Déclaration…d’amour
09 Mai

Déclaration…d’amour

Il en va des déclarations historiques comme des classiques que nous chérissons, il faut revenir au texte. Au détour d’une flânerie de mai, on y lit « L’Europe pourra, avec des moyens accrus, poursuivre la réalisation de l’une de ses tâches essentielles: le développement du continent africain ». D’une terrible actualité, cette phrase de Robert Schuman incarne l’esprit de l’Europe que nous fédérons, toujours moins il est vrai. Hier et aujourd’hui, notre intégration répond à une urgence, celle de bâtir des ponts entre les peuples pour construire un avenir prospère et pacifique. Mais cette exigence n’est pas une incantation, elle décrit ce qu’est l’engagement européen en soi, non pas un postulat moral mais une démarche graduelle dont l’accomplissement même serait moral, au sens d’un devoir pour nous-même et pour autrui. Les Hommes meurent toujours aux portes de l’Europe. Il y a la guerre en Ukraine et il y a cette infamie des migrants qui viennent s’échouer avec leur embarcation de fortune. S’il faut formuler un vœu en ce jour de célébration, c’est bien que nous cessions ce jeu malsain des envolées culpabilisantes sur l’Europe, et finalement sur nous-mêmes, quand l’horreur apparaît à la lumière, pour mieux ensuite nous exonérer de toute action. En attendant la prochaine onde sordide. Prenons garde à ne pas nous perdre, l’Europe c’est tout le contraire, c’est accepter notre part de responsabilité, non pour nous flageller gratuitement mais bien pour agir collectivement et prendre ainsi la mesure de ce qui nous unit, cette civilisation que nous avons aussi construit par l’échange avec l’autre rivage. Joyeuse fête de l’Europe à tous ! Jérôme Cloarec Président de l’Atelier Europe   Photo: Vito...

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L’interminable crise grecque ou la nécessité d’une transgression
06 Mar

L’interminable crise grecque ou la nécessité d’une transgression

L’élection d’un premier ministre d’extrême gauche, Alexis Tsipras, a jeté du sel sur les relations tendues entre la Grèce et l’Union. Ce pays sort d’une période extrêmement difficile où il a perdu près de 30% de sa richesse nationale en 5 ans. Mais pour l’Union, la Grèce est aussi le miroir des insuffisances de notre gouvernance. On s’est aperçu non seulement que l’économie locale n’était pas viable mais surtout que cet État a pu pendant 30 ans être membre de l’UE alors qu’il n’était pas un État au sens moderne: fonctionnement clientéliste, ministères organisant un État dans l’État, rentrée de l’impôt aléatoire, corruption, outils administratifs désuets (tel le fameux cadastre inexistant) etc. Un immense travail de réforme a été effectué mais il n’est pas certain que la Grèce puisse le finaliser et relancer son économie dans le cadre de la zone euro, peut-être avons-nous atteint les limites de l’acceptable pour la population grecque. Et ce que ne semblait pas avoir mesuré M. Tsipras, c’est que la lassitude est immense aussi du côté des autres membres de l’Eurogroupe (Cf réaction virulente de l’Espagne). Une sortie de la Grèce présenterait un risque important pour la zone Euro. L’effet de contagion, notamment pour les économies encore fragiles du Sud de l’Europe, pourrait nous entrainer dans une zone de turbulence très incertaine, a fortiori dans un climat politique défavorable à l’Union avec la montée en puissance de formations contestataires et, surtout, le désenchantement croissant des citoyens. Toutefois, il faut cesser cette dramatisation de la sortie d’un membre de la zone euro. Certains États la rejoignent, telle récemment la Lituanie, d’autres doivent pouvoir la quitter, pleinement ou au moyen d’un régime transitoire à définir. Le cas grec est une opportunité pour l’Union de décider, non pas par simple réaction, comme elle le fait depuis le début de la crise, mais en posant un acte fort: la zone euro a besoin de cohérence et l’existence d’une asymétrie trop forte chez l’un de ses membres fait peser un risque disproportionné et inacceptable sur l’ensemble de l’Union monétaire. L’UE ne peut plus se contenter de colmater les brèches, de négocier en permanence la solution de la « dernière chance » avec les premiers ministres grecs successifs. Cela mine la confiance de l’ensemble et cela accentue les réflexes centrifuges (clivage Nord-Sud, tensions nationalistes et contestataires, etc.). Il faut une solution durable à cette interminable crise grecque, les États ne peuvent plus se cacher derrière la créativité technocratique et la BCE ne peut plus être laissée en rase campagne, seule à prendre les décisions pour maintenir à flot l’euro, faute du courage politique de l’Eurogroupe. Et l’UE, après des années d’expansion incontrôlée, de rejoindre alors le, long, chemin de la cohérence et de la cohésion sans lequel l’intégration politique si nécessaire pour parachever l’union économique et monétaire ne sera jamais qu’une chimère. JC Photo:...

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Une aube dorée? L’Est de l’Europe imprégné du péché des aides européennes
12 Fév

Une aube dorée? L’Est de l’Europe imprégné du péché des aides européennes

1. Facteurs 1.1 Der Wille zur Verwaltung (La Volonté d’administration) Jusqu’à 2014, en « Banlieue nord » de Pils, en République tchèque, une amie gérait une école maternelle privée. Une école petite (comptant une vingtaine d’enfants), modeste, charmante, pas chère (à 2300 euros par an), entièrement autonome, ne touchant pas une seule couronne des fonds publics. En 2013, la ville de Pils a décidé d’investir deux millions d’euros dans la construction de trois écoles maternelles pour 150 enfants: une place créée à 13 000 euros sans compter les coûts de gestion annuels non publiés. Les écoles maternelles créées par la ville sont presque gratuites. En conséquence, dès 2015, il se peut qu’il n’y ait plus d’école privée en « Banlieue nord ». Une absurdité économique et sociale: même si la ville payait les frais scolaires de cet établissement privé, donc « bourgeois », pour chaque enfant de Pils, elle gagnerait des milliers d’euros par an et par enfant tout en s’épargnant énormément d’administration. Et sans avoir tué un établissement solide. Par contre, dès 2015, il y aura plus de directeurs et de subordonnés, donc plus de pseudo-pouvoir administratif, plus de prétendu pouvoir social pour décider des admissions aux écoles, plus de gestion de fonds publiques, plus d’administration, plus de marchés publics. Hélas, il suffirait d’une seule chose: laisser vivre les petits, voire faciliter leur vie. Cet exemple simple, mutatis mutandis, démontre une tendance générale liée aux aides européennes dans lesquelles l’Est de l’Union se noie de nos jours: l’incessante volonté des pouvoirs publics de gérer, de s’imposer et de régler là où il n’y a guère besoin d’eux. 1.2 Die Menschenschöpfung (La création de l’homme) En 1957, douze ans après la guerre, le contrat a été clair: « Vous, les industriels allemands, pour que vous paracheviez votre réhabilitation, vous payerez pour cette acceptation dans la famille de l’humanité une dîme à ses porte-flambeaux: les pauvres agriculteurs français et italiens ». En 2004, quinze ans après la chute du Mur, cette logique s’est renversée et approfondie. Conscient de l’énorme marché toujours à demi-vide de la rive droite de l’Oder et derrière les Monts Métallifères, l’Allemagne a été prête à répéter – à grande échelle – la leçon de Wiedervereinigung de 1990: « Nous, les postindustriels allemands, sommes prêts à faire de vous, les pauvres postcommunistes, de nouveau des hommes par nos euros. En tant qu’hommes civilisés, vous nous ouvrirez vos marchés entièrement. » 2. Impacts 2.1 Redondance Ainsi, l’an 2004 a, d’un côté, marqué un point positif sans égal dans beaucoup d’aspects pour les nouveaux pays membres: les lois octroyées par l’Union étaient d’une qualité incomparable avec celles qui les avait précédées et devraient suivre; les pays ont gagné en sécurité au sens large (énergétique, économique) ; avec le libre-échange, la civilisation promise est réellement venue. Malheureusement, l’Union n’a pas approfondi ses incontestables réussites de « small state »: les lois changées, peu a été investi dans la formation et l’équipement de l’appareil administratif et judiciaire. Une sécurité vraiment commune est loin d’être lancée. Le libre-échange reste souvent uniquement consumériste. Pire, face aux défis graves, poussés par les facteurs susnommés, l’Union s’est imposée aux nouveaux pays membres avec les milliards d’euros d’incitations, de subventions et d’aides. En accordant les incitations, officium se pense être plus malin que la rue. Ce qui n’est que très rarement le cas. Les projets subventionnés sont ceux qui ne sont pas viables autrement. La plupart d’entre eux sont surdimensionnés. Ils sont réalisés par ceux qui savent le mieux remplir les papiers et non pas par les plus aptes. Par conséquent, les armées d’experts ès subventions abondent. Ils créent une économie complètement irréelle, fantomatique même. La charge bureaucratique générée par les aides les destinent souvent uniquement aux grandes structures qui disposent du personnel purement administratif requis: les plus grands destinataires sont alors les plus grandes entreprises qui sont les dernières à en avoir besoin. Ainsi, au lieu de la concurrence, c’est une monopolisation qui est promue. 2.2. Corruption « Qu’est-ce que l’Europe pour vous, réellement? » l’Atelier Europe demanda-t-il à des dizaines de reprises lors de ses voyages d’études à travers la République tchèque, la Pologne, la Hongrie et la Lituanie. « Les subventions! », la réponse univoque sonna-t-elle. Si naturelle, terre-à-terre la réponse soit-elle, elle n’est pas d’autant moins attristante. Car les subventions sont une source de corruption au sens symbolique et moral du terme. Elles sont une corruption par leur nature do ut des: « On vous paye, pour que vous fassiez! » (que vous nous acceptiez, que vous nous ouvriez la porte!). Ainsi, elles sont hors d’un vrai contrôle – celui qui corrompt ne se demande pas de ce qu’il advient de son aumône. Il le prend simplement pour un mal nécessaire. Ainsi, quoique tout le monde sache que le système est profondément inique, peu d’implications sont considérées. Notamment au niveau des pays récepteurs dont l’utilisation et le contrôle des aides est très variable. Qui aurait intérêt à arrêter ce flux ? Ceci, et il s’agit du résultat le plus grave, a créé une caste énormément riche et puissante, allaitée par le courant qui ne s’assèche jamais, et qui va tout faire à la fin pour que le système soit maintenu. Telle est toujours l’implication la plus importante de la corruption, et non pas le vol en soi car l’Europe a quand même déjà trop d’argent, semble-t-il. Finalement, les subventions donnent naissance à une corruption morale. Dans de nombreux domaines (notamment dans l’agriculture, dans les infrastructures publiques et dans les ressources renouvelables) il n’est plus possible d’opérer sans toucher aux incitations (pourvu que tous les autres y touchent). De cette façon, d’innombrables entités dépendantes, nourries, quémandeuses sont nées. Voilà la liberté tuée.   Vojtěch...

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Defending Europe in Hénin Beaumont
10 Fév

Defending Europe in Hénin Beaumont

A significant town in the north of France – Hénin Beaumont, 26.000 inhabitant-strong – has recently decided to shift from seventy years of socialism to Front National (FN), France’s extreme right anti-EU party. The 2014 Municipal elections gathered 64% of voters and 50,3% of their ballots went to the new FN Mayor, Steeve Briois. No second round was needed.What caused that conversion? Where is Europe’s responsibility? Think tanks Atelier Europe and the Martens Centre went on the spot to listen, hear Henin’s complaints and exchange views. The first source of discontent turned out to be the former Mayor’s fraud scandal and budget mismanagement, yet the debate revealed a deeper feeling of abandonment: « after World War II, French governments took a lot of taxes from our coal, textile and steel outputs and when all that closed down, nobody invested in our region to transform it ». Workers, engineers were left with the choice of unemployment or migration to other regions in France’s East-central areas. When asked about Charlie Hebdo and the recent terrorist attacks, the answer is quite blunt: « all of this is very Parisian here, far from our concerns. We want jobs ». The European Union is perceived as being unsupportive of those violent social changes: « Europe forgets the young and the old, […], Europe only brings more austerity to our problems, […] Europe is breaking up social achievements and serves the interests of free marketeers ». Others complained about the difficulty of filling FEDER’s paperwork, the European Regional Development Fund (ERDF), in small towns where none are trained for it.For many citizens of Hénin, despite their proximity to Belgium, Brussels is perceived as a cold place where few of them are at ease. Bringing a case or a project to the EU is « simply distressing ». Panelists answered back that Europe actually brings more opportunity and solidarity. The example of a participant’s close friend was mentioned: Italian born, she studied in France thanks to Erasmus and later on found a job in Sweden, learning two new languages in the process. One listener interjected that « she also sent her kids abroad, to Germany, and Europe requires a lot of efforts, a lot of contortions to reach employment. Eventually what you see scares you; the lack of activity is everywhere in the south, in Spain, in Italy ». And Europe’s institutions are « just confusing ».Hénin residents believe they have accepted a lot of compromise and adapted to the best of their abilities. Many left their families and region to find work elsewhere with very limited support from Paris and Brussels, in their view. They wonder where all those economic and political disruptions are leading them to, for what Europe ? This is where Front National plays its best cards: you are making sacrifices for a Europe that accelerates that instability and favors immigration […] bring back your energy to a project you can control and understand: your nation and your community.Combating that fatigue, and the egoistic temptations conveyed by far-right parties, reminds us of the challenges that awaits political representatives and all of us: Engage citizens in towns where participation at EU’s elections is low or negative; Persevere in explaining Europe and the direction of its policies; In a nutshell: make Europe a frontier that can be reached again. Michael Benhamou This paper was originally published on the Martens Centre for European Studies website. Please read our article on that debate...

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Merkel, Tsipras, Adam and Eve
05 Fév

Merkel, Tsipras, Adam and Eve

Chancellor Merkel faces a solitude Germans have known in the past. One that is quite familiar to the ongoing Greek problem. In the XVIIe century, Europe argued notably over « the Paradox of the Fortunate Fall« , i.e. Adam and Eve’s eating-the-apple-sin strikingly followed by the promise of redemption. Milton gave a powerful interpretation of that sequence in Paradise Lost (Chapter XII, 1667). Adam speaks here: Full of doubt I stand, Whether I should repent me now of sin, By me done or occasioned, or rejoice Much more that much more good thereof shall spring — To God more glory, more good will to men From God — and over wrath Grace shall abound. Catholic priests in France or in Italy gave explanations for the contradiction of Adam « rejoicing » for a sin paired with such a positive outcome: death for mankind but greater redemption through eternal Paradise. German priests saw this rewarding mechanism as irresponsible and dangerous. Many refused to mention it in their sermons. Should Greece and Prime Minister Tsipras be rewarded today, in spite of their budgetary sins? A part of Europe seems to believe so. France, Italy, Spain, do not feel legitimate in sermonizing Greece as they also share the burden of a significant debt. French President François Hollande hailed the victory of Syriza while his Minister of Finance confessed a 4,4% deficit for 2014 a few days before. Where is this bankrupted self-congratulation taking us? The Adam and Eve lesson that evil necessarily turns into good has a certain mystical charm, yet today’s economy plays by different rules: interest rates, growing deflation, loss of influence. We need Germany’s moral resilience to remind us of Europe’s need for fiscal responsability and at the same time we should recognize that Greek families have paid a price for their mistakes those past two years: families lost between 25% and 40% of their monthly revenue, inflation spiked, unemployment rose to 30%. That social shock is harsh. If debt could be alleviated over time, how far should we go in restructuring current austerity measures? Greeks may deserve some redemption but not Paradise.  Michael Benhamou Source: Wiki...

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L’Europe s’invite à Hénin-Beaumont
20 Jan

L’Europe s’invite à Hénin-Beaumont

En ce début 2015, l’Atelier-Europe sort des sentiers battus. Outre les traditionnels voyages dans les capitales européennes, nous avons en effet décidé cette année de parcourir notre propre pays, pour rencontrer mieux nos compatriotes, et confronter notre regard sur l’Europe avec celui de nos contemporains dans les régions. A mi-chemin de Paris et de Bruxelles, donc, après avoir consulté les statistiques des plus faibles participations aux élections européennes (38,5 % en l’occurence), nous nous rendions, ce 15 janvier au soir, en la noble ville de Hénin-Beaumont (27.000 habitants). Quoi de plus stimulant pour nous que ce bout de Nord-Pas-de-Calais au passé illustre (la vie des charbonnages) mais à l’économie difficile (seulement 40% d’actifs aujourd’hui), au symbole frappant (le résultat des dernières municipales) mais aussi aux anecdotes glorieuses (en 1870, Hénin fut la seule ville de France défendue avec succès par ses habitants contre les armées allemandes). Notre débat sur l’Europe se déroule dans un café au look irlandais (merci le traité de Lisbonne) et dénommé « Label anglaise » (merci le référendum britannique de 2017). Nous voilà au cœur du sujet. L’un des beaux moments dans un débat est toujours celui où les participants quittent le terrain du déjà-vu et des postures pour donner leur avis personnel. Or c’est bien ce que nous avons vécu dans ce mémorable café, nous cinq (Jérôme, Michaël, Raphaël, Quentin et Emmanuel) et la petite vingtaine de personnes venues nous rejoindre. Un grand merci à Bernard, notre guide, notre intermédiaire, qui nous présentait à cette assemblée, non d’ailleurs sans nous avoir fait visiter la ville peu avant. Un vrai débat interpersonnel, donc, où nous avons pu délaisser « ce que les médias disent de l’Europe » (en mal, forcément) pour aller vers « ce que nous ressentons et ce que nous voudrions qu’elle soit ». Le débat fut largement dominé par les questions économiques et sociales et peu, ou pas, finalement, par les questions migratoires dont on aurait pu croire qu’elles soient ressenties dans le Nord. Bruxelles est-elle « la pire des oligarchies », comme on l’a entendu brièvement, ou un projet « jamais vu sur la terre, et dont on peut être fier » ? Faut-il accuser l’Europe de ce qu’elle ne fait pas (elle n’a pas sauvé les charbonnages, par exemple) ou espérer qu’elle fasse plus (pour la jeunesse, par exemple). Une Europe fiscale et sociale nous manque, oui, conviennent les participants. Mais n’est-ce pas alors qu’il nous faut plus d’Europe ?…et si c’est le cas, de quel type  : une « Europe politique » ou une Europe confédérée ? je vous laisse imaginer la suite ! Toutes les questions, certes, n’ont pas trouvé leur réponse dans ce café de la place Wagon à Hénin. Mais le déplacement, pour nous autres de Paris et de Bruxelles, en valait largement la chandelle. Un sentiment d’ouverture et de nouveauté. Merci, Héninois et Héninoises que nous avons pu croiser le temps d’une soirée ! La suite, dans une autre ville d’un tour de France qui ne fait que commencer. Emmanuel...

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