Présidence espagnole – Rencontre avec Jacques Huchet – Chef adjoint de la Représentation de la Commission européenne à Madrid

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Nous avons conclu nos entretiens en rencontrant Monsieur Jacques Huchet, le Chef adjoint de la Représentation de la Commission européenne à Madrid.

La Commission dispose de représentations dans les capitales des 27 États membres, et, dans certains cas, d'une représentation supplémentaire dans une autre ville pour certains "grands" États. À l'origine de simples "bureaux d'information", ces représentations (à distinguer des "délégations" de la Commission, installées dans les pays tiers – les représentations ne seront d'ailleurs a priori pas intégrées dans le futur service d'action extérieur) sont devenues de quasi "ambassades" de la Commission dans les États membres, avec un rôle de "reporting" politique vers le siège, en parallèle à la gestion sur place des relations entre la Commission et les autorités locales, notamment dans le cas des visites de Commissaires (d'un peu moins d'une centaine par an en moyenne à près de trois cents depuis le début de la présidence espagnole).

L'entretien a confirmé l'europhilie espagnole, que celle-ci ait été démontrée par le vote massif en faveur du référendum sur le Traité établissant une constitution pour l'Europe en 2005 (76% de votes positifs, à pondérer néanmoins par une abstention de 44%), la place de l'Union Européenne dans les médias ou l'absence de critiques à l'encontre de l'UE en dépit de la violente dégradation de la conjoncture dont l'Espagne est victime. Un élément parmi d'autres qui illustre cet état de fait, et contraste singulièrement avec ce que l'on peut constater ailleurs dans l'UE (et en France au premier chef): il n'y a pas de parti politique espagnol europhobe ni même eurosceptique. Tous affirment leur attachement à l'intégration européenne, qu'il s'agisse des partis nationaux ou régionaux, et les priorités de la présidence ont fait l'objet d'un pacte transpartisan.

La suite de l'entretien nous a permis de passer en revue les principaux sujets de politique intérieure, ainsi que leur articulation avec les priorités établies pour la présidence. La question régionale continue d'occuper une place prépondérante, tant à travers les enjeux de sécurité liés au terrorisme basque que concernant les questions d'autonomie régionales. Par ailleurs, comme évoqué durant les autres entretiens, l'Espagne soutien avec ardeur le processus d'Union pour la Méditerranée et cherche à développer les relations entre l'UE et l'Amérique latine.

Toujours est-il qu'après quelques mois, il est sans doute encore trop tôt pour tirer un premier bilan de la présidence espagnole, ne serait-ce que parce que les premiers mois ont été marqués par la fin de la précédente Commission, et que la crise grecque a en partie relégué au second plan plusieurs des priorités initiales. Il n'en demeure pas moins que la présidence a réussi une bonne communication sur les dossiers en cours en dépit de ces difficultés, dans un contexte où la mise en œuvre du traité de Lisbonne altère sensiblement les prérogatives des présidences tournantes. Comme évoqué précédemment, la crise financière n'a pas altéré l'autorité de la Commission et les difficultés que rencontre l'Espagne affectent plus directement la popularité du gouvernement. Enfin, la présidence est l'occasion pour l'Espagne de faire entendre sa voix en faveur d'un projet européen centré autour d'un pacte fort et assis sur un Parlement puissant, ce qui va dans le sens des nouvelles attributions de ce dernier.

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