Présidence danoise – Rencontre avec Marie-Gaëlle Robles, Première secrétaire et David Kibler, Premier secrétaire à l’Ambassade de France au Danemark
27 Juin

Présidence danoise – Rencontre avec Marie-Gaëlle Robles, Première secrétaire et David Kibler, Premier secrétaire à l’Ambassade de France au Danemark

Nous rencontrons, et nous remercions vivement pour leur accueil, Marie-Gaëlle Robles, Première secrétaire, et David Kibler, Premier secrétaire – diplomate de renfort pour la présidence danoise, à l’Ambassade de France à Copenhague. Ils nous indiquent que le choix a été fait par les Danois de piloter la PDUE depuis Bruxelles où leur Représentation permanente est très active. Les Danois sont expérimentés et très professionnels: il s'agit en effet de leur 7ème présidence tournante à la différence de la Pologne et de Chypre dont c’était et ce sera la première. De plus, suite au changement de gouvernement intervenu le 15 septembre 2011, Copenhague a un Premier ministre formé au Collège de Bruges et ayant travaillé à Bruxelles. L’impression qui ressort est que le Danemark est vraiment compétent et s’est positionné d’emblée comme médiateur bien que hors de la zone Euro du fait de leur opt-out. On voit au quotidien qu’il joue le jeu des institutions européennes et qu’il compte bien arriver en juin 2012 à un compromis sur les perspectives financières multi annuelles.   D’une manière générale, la Danemark a développé une attitude constante vis-à-vis de l’UE, même si actuellement, il y a une inflexion, comme le montre la volonté de référendums sur les dérogations PESD et JLS, à l’égard desquels le gouvernement essaye de bien préparer le terrain pour qu’ils soient approuvés. Il n’est pas question pour le moment de référendum sur l’Euro dans le contexte de crise. Les Danois espèrent aussi finaliser le marché commun digital et un accord sur les échanges frontaliers. Le Danemark souhaite développer et réformer le SEAE sur deux aspects. Le premier est dans son rapport aux pays tiers avec un moment important que constitue la création du poste de Haut représentant aux droits de l’homme. Le second dans son développement en tant qu’institution pérenne et organe administratif avec le recrutement d'un personnel dédié. A une question sur la coopération nordique, il nous est précisé que dans la pratique quotidienne, elle n’est pas exclusive pour le Danemark, du moins pas en concurrence avec l’intégration européenne, car ses membres sont assez hétérogènes et ils ne sont pas tous membres de l’UE. Concernant l’OTAN et la question de savoir si le Danemark croit à la PESD, les Danois sont politiquement assez atlantistes et bien qu'étant un pays de taille moyenne, ils ont une projection expéditionnaire forte (Irak, Afghanistan, Kosovo, Libye…). Du fait de leur opt-out sur la PSDC, ils sont très actifs au sein de l’OTAN. Au moment de leur choix pour un opt-out, la PSDC était moribonde, et il s’agissait d’un choix politique à l'aune de la relation du pays d'avec les Etats-Unis. Le contexte a évolué aujourd’hui. Sur les événements en Syrie, le SEAE est censé être le porte-voix de l’UE et le Danemark s’inscrit dans cette ligne, d’ailleurs l’ordre du jour du Conseil Affaires Générales est piloté par le SEAE. Tout dépend de la vision du SEAE qui va émerger dans le temps tant au niveau des ressources propres que de la répartition des compétences et cela se fait en continu au-delà de la PDUE. Concernant l’attitude de la PDUE vis-à-vis de la Turquie, les deux pays ont de bons rapports bilatéraux. Au-delà de sa présidence, le Danemark jouera le jeu de l’UE notamment sous la présidence Chypriote de l’UE. Le Danemark a réalisé un rapport d’étape sur les négociations d’élargissement à cette lumière. Il n’y aura pas eu de décision d’ouverture de nouveaux chapitres, mais celle de promouvoir les échanges commerciaux au-delà de l’adhésion européenne en lien avec la stratégie de la Commission d’un « agenda positif » qui de fait ne peut pas être remplacé en toute hypothèse par autre chose avant la fin de la PCUE du fait de ses relations avec la Turquie. Le Danemark a de bonnes relations bilatérales avec la France. Il n’y a pas de contentieux et la France est son 7ème partenaire économique. Pendant la PDUE, il y a eu beaucoup de visites bilatérales officielles. L’opinion publique danoise s’est passionnée pour les élections présidentielles françaises et la presse a sorti beaucoup d’articles sur les thèmes abordés pendant la campagne, notamment sur la désindustrialisation et les banlieues. Le dernier Conseil Affaires Générales aura lieu entre les deux tours des législatives mi-juin et forcément, cela oblige les autorités à être attentives à ce qui sortira des urnes. À une question sur l’affaire des caricatures de Mahomet, il nous est précisé que l’actualité n’est pas aux questions de liberté d’expression et d’immigration en politique intérieure. Sur le premier point le débat a eu lieu et les tribunaux ont tranché quant à son encadrement juridique, sur le second on est dans une politique de continuité même si le gouvernement actuel va revenir sur l’obtention d’un permis de séjour à points et le durcissement du regroupement familial. Il en est de même sur la « flexi-sécurité » qui ne va pas être remise en question, le gouvernement de centre-gauche a signifié son attachement à préserver ce modèle sans évolution majeure, de toute façon impossible du fait de la forte culture de consensus inhérente au Danemark, et renforcée par le poids des syndicats qui gèrent assurance-chômage et maladie avec un taux de syndicalisation très élevé.   Lire également:Présidence danoise – To be « in » or not to bePrésience danoise – Rencontre avec Steen Lohmann Poulsen, directeur pour l’UE & la politique économique internationale au ministère danois de l’ÉconomiePrésidence danoise – Rencontre avec Jens Kisling, conseiller diplomatique, conseiller en chef pour les affaires européennes auprès du Premier ministre...

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Présience danoise – Rencontre avec Steen Lohmann Poulsen, directeur pour l’UE & la politique économique internationale au ministère danois de l’Economie
26 Avr

Présience danoise – Rencontre avec Steen Lohmann Poulsen, directeur pour l’UE & la politique économique internationale au ministère danois de l’Economie

La dimension économique de la présidence danoise s’est dès le départ articulée autour de deux objectifs : la mise en œuvre des nouvelles règles de gouvernance et la poursuite de la réforme de la régulation financière. Pour la première fois également, le « semestre européen » a été mis en œuvre dans son intégralité et les programmes de stabilité vont être soumis dans ce cadre redéfini. Sur cette base, la Commission va pouvoir émettre des recommandations bien plus en amont dans le processus d’élaboration des lois de finance dans les Etats-membres. L’objectif général est donc clair : dans un contexte où 23 des 27 Etats-membres sont engagés dans une procédure de déficit excessif, il faut que les nouvelles règles soient appliquées et que la politique budgétaire soit mise en œuvre. Cela est d’autant plus nécessaire qu’au-delà des trois Etats-membres aujourd’hui « hors marchés » (Grèce, Portugal et Irlande), des questions se posent également pour l’Espagne et l’Italie, mais aussi pour la Belgique, la France… La Hongrie pourrait à ce titre est le premier pays sanctionné, via la suspension des fonds de cohésion. C’est un test crucial pour la crédibilité des sanctions. En matière de régulation financière, les réformes avances également : sur les produits dérivés, sur les exigences de fonds propres. Enfin, l’action conjuguées de la BCE (LTRO) et du FESF / MES devraient permettre d’apaiser au moins temporairement les tensions sur les marchés. Mais une question centrale demeure : celle de la croissance. Faut-il relâcher la consolidation budgétaire pour la renforcer ? Ce serait un choix risqué et dans tous les cas de courte vue. Il faut au contraire relancer la croissance par des réformes structurelles : concurrence, marché du travail, barrières à l’entrée sur les marchés de services…Tous les pays doivent s’engager dans cette voie face à laquelle il n’y pas d’échappatoire. Quant à la question du renforcement des sanctions, il faut garder en tête qu’il ne s’agit que d’anticiper et de prévenir les sanctions qui pourraient être appliquées par les marchés, lesquelles sont toujours plus douloureuses que les sanctions institutionnelles. A cet égard, l’élargissement de la surveillance aux déséquilibres macroéconomiques est une avancée réelle. A la question de l’ancrage de la couronne Danoise à l’euro, la réponse est simple : cette question n’existe pas au Danemark. Cette inclusion de facto du Danemark dans la zone euro ne soulève pas de débats, car les Danois connaissent le prix de la volatilité monétaire et de l’inflation. La stabilité procurée par l’ancrage à l’euro est donc unanimement saluée. Les dévaluations compétitives ne sont jamais que des solutions temporaires qui n’améliorent en rien la compétitivité réelle du pays. Pour autant, le Danemark a rejeté par référendum l’entrée dans la zone euro. Ce paradoxe apparent s’explique sans doute par la dimension symbolique de la monnaie et par le fait – ironie de l’histoire alors que l’euro apparaît aujourd’hui surévalué ! – qu’à l’époque les Danois craignaient de rejoindre une monnaie faible.     Lire également:Présidence danoise – To be « in » or not to bePrésidence danoise – Rencontre avec Marie-Gaëlle Robles, Première secrétaire et David Kibler, Premier secrétaire à l'Ambassade de France au DanemarkPrésidence danoise – Rencontre avec Jens Kisling, conseiller diplomatique, conseiller en chef pour les affaires européennes auprès du Premier ministre danois  ...

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Présidence danoise – To be « in » or not to be
24 Avr

Présidence danoise – To be « in » or not to be

Copenhague. La Scandinavie telle qu’on l’imagine. Un endroit où la modernité n’a pas balayé un certain art de vivre.  Pas celui à la française, où l’on prend le temps de recevoir ses convives avec pompe et de disserter à tue-tête. Un art de vivre où la tranquillité, l’harmonie des espaces, l’équilibre entre le privé et le professionnel, le respect de la nature et de ses ressources, trouve ses fondements dans l’âme danoise. Le Danemark a été classé en 2008 comme le pays où la population serait la plus heureuse du monde… Dans ce pays imbibé de design comme un vieux loup de mer de Whisky, les intérieurs, épurés et même temps chaleureux, méritent tout autant le détour que les paysages. Copenhague nous est apparue telle une ville aérée, comparée aux autres grandes capitales européennes,  les cyclistes ont dompté la ville qui  n’est par ailleurs pas défigurée par la publicité. Branchée, créative,  interlope,  très riche architecturalement parlant,  flâner dans la ville est un vrai plaisir. Et source d’étonnement parfois : ici, les Ministres ont un vélo officiel. Lorsqu’il s’agit de faire des économies, les Danois ne badinent pas avec l’argent public.  Pour nous Français, si emprunts de tradition latine, la culture de la norme nous a parue légèrement pesante : pour les piétons, traverser en bonne et due forme, sous peine d’une amende de 100 Euros (et d’une réprimande sévère des passants..), la ponctualité, la modestie, tout faire (ou presque) de façon rationnelle.. Le pragmatisme danois, leur rigueur dans l’organisation, le respect des codes, tout cela nous fait basculer dans un autre espace ethnoculturel, où la fantaisie, la fougue, l’improvisation et la souplesse, ne guident pas toujours les comportements.  Et pourtant, une fois mis au pas de cet attachement nordique aux normes, on ne peut qu’être fasciné par  tout ce qu’accomplit ce petit pays de 5,5 millions d’habitants, leader mondial dans plusieurs domaines (transport maritime, cleantech ou technologies vertes, industrie éolienne, matériel médical comme l’audiologie, etc..) à l’image des groupe Maersk, Vestas, Rockwool, et bien d’autres encore.  Les  quatre priorités de la Présidence danoise collent parfaitement avec cet état d’esprit national «  A dynamic, safe, green and responsible Europe ». En clair, la Présidence danoise a souhaité s’attaquer au problème du chômage, à l’immigration clandestine (notamment en renforçant les frontières extérieures de l’Union), à encourager davantage l’écologie non seulement pour la protection de notre espace de vie mais aussi comme moteur de création d’emplois, et enfin gérer la question des dettes souveraines et de la réforme fiscale communautaire.  Cette Présidence particulière, puisqu’elle évolue à la fois  dans un contexte de crise aigue et dans le cadre nouveau du traité de Lisbonne, a été préparée depuis 2010, et est gérée de manière décentralisée, directement à Bruxelles. Se montrant moins eurosceptiques qu’on les imagine, les Danois entendent bien marquer cette Présidence de leur emprunte, même si, comme l’a souligné l’un de nos interlocuteurs : « les thèmes de travail d’une Présidence sont décidés à 90 % par la présidence précédente, 5 % sont de la gestion de crise (en tout genre), il ne reste donc que 5 % pour laisser une marque spécifiquement nationale ». Pragmatiques toujours, et très concentrés sur les résultats, comme l’accord que les Danois espèrent arracher aux autres Etats membres, avant la fin de leur Présidence, sur les prochaines perspectives financières. Comparé à leur précédente présidence au grand moment de l’élargissement, celle-ci est davantage une présidence de gestion. Le pays a choisi plusieurs dérogations pour ce qui concerne la monnaie, la défense et le volet «justice et affaires intérieures », trois domaines dans lesquels les Danois peuvent sortir leur fameux joker, appelé aussi « opt out » dans le jargon bruxellois. Mais les paradoxes se font sentir : à l’écart de la défense européenne, le Danemark est pourtant l’un des premiers pays, comparé à sa petite taille, qui participent aux corps expéditionnaires dans le monde (que ce soit dans le cadre des Nations-Unies ou de l’OTAN, tradition atlantiste oblige). Et c’est toujours  le pragmatisme et non l’idéologie qui font avancer la politique danoise, très désacralisée là-bas comparé à la France, et ce y compris sur des thèmes lourds, comme celui-ci de la défense. Alors, puisque la CSDP a beaucoup évolué depuis les années 90, aujourd’hui davantage orientée vers des missions de maintien de la paix, de lutte contre le terrorisme et la piraterie (enjeu fondamental pour le Danemark), les Danois sont en train de reconsidérer leur position sur le sujet (et notamment leur clause dérogatoire, même si cela prendra du temps, dans la mesure où tout changement doit être approuvé par référendum). Sur l’Euro également, une position plus « in » est envisagée dans le moyen terme. Dans ce pays mi socialiste mi libéral, où tout se partage (l’égalitarisme a été hérité de la tradition protestante luthérienne) et surtout où le bien collectif est ultimement respecté, qu’il s’agisse d’argent ou d’infrastructures, la création et l’innovation sont les maîtres mots de l’économie. 60 % du PIB de Copenhague vient de l’industrie créative. Derrière ce paradoxe d’un pays si normé et pourtant si créatif, il ne faut pas oublier la vocation maritime et de négoce du pays. Car nous ne sommes pas simplement au pays des Lego et d’Andersen. Nous sommes surtout dans un pays viking, dont l’ouverture sur le monde et l’envie de conquête sont pluri séculaires. A l’image de la statue de la Petite Sirène qui veillent sur les bateaux, s’ouvrir, s’adapter,  telle a toujours été la tradition de Copenhague. Ici, point de nostalgie pour un hypothétique « âge d’or », point d’utopie pour un modèle qui répartirait encore mieux les richesses, mais une capacité à affronter le réel, le dompter, à composer avec ce monde en pleines mutations, et envisager la mondialisation comme une  incroyable source de richesses et de potentialités. Nous allons être bientôt dominés par les Indiens et les Chinois ? Très bien, la prochaine cible de conquête pour les designers danois est l’Inde… être capable de comprendre un autre mode de vie pour sortir de la niche un peu trop occidentale et élitiste dont les objets du design classique sont issus, et créer l’objet culte qui sera utilisé par plus d’un milliard de consommateurs.  Tout comme la cuisine danoise a su se réinventer, gardant le meilleur de ses traditions nordiques, mêlées aux ingrédients venus d’ailleurs (comme la confiture d’églantier à la vanille bourbon…). Le restaurant Noma, du jeune chef René Redzepi, situé dans un entrepôt maritime rénové du port de Copenhague, a été consacré deux années consécutives, en 2010 et 2011, le meilleur restaurant du monde… Food for thought comme disent les anglo-saxons, ou comment se réinventer dans un  monde globalisé. De toutes nos rencontres passionnantes où nous avons pu mesurer le professionnalisme des Danois sur les questions européennes (c’est leur 7è présidence du Conseil), l’une d’elles nous a particulièrement marqués : celle avec le directeur du Danish Design Centre.  Là, nous avons pu vraiment comprendre la révolution du design depuis l’âge « classique » des années cinquante jusqu’à aujourd’hui.  Le design n’est plus simplement un moyen de fabriquer des objets stylés, fonctionnels, simples, inédits dans les formes et à l’esthétique unique, mais il s’agit bien aujourd’hui de stratégies, qui visent à l’amélioration de la vie quotidienne, qu’il s’agisse des cantines scolaires,  des hôpitaux ou des écrans de télé. Le design est sorti des maisons pour se marier à l’industrie, et c’est cette révolution copernicienne qui permet aux designers danois de traverser la crise actuelle. Notre échange sur le design « 2.0 » a vite basculé sur l’Europe, et voici ce que nous en a dit notre interlocuteur : «  Les valeurs de la vieille Europe sont de retour. La problématique européenne est une question de scénario. Que se passerait-il si on ne faisait rien, s’il n’y avait pas d’Europe ? Cependant, la question fondamentale aujourd’hui reste la suivante : quelle est la stratégie globale pour l’Europe, où veut –elle aller ? » ....

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Voyage d’études à Copenhague
11 Avr

Voyage d’études à Copenhague

À l’occasion de la Présidence danoise du Conseil de l’Union européenne, l’Atelier Europe, dans la continuité des déplacements à Prague, Stockholm, Madrid, Bruxelles, Budapest et Varsovie, se rendra du 12 au 15 avril 2012 à Copenhague pour un voyage d’études, de dialogues et d’échanges sur les priorités et les enjeux de cette Présidence de l’UE.   Programme des rencontres : Cabinet du Premier Ministre Jens Kisling, Conseiller diplomatique, conseiller en chef pour les affaires européennes auprès du PM Ministère de la Défense Lars Salquist, conseiller OTAN et PESD Tanja Holst Rasmussen, conseillère spéciale auprès de Lars Salquist Ministère du climat, de l’énergie et du bâtiment Martin Lindgreen, Head of Department EU Coordination and International Energy Astrid Rathe, conseillère Ministère des Affaires étrangères Christian Stenberg, Teamleader / Office Européen de politique Danish design center Nille Juul-Sørensen, managing director Ministère de l’économie Steen Lohmann Poulsen, directeur pour l’UE & la politique économique internationale Ambassade de France Gregor Trumel, premier conseiller David Kibler, premier secrétaire, en charge des affaires européennes & de la...

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Présidence polonaise – Rencontre avec Zbigniew Włosowicz, Sous-secrétaire d’Etat à la politique de Défense
22 Nov

Présidence polonaise – Rencontre avec Zbigniew Włosowicz, Sous-secrétaire d’Etat à la politique de Défense

Ce jeudi 20 octobre 2011 après midi nous avons rendez-vous avec Zbigniew Włosowicz, Sous-secrétaire d’État polonais à la politique de Défense pour un éclairage sur la Politique de Sécurité et Défense Commune PSDC et son volet « partenariat oriental ».Afin que nous puissions mieux comprendre son exposé, notre hôte prend la précaution de nous donner des éléments de son parcours professionnel orienté vers la diplomatie et les Nations Unies où il a travaillé de nombreuses années au sein de la délégation permanente polonaise, puis au Conseil de Sécurité, et enfin comme Chef des troupes militaires des Nation Unies basées à Chypre. La politique de défense et le concept de Pulling and SharingEn devenant membre de l’OTAN en 1999 puis membre de l’Union européenne en 2004, la Pologne a montré qu’elle souhaitait s’impliquer et jouer un rôle majeur dans l’articulation d’une stratégie commune de partenariat oriental.Quelques jours avant cet entretien, notre interlocuteur inaugurait une conférence internationale sur le sujet et plus particulièrement sur le thème de la PSDC avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Géorgie, la Moldavie, l’Ukraine et la Russie. L’objectif de cette conférence est avant tout de faire l’état des lieux des actions actuelles de l’Union européenne adressées à ses voisins orientaux et identifier les domaines de coopération potentielle dans le cadre de la PSDC. Selon lui, ces domaines de coopération devraient être: la formation et l’éducation le dialogue politique la réaction de l’Union européenne en cas de crise la réforme du secteur de la sécurité Enthousiaste, notre hôte semble malgré tout conscient de la difficulté et du temps de mise ne place de ces actions. Par ailleurs, les causes et les effets des révolutions du Maghreb ayant eu lieu cette année ne peuvent être ignorées.L’Europe doit trouver un schéma de fonctionnement simple pour ses partenariats, et pourquoi ne pas s’inspirer de la Smart Defense de l’OTAN pour cela. Tout se résume dans l'expression pooling and sharing nous dit-il calmement avec un mouvement de balancier. Il s’agit de partager des ressources entre nations pour agir communément de manière plus efficace.Plus efficace, plus intelligent, ce système demande des objectifs clairs sur des domaines de coopération identifiés au préalable. Il reste cependant ambitieux dans sa mise (temps et coût) en place, raison pour laquelle nos deux pays l’ont essayé/adopté. La Pologne est quant à elle prête à investir dans cette collaboration. Fin septembre, le Ministre de la défense polonaise, Tomasz Siemoniak, rencontrait son homologue français, Gérard Longuet dans le cadre d’une réunion informelle des Ministres de la défense de l’UE. Ils en ont profité pour travailler sur ces questions de coopération et d'amélioration des capacités opérationnelles et de planification de l'UE et plus particulièrement de la mise en place d'un « centre d'excellence dédié à la police militaire ». Un projet qui participerait à approfondir la coopération militaire existant d'ores et déjà entre les deux pays, dans les domaines de la gendarmerie militaire et des forces spéciales. Note de l’auteur:Notre entretien avec le sous-secrétaire prend fin après une heure de discussion. Ce qui ressort de cette réunion est un manque de certitudes sur les futures coopérations à venir, faute de décision politique vis-à-vis d’investissements lourds, d’une situation économique mauvaise en Europe et des influences contraires de certains pays tels que les États-Unis ou encore la Russie. Malgré tout, le partenariat oriental n’apparaît pas comme une priorité dans la PSDC mais plus dans le cadre d'une politique économique d’élargissement visant à redonner de la croissance au marché intérieur de l’UE. Lire également:Présidence polonaise – Entre romantisme et pragmatisme, un discours européen...

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Présidence polonaise – Rencontre avec Eric-André Martin, Premier Conseiller de l’Ambassade de France à Varsovie
17 Nov

Présidence polonaise – Rencontre avec Eric-André Martin, Premier Conseiller de l’Ambassade de France à Varsovie

Monsieur Martin nous a livré un exposé clair et synthétique de l’évolution de l’identité européenne de la Pologne, l’ambigüité de celle-ci quand se dresse la défense de ses intérêts nationaux et les défis à venir du pays. La Pologne ou l’ambition d’être le « 6ème Grand Européen » La Pologne assure la présidence de l’Union 7 ans après son intégration dont 3 années fortement marquées par l’euroscepticisme bruyant du gouvernement Kacsynscki. Jusqu’en 2007 en effet, le pays était drapé dans un isolement nationaliste, en marge du jeu européen et avec de difficiles relations avec ses puissants voisins, l’Allemagne et la Russie. En octobre 2007, le PO (Plateforme civique, en polonais: Platforma Obywatelska), dirigé par Donald Tusk remporte les élections législatives. Le PO est un parti libéral, européen et conservateur sur les questions de société comme l’avortement, l’euthanasie ou le mariage homosexuel qu’il refuse. Avec l’arrivée du PO au pouvoir, reconduit lors des élections législatives d’octobre 2011, la Pologne se tourne résolument vers l’Europe. Elle s’affirme comme une démocratie mâture, dotée d’une économie dynamique. La Pologne est un pays qui n’a pas été atteint par la crise de 2008 et qui affiche un 4.5% de croissance unique dans l’Union. Cette bonne santé économique lui attire respectabilité et attention médiatique qu’elle met à profit pour se positionner comme le 6ème grand pays européen et proposer de nouvelles sources de croissance: Développer le partenariat oriental: la Pologne veut faire de sa présidence un moment fort pour arrimer ses voisins de l’Est (Ukraine, Biélorussie, Arménie, Géorgie et Azerbaïdjan) dans la carte mentale de l’Union européenne, Encourager la recherche pour favoriser la croissance, Investir dans des politiques de sécurité et de défense. Cette ambition d’acteur européen de premier plan est toutefois contrariée par l’actualité de ces derniers mois: entre la crise des dettes souveraines et l’intervention en Libye, la Pologne n’a pas les manettes de l’action et est réduite au rôle d’observateur des décisions du couple franco-allemand et de l’Eurogroupe. Sa frustration est d’autant plus grande que son projet d’intégration à l’euro, initialement prévu pour 2012, est repoussé à 2015. Son refus de participer à l’opération « Protecteur Unifié » de l’OTAN en Libye met aussi en lumière sa difficulté à s’intégrer « européennement », souvent plus tentée par des alliances de circonstances pour contrecarrer les décisions françaises ou allemandes, « plus consommatrice de subventions européennes (67 milliards entre 2007 et 2013, la plus grosse enveloppe distribuée) que contributrice » accusent ses détracteurs. Assurer la défense de son territoire et son indépendance énergétique L’action politique polonaise est motivée par deux grands intérêts nationaux: assurer la défense de son territoire et son indépendance énergétique. La perception de la Pologne n’a pas changé d’un iota depuis la chute du Mur: les États Unis sont la puissance qui protège, la Russie celle qui menace, l’UE celle qui est impuissante militairement. La Pologne est donc favorable au maintien des bases de l’OTAN eu Europe, comme le montre son rôle clé dans l’installation du bouclier antimissile sur le corridor oriental de l’UE. Dans le cadre du plan Energie – Climat, la Pologne, dont 90% de l’électricité vient du charbon, est une âpre négociatrice. Elle a demandé et obtenu des dérogations au plan notamment sur l’allocation de droits à polluer gratuits pour 70% des émissions de son secteur énergétique en 2013 avec une réduction progressive de cette exemption pour arriver à son élimination totale en 2020. La Pologne est aussi le fer de lance de l’exploitation des gaz de schiste dont elle possède les gisements les plus importants en Europe. Elle prévoit de passer à l’exploitation de ses gisements dès 2014. Les gaz de schiste sont une opportunité pour développer son indépendance énergétique par rapport à la Russie, son principal fournisseur gazier. La Pologne en 2030 ? L’économie polonaise manque d’investissements en R&D et lance de nombreuses collaborations scientifiques pour y remédier: sur le nucléaire, avec des collaborations universitaires de haut niveau, mais aussi sur la chimie à la recherche de nouvelles sources d’énergie. L’autre défi est celui du vieillissement de sa population sous l’effet conjugué d’une forte émigration des jeunes (près de 4 millions sont partis à l’étranger) et une forte chute du taux de fécondité (1.26 enfants par femme) qui n’assure plus le renouvellement des générations. Enfin, la société polonaise est en mutation, traversée par des courants qui remettent en cause des identités fortes comme la place de l’Eglise dans la société. Les 10% obtenus par le Mouvement de Palikot, parti libéral et anticlérical fondé en 2005, sont un signal fort de ce désir d’évolutions sociales. NDLR: Après une forte désillusion post intégration, la Pologne travaille à la définition de son rôle et ses zones d’influence au sein de l’Union. Avec une carte mentale de l’Europe différente de celle de la France ou de l’Allemagne, elle sera demain le 6ème Grand, très probablement. Marie Antide Lire également: Présidence polonaise : entre romantisme et pragmatisme, un discours européen...

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