré les différents subterfuges déployés, les dérives budgétaires grecques. La France, elle-même bien souvent donneuse de leçons, affiche depuis plusieurs décennies des budgets déficitaires. Par le passé, à l’instar de l’Allemagne, elle s’est piteusement affranchie des contraintes budgétaires du Pacte de stabilité. Constatons en effet que les contraintes inhérentes à l’euro, et acceptées par les signataires, ne furent pas voire jamais respectées par bon nombre d’entre eux et, encore plus surprenant, qu’aucune instance de contrôle et de certification des engagements pris ne fut créée! Quel amateurisme politique! Le constat est amer et les conséquences seront profondes et durables. Après la Grèce, l’Irlande et le Portugal d’autres États signataires pourraient à leur tour connaître les mêmes affres (l’Italie, l’Espagne…). Les réponses apportées, les soutiens financiers mis en place, les processus de contrôle budgétaire décidés sont certes des éléments significatifs mais ils ne résolvent que partiellement voir superficiellement le problème. Tout cela n’est pas de nature à restaurer la confiance en l’économie européenne et une réponse d’ensemble est attendue par les peuples comme par les marchés. Par ailleurs, les nécessaires exigences de rigueur budgétaire pourraient en effet contribuer à accentuer les divergences en matière de compétitivité. Appliquer à la lettre le remède proposé pourrait risquer à terme d’aggraver la situation actuelle, en l’occurrence de créer une profonde césure entre les Etats de la zone Nord de l’Euro (l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, la Finlande, l’Autriche, la Slovaquie, la Slovénie) de ceux de la zone Sud (l’Espagne, la France, la Grèce, l’Italie, le Portugal…). Constatons que l’écart de compétitivité entre le Nord et le Sud n’a cessé de croître (le coût salarial dans le Sud a progressé entre 1999 et 2011 de 21%, le taux de chômage en 2011 est de 11,7% au Sud alors qu’il n’est que de 6,2% au Nord). En l’absence de soutien public on peut raisonnablement s’interroger sur l’avenir économique de ces États et sur les conséquences structurelles que leurs difficultés ne manqueraient pas d’avoir sur la zone euro. Tout est affaire de mesure et évidemment, le maintien du niveau de la demande dans ces États ne doit pas justifier la persistance des mauvaises pratiques de gestion mais l’enjeu n’est pas de dupliquer le modèle allemand. Le but recherché n’est en effet pas une uniformisation improbable mais la recherche d’un nivellement par le haut, les efforts inédits réalisés par certains Etats du Sud attestant des mérites du projet collectif européen. Encore faut-il accompagner cet effort pour ne pas contraindre ces Etats à l’asphyxie. À terme devront être posées les nécessaires adaptations structurelles que devront entreprendre les États du Sud. Un grand nombre d’Européens convaincus considèrent que la situation impose plus de fédéralisme, plus de solidarité et de convergence Nord-Sud. L’idée est intéressante et nécessite d’être approfondie: considérer enfin la zone euro comme un espace économique (industriel, technologique, financier) commun avec peut-être à terme des pôles de compétitivité à l’échelle européenne. Cela implique un contrôle réel au niveau communautaire, sans doute sous la forme d’une autorité politique commune car un organe purement technique aurait peu de poids face aux États, pour assurer un fonctionnement effectif de l’ensemble. Ceci nécessite avant tout de susciter l’adhésion des peuples qui ont su par leur détermination politique respecter les engagements du pacte de stabilité économique. Mais constatons que les négociations et les accords bilatéraux entre la Grèce et la Finlande pourraient contribuer, en l’absence d’un accord collégial et cohérent, à écorner profondément toute démarche de solidarité. L’Euro avait vocation à faire émerger une monnaie unique sur une base de solidarité, de volonté économique et de rigueur budgétaire. Les faits sont amers, l’Euro, formidable instrument de souveraineté économique pour une Europe menacée de déclassement, a été dévoyé par l’irresponsabilité des uns et l’égoïsme des autres. L’aspiration des peuples est tout autre. Loin des mesures parcellaires et particulières, elle réclame un nouveau pacte fondateur pour l’Europe: plus de responsabilité contre plus de solidarité. Aux gouvernements d’en accepter le prix politique. Mariliis Mets (CEPS) Loïc Tribot La Spière (CEPS) Jérôme Cloarec (Atelier...

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Herman Van Rompuy Universités d’été du Medef – 31 août 2011
06 Sep

Herman Van Rompuy Universités d’été du Medef – 31 août 2011

Les vacances d’été n’ont pas été de tout repos pour la zone euro. C’est dans ce contexte que le président du conseil de l’Europe, Herman Van Rompuy, inaugurait les traditionnelles universités d’été du Medef, le 31 août dernier. Pour rappel, Herman Van Rompuy est le premier président du Conseil européen, désigné en novembre 2009. Auparavant, il occupait les fonctions de Premier ministre du Royaume de Belgique depuis décembre 2008. À retenir… – Le plaidoyer du président du Conseil européen en faveur de l’application stricte de l’accord sur l’aide à la Grèce et son d’optimisme face aux conditions exigées par la Finlande. – Le caractère non indispensable de l’adoption d’une règle d’or par les États pour lutter contre les déficits, – Deux concepts très importants à ses yeux: l’équilibre et la réforme graduelle (pas à pas). Herman Van Rompuy revient tout d’abord sur les différentes crises qu’ont connu l’Europe et le monde à l’issue des Trente Glorieuses, insistant sur les vertus stabilisatrices de la zone euro contre les dévaluations compétitives de la première moitié du Vingtième siècle. Et de mettre en avant que les déficits de la zone euro équivalent à la moitié de ceux des États-Unis ou de la Grande-Bretagne. Puis le Président du Conseil européen a pointé les facteurs aggravants de la crise actuelle : – Alors que l’une des principales causes de la crise tient au développement plus rapide des marchés de capitaux en comparaison de ceux de biens et services, Herman Van Rompuy estime qu’attendre un rééquilibrage par la main invisible est une erreur ; – Le caractère national des autorités, face à des marchés par essence internationaux, qui ne tiennent donc pas compte de ces autorités ; – Pour le Président du Conseil européen, la crise actuelle a aussi confirmé les limites des politiques consistant à laisser filer les déficits (deficit spending). Si Herman Van Rompuy ne cache pas sa volonté de réformer profondément nos institutions (européennes comme nationales), pour lui la restauration de l’équilibre budgétaire se fait pas à pas. En effet, notre taux de croissance potentiel est trop bas pour être concurrentiel sur le marché mondial et maintenir notre modèle social, même réformé. Le Président du Conseil européen avance alors dix pistes d’action… Un mot d’ordre: équilibre ! 1. S’endetter pour investir, pas pour consommer, dans le privé comme le public ; 2. Plus loin que la simple réduction des déficits, retourner à l’équilibre budgétaire ; 3. Rechercher l’équilibre entre risques et rendement pour éviter de mettre en péril d’autres acteurs économiques ; 4. Les taux de change doivent refléter la santé financière d’un pays, sauf à risquer de réduire sa compétitivité ; 5. Trouver un meilleur équilibre entre rémunération et prestation pour éviter des conséquences défavorables sur le marché de travail ; 6. Être solidaires avec les pays qui prennent le chemin de l’orthodoxie budgétaire, car responsabilité et solidarité doivent aller de paire en Europe ; 7. Les politiques budgétaires nationales doivent aller dans le même sens: vers plus d’autorité. 8. Offrir un supplément d’âme à l’Union européenne, car la seule recherche de valeur ajoutée ne suffira pas: l’Europe n’est pas une idée purement mercantile ; 9 Nourrir le sens de l’intérêt général des États membres comme en 2008, avec un rôle moteur de la France ; 10 Les décisions européennes doivent être exécutées: le contraire nuit à la crédibilité des institutions communautaires, comme à celle des États membres. Herman Van Rompuy n’a pas manqué d’évoquer la gouvernance économique de la zone euro. Pour le président du Conseil européen, la crise aurait pu être évitée avec une discipline budgétaire. Il faut aujourd’hui stimuler et contraindre les pays en défaut. Et de rappeler que ces déséquilibres étaient déjà connus pendant la première décennie de la zone euro. Or l’euro ne s’est jamais vu doter d’une structure de surveillance budgétaire crédible, en parallèle d’un instrument politique d’intégration comme la monnaie. Un point positif, à l’issue du sommet du sommet européen du 21 juillet dernier: le Parlement européen pourra faire avancer, dès le mois de septembre, une véritable surveillance budgétaire, de la compétitivité et des balances commerciales. Herman Van Rompuy évoque plus loin sa préférence pour une diplomatie plus discrète, qu’il juge plus performante. Faut-il y voir un moyen de se défendre de certaines critiques portées sur ce style discret par certains observateurs? Un « clin d’oeil » au style présidentiel français ? Plaidant à nouveau pour une politique des petits pas, il enfonce le clou: le «court-termisme», ce n’est pas une politique, mais du spectacle ! Herman Van Rompuy souhaite en outre un renforcement des institutions de l’Eurozone. En effet, la crise a prouvé que les grandes décisions pour la sauvegarder ne peuvent être prises qu’au plus haut niveau. Or chaque réunion des représentants de l’Eurozone se fait dans des conditions extraordinaires. Il faut travailler en dehors des périodes de tension: gouverner c’est prévoir ! Sans surprise, le Président du Conseil européen se range derrière les annonces d’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, en faveur d’un leadership de plus haut niveau pour l’Eurozone, avec plus de cohérence dans les messages délivrés à l’extérieur, notamment aux marchés. Rappelons que les deux dirigeants européens précités ont avancé le nom d’Herman Van Rompuy pour assurer ce leadership. Ce dernier appelle les États membres à jouer collectif: critiquer les décisions européennes est une erreur stratégique. Il faut les exécuter pour la crédibilité de l’Eurozone. Ainsi, il faut appliquer les décisions prises lors du sommet du 21 juillet: alors la crise renforcera notre crédibilité. Le Président du Conseil européen rappelle que la dette grecque est quasiment aussi élevée que celle de la Belgique en 1993. Or personne n’a affirmé à l’époque que la dette belge était insoutenable ! C’est pour cette raison qu’il faut donner du temps à la Grèce, au Portugal, à l’Irlande. Ces pays doivent donc exécuter méticuleusement les exigences européennes dans les programmes d’ajustement; mais il nous faut aussi respecter le rythme des démocraties européennes. Herman Van Rompuy appelle les dirigeants européens à plus d’optimisme: le climat social, les discours angoissants, y compris chez nos responsables politiques sont paralysants pour les consommateurs et investisseurs. Ils pèsent sur la croissance. Avec de la confiance, on peut éviter une récession. Sur le plan mondial, le Président du Conseil européen estime que d’autres continents devront se réformer: les États-Unis et gestion de la dette, la Chine et sa politique monétaire, en raison des tensions inflationnistes qu’elle génère. Herman Van Rompuy conclut en affirmant que l’Union européenne fera ce qu’elle doit faire: nous ne devons pas gaspiller les efforts des fondateurs il y a 60 ans. Puis le Président du Conseil européen répond à quelques questions… Interrogé sur la règle d’or, déjà adoptée par l’Allemagne et l’Espagne, il ne tient pas à s’immiscer dans un débat français. Pour lui, le plus important est de parvenir, à terme, à un équilibre budgétaire, comme l’exige le pacte de stabilité. Sur la perception « extérieure » du couple franco-allemand, Herman Van Rompuy évoque leurs sensibilités différentes et le caractère indispensable d’un accord entre les deux États, insuffisant en lui-même, mais indispensable pour créer un consensus avec les autres pays membres. Pour lui, son rôle consiste justement à préparer le terrain entre les protagonistes européens, à commencer par la France et l’Allemagne. Et d’ajouter que, si l’unanimité est un handicap, c’est aussi un atout, à 17 comme à 27. Quant à la capacité de la Belgique à contenir son déficit en l’absence de gouvernement, Herman Van Rompuy met en avant les différences structurelles entre nos deux pays: l’organisation fédérale de la Belgique et les 40 % de dépenses gérées par les régions, les communautés et autorités locales. Il ajoute que les gouvernements et parlements sont tout à fait stables. Il concède toutefois que, même si le seul parlement belge a pu valider la participation de...

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Une Hongrie conservatrice quitte la présidence de l’UE

La Hongrie a présidé l'Union européenne pendant le premier semestre de l'année 2011 et vient de transmettre ce rôle à son voisin du Nord, la Pologne. Engagée pour « Une Europe forte », Eniko Gyori, ministre des Affaires européennes – rencontrée dans le cadre d'un voyage d'étude de l'Atelier Europe – a conduit cette présidence de main de maître dans un contexte international particulièrement tendu et totalement imprévisible entre printemps Arabe, Fukushima et crise financière. Le slogan de la présidence hongroise se résume en deux mots: « strong Europe » (une Europe forte), et s'est décliné sur plusieurs thèmes: le renforcement des institutions européennes, la stabilisation de l'euro, les politiques communes (les domaines de l'énergie, de l'agriculture, des inégalités régionales étant des priorités), la clôture des négociations avec la Croatie en vue de son intégration, le développement de politiques régionales comme la « stratégie du Danube », l'ouverture de l'espace Schengen à la Bulgarie et la Roumanie. Mission (presque) accomplie par cette jeune équipe malgré les frustrations, les égoïsmes nationaux et les aléas internationaux. Si la Bulgarie et la Roumanie sont toujours exclues de l'espace Schengen, la Croatie a achevé son processus d'intégration et sera le 28e membre de l'UE le 1er juillet 2013. La feuille de route 2050 pour une politique extérieure énergétique commune et une économie compétitive à faible intensité de carbone est lancée et une stratégie européenne pour l'intégration des Roms a été politiquement approuvée. La validité de la nouvelle Constitution examinée par l'Europe Si la Hongrie passe le relais de la présidence à la Pologne, elle n'en reste pas moins sur les écrans européens à cause des fortes réserves émises sur sa nouvelle Constitution. Adoptée en avril, celle-ci est jugée trop autoritaire et conservatrice par nombre d'opposants au premier ministre Viktor Orban mais aussi par de nombreux acteurs de la société civile et politique européenne. Certains articles pourraient ainsi être jugés non-conformes aux principes de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. En ligne de mire: l'absence de débat démocratique avant l'adoption de la Constitution; l'absence de protection pour les minorités, Roms en particulier; la remise en question du pluralisme de la presse; la possibilité d'adopter des lois au champ d'application très large (ex: réforme des retraites, droit de la famille…) par un simple vote aux deux-tiers du Parlement (la majorité du parti Fidesz à la Chambre) sans passer par la Cour constitutionnelle; etc. Un discours populiste nécessaire? Egalement rencontré dans le cadre de l'Atelier Europe: Andras Lanczy, professeur de philosophie politique et président de la Fondation Szazadveg, le centre d'étude dont les idées ont largement inspiré la Constitution, souligne que le projet européen ne permet pas de résoudre la crise économique et morale post-communiste dans laquelle la Hongrie est toujours engluée. La solution qu'il préconise pour redonner confiance à son pays et lui forger un nouveau destin est un État fort, un retour aux valeurs conservatrices, un discours populiste qui exalte la nation: « L'engagement de la Hongrie dans le projet européen est sincère mais l'UE reste abstraite et loin des préoccupations du citoyen hongrois. » Un discours posé et rassurant qui ferait presque oublier les risques de dérives autoritaires et nationalistes de l'exercice du pouvoir de gouvernement de Viktor Orban. Eniko Gyori, Andras Lanczy… Deux rencontres, deux actions, une vision: pour une Hongrie confiante dans une Europe forte. Parce qu'il n'y aurait pas d'autres alternatives ? NdR: Voir également les comptes-rendus de notre voyage d'études en...

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La montée des populismes en Europe menace-t-elle le projet d’une union politique?

L’Atelier Europe poursuit son partenariat avec le Master Affaires européennes de l’Institut d’études politiques, en commanditaire de projets collectifs, réalisés par les étudiants de ScPo. Cette année, le thème « La montée des populismes en Europe menace-t-elle le projet d’une union politique? » a donné lieu à un documentaire constitué d’interviews de chercheurs et d’universitaires, à une note d’analyse, ainsi qu’une projection à Sciences Po suivie d’un débat avec Jacques Barrot. Nous laissons la parole à Laura Fakra, Athéna Fooladpour, Christoph Schmiedel et Giovanni Scoazec, les quatre étudiants qui ont réalisé ce projet: La vague populiste touche l’ensemble de l’Europe: en Belgique, aux Pays-Bas, au Danemark, en Suède, en Autriche, en République Tchèque ou encore en Suisse, les partis dits populistes ont le vent en poupe. Au-delà de la vision d’un mouvement raciste et xénophobe qui gangrène une Union européenne encore si fragile, ce cours documentaire cherche, à travers les réflexions de Jacques Sapir, Yves Mény, Dominique Reynié et Yves Surel, à comprendre les raisons du phénomène populiste. Pour cela, les experts se penchent dans un premier temps sur la définition du terme et sur son instrumentalisation par des partis politiques qui ne doivent pas être cantonnés à l’extrême-droite, puis ils s’intéressent aux raisons d’une montée populiste en Europe, aux risques qu’elle comprend et aux remèdes qui peuvent éventuellement émerger dans les circonstances actuelles. Parole aux spécialistes pour un aperçu juste et sans concession d’un débat essentiel dans l’avenir de l’UE.   La montée des populismes en Europe menace-t-elle le projet d’une union politique? from Atelier Europe on Vimeo. Télcharger la note d’analyse. Télécharger le compte rendu en anglais....

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