Désirs d’Europe à l’Est
07 Oct

Désirs d’Europe à l’Est

Dans l'Union Européenne, qui doit gérer actuellement la crise de la zone euro, l'heure n'est pas aux projets d'élargissement; après avoir voté le plan d'aide à la Grèce, les pays européens doivent se concentrer sur la réforme de leurs finances publiques et rebâtir, une fois de plus, leur solidarité sur la base d'une gouvernance économique commune renforcée. Néanmoins, à la veille du voyage d'études de l'Atelier Europe en Pologne, nous avons décidé de tourner notre regard vers Varsovie, qui a accueilli les 29 et 30 septembre le sommet du Partenariat Oriental. Créé deux ans auparavant dans le cadre de la politique européenne de voisinage, ce projet cher à la Pologne traverse une période de stagnation. D'un côté, Moscou regarde les pays couverts par le Partenariat comme relevant de sa zone d'influence exclusive; par ailleurs, les pays européens qui soutiennent un voisinage privilégié avec la Méditerranée (parmi lesquels la France), boudent le projet. En même temps, au sein du Partenariat Oriental, les pays qui pourraient être prochainement dans la même situation que la Croatie (qui a reçu l'aval de la Commission pour une adhésion en 2013) ne sont pas nombreux. Les tendances autoritaires qui s'y développent montrent leur fascination pour le modèle post-soviétique russe, plutôt que pour l'UE, qui reproche à la Biélorussie la répression des opposants et, à l'Ukraine, le procès contre Ioulia Timochenko. Seule exception au tableau, la Moldavie est le seul pays à avoir actuellement un gouvernement ouvertement pro-européen, formé depuis juillet 2009 par les quatre partis non-communistes de l'Alliance pour l'Intégration Européenne. Pour l'heure "meilleur élève de la classe", ce pays de moins de 4 millions d'habitants est néanmoins hanté par le conflit gelé de Transnistrie et par la corruption généralisée, qui fait que l'économie souterraine est évaluée à près de 40% du PIB, et que, malgré une forte croissance économique (environ 8%), il reste un des pays les plus pauvres d'Europe. Sans être directement impliquée dans le règlement du conflit en Transnistrie, l'OTAN considère, au même titre que l'OSCE, que la Fédération Russe doit respecter les engagements pris à Istanbul portant sur le retrait des forces et équipements militaires russes de la région transnistrienne. Durant l'époque soviétique, la Transnistrie a concentré la plupart des investissements faits en Moldavie; 80% des industries et une centrale hydroélectrique se trouvent actuellement sur son territoire. La province est alimentée pratiquement gratuitement en gaz par la Russie, le chauffage y étant moins cher qu'en Moldavie, où les tarifs sont très élevés, conséquence de la dépendance énergétique du pays envers le producteur russe Gazprom. De même, les retraites en Transnistrie sont payées uniquement grâces aux fonds provenant de Moscou. Ce poids financier que représente la province pourrait déterminer la Russie à s'ouvrir pour trouver une issue au conflit. Cependant, alors que la Moldavie a toujours insisté pour la reprise des négociations dans le format 5+2 (les deux parties, l'Ukraine, la Russie et l'OSCE en tant que médiateurs et l'UE et les États-Unis en tant qu'observateurs) la Russie souhaite éviter ce format, où, selon le directeur du Ukrainian Institute for Foreign Policy Studies, elle ne se trouve pas en position de force, mais se voit obligée de traiter sur une position d'égalité avec les autres parties. En visite à Chisinau en juillet dernier, Herman Van Rompuy a exprimé à son tour l'espoir de voir les négociations reprendre à la rentrée dans le format 5+2, "seule formule capable d'accoucher d'une solution durable". Il a également affirmé que les ambitions européennes de la Moldavie sont légitimes sur le long terme, le pays pouvant devenir un modèle de succès pour les autres pays de la région. Et il a également rappelé le principe du "more for more": l'assistance à la Moldavie sera directement liée au calendrier des réformes. Car l’UE et la Moldavie négocient actuellement un Accord d'Association pour succéder à l’accord de partenariat et de coopération, et qui approfondira l’association politique et l’intégration économique de la Moldavie avec l’UE à travers un calendrier de réformes axé sur un programme complet de rapprochement réglementaire, autour duquel les partenaires assistant la Moldavie pourront s’aligner. Le Parlement Européen a exhorté la Commission d'ouvrir le marché unique au pays voisins du Partenariat Oriental, et demande à ce qu'une plus grande libéralisation des visas soit prise en compte dans le cadre de la politique de voisinage. Jusqu'à présent, la Roumanie a accordé généreusement sa nationalité aux citoyens de la petite république voisine – à raison de 10 000 par mois en 2010. Ainsi accusée de faire entrer les moldaves en Europe par la porte arrière, c'est une des raisons qui lui a valu le refus de l'accession à l'Espace Schengen en mars 2011. Par ailleurs, malgré la crise, la Roumanie accorde des aides financières et énergétiques à la Moldavie, tandis que pour ses ambitions européennes, la Moldavie compte beaucoup également sur le soutien de la Pologne, qui jouit d'une plus grande crédibilité internationale que la grande sœur roumaine. En ce début octobre, le premier ministre moldave Vlad Filat est revenu de Varsovie avec la date du début des négociations pour un Accord de libre échange approfondi avec l'UE inscrite dans la déclaration finale du sommet. Le premier ministre souhaite assumer pleinement le principe du conditionnement de l'assistance aux réformes effectivement mises en œuvre; il a cependant demandé une différenciation au sein du Partenariat, pour que chaque pays soit évalué en conformité avec ses propres performances. Assuré par Angela Merkel du soutien de l'Allemagne à la Moldavie sur son chemin européen, M. Filat souhaite que la perspective d'intégration de son pays soit officiellement reconnue, ce qui que donnera une légitimité aux yeux de la population moldave aux réformes lancées par le pouvoir actuel, pour assurer leur continuité et inscrire le pays sur une voie sans retour. Pour l'Alliance au pouvoir en Moldavie, il est tout aussi important de parler des réformes qui restent à faire, que d'oublier "la fatigue de l'élargissement". La semaine dernière, le Représentant de l'Union Européenne à Chisinau a pourtant durci le ton, affirmant que "le temps des déclarations d'amour est passé" et que l'Europe était prête à fermer le robinet de ses fonds en l'absence de réformes de taille. Au premier rang desquelles, la réforme du système judiciaire et de renforcement des institutions, pour laquelle une assistance de 50 millions d'euros est prévue pour la période 2011-2013. Actuellement, le gouvernement moldave n'a pas encore mis au point une stratégie de réforme de la justice, le système reste corrompu et inefficace, et perd de vue trop souvent l'intérêt des citoyens; sans cette réforme et la lutte contre la corruption, toutes les autres réformes seront vouées à l'échec, car c'est une justice corrompue qui cautionne la dilapidation tant de l'argent public que des fonds européens et bloque ainsi le développement du pays. Toujours en lutte contre les structures et les mentalités héritées de l'époque communiste, la Moldavie s'efforce d'entrer dans le giron européen, sa latinité, entre autres éléments, faisant qu'elle ait une ouverture plus grande envers l'Europe par rapport à ses voisins anciennes républiques soviétiques. C'est la raison pour laquelle nous avons souhaité rappeler, avec Jerzy Buzek, qu'il convient aussi bien de soutenir le désir de démocratie des pays méditerranéens, et en même temps que de ne pas ignorer le désir d'Europe qui vient de l'Est.      Photo: Le premier ministre moldave Vlad Filat à gauche , Stefan Füle, le Commissaire à l'Elargissement et Politique de voisinage, à...

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Le bouclier anti-missiles : les suites d’un abandon

La décision du président Obama de renoncer à implanter un bouclier anti-missile en Pologne et en République tchèque, au profit d’un dispositif plus modeste centré sur l’Europe du Sud, peut s’expliquer pour plusieurs raisons. Pour le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, cette décision résulte simplement d’une réévaluation de la menace ballistique iranienne : celle-ci serait désormais considérée comme lointaine, voire hypothétique. De nombreux observateurs ont toutefois rappelé que, depuis 10 ans, la technologie du bouclier n’avait jamais réussi à faire ses preuves. Les sommes gigantesques dépensées en vain sur ce projet trouveront désormais à mieux s'employer. Enfin, et en dépit des dénégations officielles, l'abandon d'un symbole particulièrement voyant de la présence militaire américaine en Europe centrale constitue sans doute un signe d’apaisement à l’égard de la Russie. Moscou-Washington : une nouvelle lune de miel ? C’est en tout cas ce dernier point qui nourrit les commentaires – et certaines inquiétudes – en Europe. Les dirigeants russes s’étaient opposés dès le départ, et de la manière la plus virulente, à un projet défendu becs et ongles par l’administration Bush. Cette opposition était officiellement motivée par la volonté de préserver la parité nucléaire avec les Etats-Unis, qui eut été effectivement menacée le jour où les intercepteurs anti-missiles, basés en Pologne, seraient devenus opérationnels. Au-delà, le déploiement d'un important dispositif militaire américain à leurs frontières ne pouvaient qu'indisposer les autorités russes, a fortiori dans un contexte de dégradation continue des relations entre les deux pays. Chacun peut donc s’interroger aujourd’hui sur les conséquences du renoncement américain pour les relations entre Moscou et Washington. Immédiatement après la décision américaine, les autorités russes ont annoncé l’annulation du déploiement prévu de missiles de moyenne portée à Kaliningrad. Certaines déclarations des plus hauts responsables laissent penser qu’une réexamen plus vaste de la stratégie de sécurité russe serait envisageable. L'appui de Moscou serait particulièrement bienvenu dans l'hypothèse d'un renforcement des sanctions internationales contre l'Iran. Pour l’heure, la Russie n’a toutefois pris aucun engagement, d’autant qu’officiellement les Américains n’ont pas souhaité négocier avec elle le retrait de leur projet. Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, a salué la décision américaine, mais a également rappelé que les Etats-Unis et la Russie étaient loin d’avoir réglé l’ensemble de leurs différends ; il a notamment mentionné les négociations d’adhésion de la Russie à l’OMC, bloquées depuis plusieurs années en raison des désaccords russo-américains. En tout état de cause, la Russie ne devrait pas changer de politique du jour au lendemain et continuera à l'évidence d'accorder la priorité à ses propres intérêts. L'Europe centrale, de Washington à Bruxelles C’est en Pologne et en République tchèque que les conséquences de la décision américaine pourraient être les plus durables. Ces deux pays voyaient dans leur engagement en faveur du bouclier l’assurance de bénéficier du soutien des Etats-Unis face au revanchisme présumé de la Russie. La volte-face américaine, doublée de la volonté proclamée du président Obama de " réenclencher [reset] " les relations avec Moscou, constitue pour Prague et Varsovie une désagréable surprise. Celle-ci pourrait contraindre ces deux pays, devenus des bastions de l’euroscepticisme en Europe centrale, à une révision déchirante de leur politique d’indépendance vis-à-vis de Bruxelles – c’est du moins ce que laissaient entendre certaines des premières déclarations de leurs responsables. Faut-il y voir un signe ? Sitôt connue la victoire du " oui " lors du référendum en Irlande, les gouvernements polonais et tchèque, jusqu’alors très réticents, se sont empressés d’annoncer que leurs deux pays ratifieraient très bientôt le traité de Lisbonne.     Quentin PERRET Audrey GENTILUCCI Groupe "Energie et Europe...

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2009-2014: Quel positionnement pour la France au sein de la future Commission européenne ?

  La prochaine Commission européenne sera désignée dans le courant du mois d’octobre. Au cours des cinq prochaines années, elle aura à prendre des décisions fondamentales dans des domaines essentiels à l’avenir de l’Europe. Les principales compétences de la Commission sont traditionnellement le Marché intérieur, la Concurrence et le Commerce. A cette liste, il convient désormais d’ajouter l’énergie et l’environnement, l’économie et l’industrie et la politique étrangère : des domaines où l’Europe, longtemps absente, joue désormais un rôle essentiel, rôle appelé à s’accroître au cours des prochaines années. La France peut jouer un rôle moteur dans la mise en œuvre de ces nouvelles politiques européennes. Les domaines concernés constituent pour elle des intérêts essentiels, où ses compétences sont largement reconnues. La présente note se propose donc d’examiner différentes initiatives que pourraient prendre la France, et son futur représentant à la Commission, dans ces différents secteurs.    1. L’économie et l’industrie Longtemps circonscrite pour l’essentiel à la Concurrence et au Marché intérieur, l’implication de l’UE dans l’économie européenne connaît depuis quelques mois une extension spectaculaire. Dès le début de la crise économique, l’Europe a en effet agi de manière décisive. D’une part, l’intervention massive de la Banque centrale a permis de sauver les systèmes financiers d’Europe centrale et orientale. D’autre part, l’adoption d’un plan de relance marque les premiers pas d’une intervention directe et volontariste de l’Europe dans l’économie, au-delà de l’aide financière régulièrement allouée aux titres des Fonds de cohésion et de la Politique régionale. Le plan de relance marque un précédent important dans la gestion par l’Europe de son économie. Il constitue en effet un modèle d’intervention susceptible d’ouvrir la voie à une véritable politique industrielle européenne, telle que préconisée par la France depuis de nombreuses années. Les secteurs susceptibles de bénéficier d’une telle intervention sont variés : ils concernent aussi bien l’innovation et la recherche, que les nouvelles technologies, en particulier les énergies vertes, ou les réseaux de transport. Autant de secteurs largement bénéfiques à l’économie française elle-même.   2. La politique énergétique et environnementale Marginale il y a encore quelques années, l’action de l’UE dans les domaines de l’énergie et du climat est devenue incontournable. La cause essentielle de cette révolution est la double crise énergétique et environnementale que connaît aujourd’hui le monde. Face à ces défis planétaires, l’action de l’Europe est appelée à s’accroître encore au cours des prochaines années. La politique européenne en matière énergétique et climatique est aujourd’hui définie par trois grandes initiatives : Le 3ème paquet législatif pour la libéralisation des marchés de l’électricité et du gaz, présenté fin 2007 et finalement adopté début 2009 ; Le Paquet Energie-Climat, présenté en janvier 2008 et adopté par le Conseil européen de décembre 2008, sous Présidence française ; Un Plan d’action pour la sécurité et la solidarité énergétique, largement inspiré de propositions faites par la France au début de sa Présidence de l’UE, présenté en novembre 2008 et dont les principales dispositions sont actuellement en discussion. La mise en œuvre de ces différentes mesures devrait avoir des conséquences très importantes au cours des prochaines années. Certaines de ces conséquences pourraient s’avérer controversées : la France devra notamment rester vigilante face aux risques que comporte la libéralisation des marchés du gaz et de l’électricité pour les grandes entreprises énergétiques européennes et françaises. A l’inverse, les objectifs combinés de lutte contre le réchauffement climatique et de sécurité énergétique imposeront une intervention massive et ciblée des pouvoirs publics, comparable à ce que la France réalise déjà chez elle. Ces impératifs constitueront en outre un argument de plus en plus irréfutable en faveur de l’énergie nucléaire, confortant ainsi la position française dans ce secteur.   3. La politique étrangère Si elle reste faible sur le plan militaire, l’Europe occupe en revanche une place de plus en plus importante sur la scène diplomatique. Ses domaines d’action privilégiés sont les régions de son voisinage immédiat : Au Maghreb et au Machrek, l’action de l’Union européenne a été transformée en profondeur par la mise en place de l’Union pour la Méditerranée. Conçue par le Président de la République, cette institution vise à favoriser la résolution des conflits, à encourager la coopération et à créer un espace commun de paix et d’échanges culturels et humains. L’UpM vient d’entamer ses travaux et a déjà adopté plusieurs initiatives dans les domaines de l’énergie et du développement économique ; En Afrique, l’action européenne s’est longtemps limitée à l’aide au développement économique. Elle est aujourd’hui complétée par une action en faveur de la résolution des conflits. Ces actions incluent des interventions militaires destinées au maintien de la paix ; Au sein de l’ancienne Union soviétique, la position de l’Union européenne ne cesse de se renforcer. Aux relations anciennes, mais toujours complexes, avec la Russie, sont venues d’ajouter des relations de plus en plus étroites avec des pays comme l’Ukraine. Au vu des conflits récurrents entre la Russie et ses voisins, l’Europe est sans doute appelée à renforcer encore son implication dans une zone essentielle à ses propres intérêts, ainsi qu’à sa sécurité énergétique. Dans chacune de ces trois régions, la France, de par sa présence et ses intérêts traditionnels, jouera un rôle essentiel dans la définition des positions européennes.     Conclusion Quelle que soit la composition de la future Commission, la France continuera de jouer un rôle central dans la construction de l’Europe et la mise en œuvre de ses politiques. Il est toutefois un domaine où, plus qu’ailleurs, l’implication de la France et de ses représentants pourrait s’avérer décisive. Ce domaine est celui de la politique énergétique. Ce constat s’appuie sur plusieurs facteurs : La compétence de l’Union européenne en matière énergétique est devenue globale. L’Union est responsable de la régulation des marchés de l’énergie, contribue au choix et au financement des nouvelles infrastructures énergétiques, supervise la mise en œuvre du Paquet Energie/Climat par les Etats membres et joue un rôle de plus en plus important dans les relations avec les partenaires énergétiques de l’Europe. Autrement dit, le Commissaire à l’Energie est désormais un des membres les plus importants et influents de la Commission européenne. Des décisions essentielles devront être prises au cours des cinq prochaines années. Les engagements du Paquet Energie/Climat, ajoutés à la nécessité d’accroître massivement la production et le transport d’électricité pour répondre à la demande, impliquent des investissements majeurs à l’échelle de l’Europe. Ces investissements devront être coordonnés (parfois même garantis) par la Commission européenne, éventuellement dans le cadre d’un second plan de relance. La Commission aura également un rôle essentiel à jouer dans la redéfinition en cours des relations avec les grands pays fournisseurs, en particulier la Russie. La politique énergétique de la France, qui diffère traditionnellement de celle de ses partenaires, est de plus en plus citée en exemple par les responsables européens. Chacun admet aujourd’hui le rôle incontournable des pouvoirs publics (en complément de celui des grandes entreprises) dans le renouvellement du parc énergétique en Europe. Et les exigences combinées de la lutte contre le réchauffement climatique et de la sécurité énergétique imposent progressivement le retour de l’énergie nucléaire en Europe. Enfin, l’énergie reste un secteur essentiel pour l’économie française, représentant 2% de son PIB et 26% de ses investissements industriels. Un Commissaire français à l’Energie ne se contenterait pas d’accompagner les bouleversements en cours de la scène énergétique mondiale. Il aurait à prendre des décisions majeures, aussi cruciales pour l’avenir économique et industriel de l’Europe que pour sa place dans le monde. Une telle nomination constituerait en outre un moment important pour l’influence de la France en Europe. Elle devrait donc être encouragée par priorité.     Quentin PERRET Responsable du Groupe "Energie / Europe...

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Les voisins de l’UE : clé du dialogue russo-européen

Les voisins de l'Est de l'UE sont-ils à l'origine d'une interminable bataille russo-européenne ou l'enjeu d'une coopération grâce à des politiques complémentaires? Du partenariat oriental à Euronest Après une période d’intenses tensions à la suite de l’intervention russe dans le Caucase, l’atmosphère semble se réchauffer à l’Est de l’Union Européenne. Et ce n’est pas un hasard si la reprise des négociations concernant le partenariat stratégique russo-européen (gelées depuis le 1er septembre 2008) correspond à l’ouverture par la Commission européenne du « Partenariat oriental » proposé depuis bientôt dix ans par la Suède et surtout par la Pologne. Après le lancement du projet euro-méditerranéen, la Commission porte désormais son intérêt sur les voisins de la frontière orientale de l’UE. Elle propose de lancer officiellement le Partenariat oriental au printemps 2009, lors d’un sommet spécial. En parallèle, à l’initiative du Groupe parlementaire du Centre-Droit (PPE-DE) au Parlement européen, vient d’être approuvé le principe de la création d'une Assemblée parlementaire pour les relations avec les États voisins de l'Est de l'Europe. Cette Assemblée, dite Euronest, devrait être mise en place après les prochaines élections européennes sur le même modèle que les Assemblées déjà existantes concernant la Méditerranée (EMPA) ou les pays d’Amérique Latine (Eurolat). Euronest vise à renforcer le dialogue et les échanges parlementaires à caractère multilatéral, entre les pays de l'UE et leurs voisins de l'Est (Ukraine, Azerbaïdjan, Arménie, Géorgie, Moldavie et représentants des forces démocratiques de Biélorussie). C’est un signal politique fort en direction de ces pays, symbole de la volonté européenne de bâtir des relations fortes et structurées avec ses voisins orientaux. La gestion du facteur russe Dans cette logique de partenariat oriental, l’UE doit tenir compte de la Russie, qui n’a pas toujours vu d’un bon œil cette « intrusion » européenne, dans des pays qu’elle considère comme sa zone d’influence directe. Alors que le voisinage est devenu un enjeu primordial des relations russo-européennes, l’UE doit élaborer une véritable réflexion pour trouver une cohérence entre sa politique de voisinage et son partenariat avec la Russie. M. Barroso a rappelé dans son dernier discours que les initiatives européennes vers l’Est ne devaient en aucun cas être considérées comme concurrentes de la politique étrangère russe. D’après lui, «il ne s'agit pas d'établir des zones d'influence ou de tracer de nouvelles lignes de démarcation en Europe. Nous estimons qu'à l'ère de la mondialisation et de l'ouverture, nos relations extérieures doivent être fondées sur le partenariat, l'ouverture des sociétés, le libre-échange et le multilatéralisme». Ainsi il est pertinent de se demander si cette zone stratégique peut constituer un sujet de coopération active entre l’UE et la Russie. Le meilleur moyen pour stabiliser cette région ne serait-il pas d’agir ensemble, grâce à des politiques communes ou du moins complémentaires? Peut-on arriver à créer une « maison européenne commune » comme l’appelait de ses vœux Mikhaïl Gorbatchev ? Et donc abandonner enfin, la vision géostratégique du jeu à somme nulle, héritée de la Guerre froide, qui établit que tout ce que l’Occident gagnera, la Russie le perdra. La prise en compte tardive d’une nouvelle réalité géopolitique La dernière vague d’élargissement de l’UE aux huit pays d’Europe centrale et orientale a donné naissance à une nouvelle zone stratégique (Biélorussie, Ukraine, Moldavie, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan), qui fait tampon entre l’UE et la Russie. Les interruptions des livraisons d’hydrocarbures russes à l’Ukraine (2006/2008) et en Biélorussie (2007), tout comme le conflit en Géorgie à l’été 2008, témoignent du rôle crucial de cette région en tant que « pivot géopolitique ». La politique de voisinage communautaire à destination de ces pays de l’Est a été mise en place tardivement. En effet lors de la dernière vague d’élargissement, la Commission s’est concentrée avant tout sur des problèmes techniques internes et l’ajustement des grandes politiques européennes (comme la PAC ou les fonds structurels), sans vraiment considérer les implications géopolitiques, mais également sociales et économiques d’un tel élargissement (par exemple au regard des travailleurs transfrontaliers entre l’Ukraine et le Pologne, après la fermeture de la frontière en 2004). L’émergence du voisinage comme problématique politique, sur l’agenda de l’UE, a donc été tardive. Ce n’est que lors de la finalisation des négociations d’adhésion en 2002, que la question a été réellement soulevée. Les pays membres ont pris conscience de l’interdépendance qui les liait avec leurs nouveaux voisins, de leur « destinée commune » selon les termes de Romano Prodi. En effet, l’UE s’est alors retrouvée mitoyenne de pays ayant un niveau de développement très éloigné du sien, et connaissant d’autre part de très fortes disparités socio-économiques entre eux. Le but était de stabiliser politiquement cette zone et d’accompagner économiquement les nouveaux voisins. En clair, il s’agissait de les aider à passer le cap de la transition. L’enjeu était aussi sécuritaire : les nouvelles menaces que faisaient peser sur le continent européen les conflits « gelés », l’immigration clandestine, le crime organisé et les trafics en tout genre, étaient autant d’éléments qui obligeaient l’UE à repenser sa politique de sécurité. La politique de voisinage, officiellement mise en place en 2004, permettait à l’UE d’incorporer les relations bilatérales développées depuis une dizaine d’années avec les ex-républiques soviétiques, dans une architecture d’ensemble, une sorte de toit commun. Sa philosophie était semblable à celle qui sous-tend l’ensemble de la construction européenne : éviter les conflits en resserrant les liens économiques entre les pays, afin de développer une zone de prospérité et de sécurité. Cette politique de voisinage s’est inspirée de la dimension septentrionale, lancée en 1999 à l’initiative de la Finlande. La dimension septentrionale visait à développer une «interdépendance positive », afin entre autres de renforcer, entre autres, la sécurité dans les pays du pourtour de la Baltique. En se fondant sur des mécanismes incitatifs, cette politique proposait aux nouveaux voisins de participer à certaines politiques européennes. Cet accès au Marché unique supposait une certaine harmonisation des normes législatives des pays tiers avec celles de l’UE (alignement sur l’acquis communautaire). Une illustration du soft power européen Pour aider ces pays dans le processus de transition politique et économique, l’UE met aujourd’hui à leur disposition des fonds très importants (en 2007, les programmes MEDA et TACIS, ainsi que d’autres programmes, ont été remplacés par un instrument unique – l'Instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP)). Ces fonds sont susceptibles d’être accrus en fonction des progrès réalisés ; ainsi, en plus des 450 millions d’euros alloués pour 2008, la Commission pourrait ajouter 350 millions pour la période 2010-2013. À terme, la Commission veut proposer à ces pays des accords d’association (prévoyant à terme la création d’une zone de libre-échange). Cette politique est une illustration du « soft power » européen, l’UE représentant un modèle attractif de développement capable d’influencer ses voisins. L’Ukraine ou la Géorgie ont d’ailleurs cherché à se rapprocher de ce modèle politique européen ; la révolution Orange en Ukraine en 2004 ou la révolution de la Rose en Géorgie un an plus tôt, sont les manifestations de ce choix pro-occidental, dont les succès sont aujourd’hui mitigés. Le retour de l’UE sur les questions de sécurité Plus qu’un simple acteur politique, l’UE sait aussi s’impliquer en tant qu’acteur sécuritaire dans cette zone. L’UE est par exemple active en matière de politique d’immigration (accords de réadmission en échange d’une simplification des procédures de visas) ou d’implication dans les conflits « gelés » de la région, tels que celui en Transnistrie ou dernièrement en Géorgie. Après une gestion catastrophique de la guerre dans les Balkans il y a une dizaine d’années, l’UE a su montrer dans le Caucase qu’elle avait la capacité de gérer les problèmes sur son continent, sans faire appel systématiquement à la puissance américaine. Elle a joué le rôle délicat de médiateur, en défendant la position la plus équilibrée possible. Il faut cependant noter que la conjoncture était favorable, avec la présidence du Conseil...

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Il est temps de reconsidérer la Russie comme un partenaire

Le 8 août 2008 marque la résurrection géopolitique de la Russie, nation qui montre clairement sa volonté de continuer de renouer avec la puissance, et de s’affirmer sur la scène internationale. Ces dernières années, tandis que l’Europe postmoderne réduisait ses budgets militaires, Monsieur Poutine augmentait ceux de son pays et préparait une politique étrangère réaliste, au sens théorique du terme, c’est-à-dire une politique servant avant tout ses propres intérêts. En Géorgie, la Russie a voulu montrer ce changement de ton et la crédibilité apparemment retrouvée de son armée, en surprenant le monde entier en pleine trêve olympique. Le message était surtout destiné à ses voisins immédiats. Mais le problème de la crise en Géorgie, ce n’est pas tant les séparatismes abkhase ou ossète, que la gestion d’une nouvelle Russie dont l’idéologie a pour leitmotiv la nostalgie de l’empire.« The Rise of the Rest » Robert Kagan estime que cette date d’août 2008 marque le « retour officiel de l’histoire », avec la résurgence de la compétition entre puissances et des nationalismes, phénomènes que l’on croyait en voie d’atténuation avec la mondialisation et l’interdépendance économique. On assiste aussi à lutte acharnée entre les États pour le contrôle des ressources. Avec ce changement de donne géopolitique et géoéconomique, il est clairement temps de reconsidérer notre partenariat avec la Russie, ce grand voisin oriental de l’UE avec lequel on ne peut se passer de composer. Une fois passée la lune de miel avec les États-Unis après le 11 septembre 2001, le second mandat de Vladimir Poutine a clairement positionné la Russie en contre-modèle de la puissance américaine. Cela a été visible ces dernières années lorsqu’avec la Chine, Moscou faisait front commun au Conseil de sécurité pour empêcher ou modifier des résolutions concernant l’Iran ou le Darfour par exemple. Alors que les guérillas urbaines en Irak et en Afghanistan, ou les mouvements terroristes, contestaient déjà l’Amérique « par le bas » depuis de nombreuses années, apparaissait en parallèle une contestation « par le haut » de la politique américaine, de la part de grandes puissances émergentes ou « réémergentes ». La Russie a pu profiter de l’impopularité des États-Unis dans le monde et de leur patinage militaire au Moyen-Orient pour s’affirmer. Moscou souhaite l’émergence d’un nouvel ordre international, multipolaire, et dans lequel la Russie aurait toute sa place ; ce souhait est déjà en partie réalisé avec le basculement progressif mais réel du centre de gravité du pouvoir économique, vers l’Est. Dans son ouvrage The rise of the rest, Fareed Zacharia décrit ce monde post-américain dans lequel les Etats-Unis ne dominent plus l’économie, n’orchestrent plus la géopolitique et n’asphyxient plus les différentes cultures. Il voit la croissance de pays comme la Chine, l’Inde, le Brésil ou la Russie (le fameux BRIC) comme « the great story of our time », qui va refaçonner le monde. Faut-il rappeler que c’est bien la Chine qui tire la croissance mondiale. La confrontation russo-occidentale Pour comprendre la situation géopolitique de ces derniers mois, il faut se garder d’adopter une vision binaire opposant irrémédiablement le bien contre le mal. Certes, il faut tenir compte des provocations russes et de la brutalité de Moscou dans sa volonté de garder le pouvoir sur son « étranger proche ». Mais il ne faut pas oublier les manœuvres des États-Unis dans cette zone, qui visent depuis les années 90 à contenir et à isoler la puissance russe, la repoussant au maximum à l’intérieur de ses propres frontières. Les indécisions et les divisions des Européens sur la relation que l’UE doit entretenir avec son voisin russe, ont également été un facteur déterminant. La Russie a toujours marqué des points quand l’Occident vacillait. Revenons un peu en arrière. Au cours des années 90, Bill Clinton et son administration ont commencé à se pencher sur les ressources énergétiques de la mer Caspienne. Grâce à un rapprochement entre Washington et l’Azerbaïdjan, un système d’acheminement des ressources énergétiques vers l’Ouest a pu être mis en place. L’oléoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan) puis le gazoduc BTE (Bakou-Tbilissi-Erzurum), symbolisent la coopération Ouest-Est qui inclut entre autres les Etats-Unis, la Turquie, la Géorgie et l’Azerbaïdjan. La Russie, qui contrôlait auparavant l’acheminement des énergies caspiennes et d’Asie centrale vers l’Ouest, en est exclue. En parallèle, les Etats-Unis se sont impliqués dans la résolution du conflit du Haut-Karabakh entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, ils ont également mis en place une coopération militaire avec les pays du sud Caucase (soit via l’OTAN, soit de manière bilatérale), et le Congrès a voté l’allocation d’aides financières à l’Arménie et à la Géorgie (préfigurant l’intégration de ces pays dans le projet américain Millenium, dont le but est d’encourager les politiques de développement dans les pays à bas revenu). Contrairement à la promesse de G.H. Bush après la chute de l’URSS de ne pas étendre l’Alliance Atlantique aux anciennes républiques soviétiques, l’OTAN s’est progressivement étendue, en 1998 puis en 2004, à des pays que Moscou considère comme son arrière-cour. Aujourd’hui sur les trois républiques du sud Caucase, seule l’Arménie, qui est proche de la Russie notamment sur le plan militaire, a fait savoir qu’elle ne souhaitait pas intégrer l’OTAN. L’Azerbaïdjan, la Géorgie et l’Ukraine (quoique pour cette dernière, compte-tenu de la crise politique actuelle, il est difficile d’y voir clair) ont clairement d’autres intentions. Cela représente la ligne rouge pour Moscou, car cela scellerait durablement le recul de son influence régionale. Si on ajoute à cela les « révolutions de couleur » qui ont placé des leaders pro-occidentaux à la tête de l’Ukraine et de la Géorgie, ainsi que la volonté américaine d’implanter un bouclier antimissile en Pologne et en République Tchèque, on comprend l’énervement grandissant des Russes ces dernières années. Autant de sujets, tout comme celui du Kosovo, qui ont largement titillé le pouvoir russe ces derniers temps. De ce fait, la vision russe reste celle d’un pays menacé d’encerclement par les politiques occidentales notamment. Cette peur de voir basculer la fameuse ceinture balto-pontique de « l’autre côté », tout comme la poussée vers les mers chaudes, a toujours été une constance de la diplomatie russe. De ce fait, les relations entre la Russie, les États-Unis et l’Union européenne, ont été extrêmement tendues ces dernières années. Les attaques rhétoriques, les mises en garde, les reproches, voire les insultes se transmettent par conférences de presse interposées. Le premier discours à la nation du Président russe Dimitri Medvedev, début novembre devant la Douma, étant ainsi particulièrement révélateur de ces tensions. Ce discours est marqué par des attaques répétées contre la politique étrangère et économique « égoïste » des États-Unis. C’est dans ce discours que le Président russe a déclaré que « pour neutraliser – si nécessaire – le système antimissile [américain], un système de missiles Iskander [serait] déployé dans la région de Kaliningrad ». La guerre en Géorgie et ses suites ne sont pas la raison principale de ces crispations, mais seulement la manifestation des problèmes qui s’accumulent depuis 1991, tant au sujet de l’OTAN et de l’influence grandissante des Etats-Unis dans la zone, qu’en raison du manque de cohérence de la politique de voisinage de l’UE. Le cadre du partenariat européen avec la Russie, signé en 1997 et dont les négociations devraient reprendre début décembre, est largement inefficace et illustre parfaitement la difficulté pour l’UE de construire un partenariat stratégique équilibré et cohérent avec Moscou. Il ne permet pas à la Russie de se sentir réellement comme un partenaire égal de l’UE, qui ne dispose par d’outils efficaces pour construire une relation intelligente avec Moscou. De plus, concernant la politique de voisinage européenne, les Russes la comprennent avant tout comme un moyen supplémentaire de saper leur influence dans les anciennes républiques socialistes. Le projet de la Commission Européenne visant à créer un « partenariat oriental » (sur le modèle du projet de l’Union pour la Méditerranée), incluant notamment la Biélorussie...

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Les frontières de l’Europe

Européens, qui sommes nous ? qui voulons nous être ? que voulons nous faire ensemble et avec qui ? rêvons nous d’un simple marché commun et d’une Europe cacophonique ou voulons nous une Europe puissante et respectée ? L’attitude des Européens dans la crise géorgienne cet été a été particulièrement symptomatique de certaines de leurs faiblesses. Certes l’Union Européenne a montré une unité de façade en la personne du président en exercice du Conseil Européen, Nicolas Sarkozy. Cela ne peut néanmoins pas masquer les divisions internes qui parcourent le continent quant à l’attitude à adopter vis-à-vis de Moscou. Des sentiments anti-russes se sont ouvertement manifestés dans les pays anciennement dans l’orbite soviétique ainsi que dans l’entourage de Gordon Brown alors que la France et l’Allemagne essaient de jouer l’apaisement en appelant à renforcer la coopération entre l’UE et la Fédération de Russie. Il est ainsi difficile de parler d’une vraie politique étrangère de l’UE. Les Européens ont donc jusqu’à maintenant échouer à adopter une politique claire vis-à-vis de Moscou, politique qui transcenderait les soubresauts de l’histoire et les intérêts strictement bilatéraux. Leur rapprochement avec les discours américains est également un signe de faiblesse. Seuls les Européens peuvent imposer et organiser les formes d’un dialogue constructif avec Moscou ; pour y arriver, il leur faut parler d’une même voix en suivant leurs propres idées et non celles des autres. Si l’on veut une Europe puissante, unie et efficace, il est nécessaire de définir nos intérêts et de mener une réflexion géopolitique sur le contenu du projet européen, sa spécificité. Cela ne peut se faire que dans le prisme de son identité. Il est nécessaire de se demander qui sont et qui doivent être les acteurs de cet ambitieux projet. En effet pour réussir un projet doit s’appliquer dans un territoire défini et doit être en concordance avec les valeurs des hommes qui l’habitent. Définir plus clairement les frontières de l’Union Européenne est aujourd’hui indispensable. L’inconscience territoriale de nombreuses élites doit cesser et il est nécessaire pour cela de mener une vraie réflexion stratégique sur l’extension territoriale de l’Union, ses perspectives et ses effets sur les opinions. La signification géopolitique et le sens historique du projet européen doivent être débattus et redéfinis. L’UE est un projet ambitieux voire utopique, il a apporté paix et prospérité au continent européen, sa puissance normative est bien réelle et influence nombre de pays du monde. Néanmoins l’UE souffre de ses divisions, elle a du mal à formuler clairement ses intérêts et à les faire comprendre à ses partenaires. L’Europe en tant que laboratoire de la mondialisation est une chance, un atout considérable mais hélas insuffisamment exploité. Sachons redéfinir ensemble ce projet, son contenu, ses frontières, ses relations avec son voisinage. Cet essai revient sur la question brulante des frontières en rappelant la genèse et l’évolution de l’UE, il rappelle le processus d’élargissement en soulignant ses succès et en luttant contre les fausses idées, enfin il pose la question des intérêts européens dans un monde multipolaire et des relations que l’UE doit entretenir avec ses voisins. Télécharger le dossier Audrey Gentilucci Pôle Europe...

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