Voyage d’études à Riga

Logo Lettonie 2015L’Atelier Europe se rendra en voyage d’études à Riga du 22 au 26 avril, à l’occasion de la Présidence lettone du Conseil de l’UE. Ce déplacement s’inscrit dans la continuité d’une tournée des capitales européennes initiée lors de la présidence tchèque, et qui a perduré depuis.

L’Atelier Europe effectuera son treizième voyage d’études !

Ces déplacements sont l’occasion de rencontrer les gouvernements, acteurs institutionnels et de la société civile (personnalités académiques, journalistes etc…), et nous permettent de mieux comprendre les priorités de chaque présidence, leur mise en œuvre et la carte mentale de l’Europe de nos partenaires.

Programme des rencontres :

Andris Piebalgs
Conseiller affaires européennes et économiques auprès du Président de la République
Ancien Commissaire européen à l’énergie puis au développement

Janis Sārts
Secrétaire d’Etat
Ministère de la défense

Artis Pabriks
Député européen (PPE)
Ancien ministre des affaires étrangères & de la défense

Atis Lejiņš
Député du parti Unity (libéral-conservateur)
Fondateur du Latvian Institute of International Affairs

Deborah Miller
Conseillère aux affaires politiques et stratégiques
Ambassade des États-Unis en Lettonie

Miroslav Mitrofanov
Co-Président de la Latvian Russian Union
Vice-Président de la EU Russian-speakers Alliance

Morten Hansen
Professeur d’économie à la Stockholm School of Economics in Riga (SSE Riga)

Retrouvez prochainement le compte-rendu du voyage d’études sur notre site, et suivez-nous in situ avec Facebook & Twitter.

L’interminable crise grecque ou la nécessité d’une transgression

Greek & EU flagsL’élection d’un premier ministre d’extrême gauche, Alexis Tsipras, a jeté du sel sur les relations tendues entre la Grèce et l’Union. Ce pays sort d’une période extrêmement difficile où il a perdu près de 30% de sa richesse nationale en 5 ans. Mais pour l’Union, la Grèce est aussi le miroir des insuffisances de notre gouvernance. On s’est aperçu non seulement que l’économie locale n’était pas viable mais surtout que cet État a pu pendant 30 ans être membre de l’UE alors qu’il n’était pas un État au sens moderne: fonctionnement clientéliste, ministères organisant un État dans l’État, rentrée de l’impôt aléatoire, corruption, outils administratifs désuets (tel le fameux cadastre inexistant) etc. Un immense travail de réforme a été effectué mais il n’est pas certain que la Grèce puisse le finaliser et relancer son économie dans le cadre de la zone euro, peut-être avons-nous atteint les limites de l’acceptable pour la population grecque. Et ce que ne semblait pas avoir mesuré M. Tsipras, c’est que la lassitude est immense aussi du côté des autres membres de l’Eurogroupe (Cf réaction virulente de l’Espagne). Continuer la lecture de « L’interminable crise grecque ou la nécessité d’une transgression »

L’Europe, quelle adresse email ?

Flickr-creative_commons_6495437857_84ba27baae_zEt si le fameux numéro de téléphone de l’Europe que cherchait Kissinger était en fait une adresse e-mail? Le récent message du président Obama sur un supposé protectionnisme technologique européen, pour désagréable qu’il soit à nos oreilles communautaires, est à considérer comme un signal paradoxalement positif.

Comment? L’Europe protégerait ses intérêts en matière de technologie, notamment numérique? L’Europe aurait une stratégie en ligne avec ses intérêts commerciaux au sujet des champions du web? Mieux, elle aurait une conception propre en matière d’utilisation des données personnelles? Oui, il semblerait que les choses prennent forme de ce côté-ci de l’Atlantique. Et non, défendre ses intérêts n’est pas fatalement faire œuvre de protectionnisme.
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Une aube dorée? L’Est de l’Europe imprégné du péché des aides européennes

1. Facteurs

1.1 Der Wille zur Verwaltung (La Volonté d’administration)

Jusqu’à 2014, en « Banlieue nord » de Pils, en République tchèque, une amie gérait une école maternelle privée. Une école petite (comptant une vingtaine d’enfants), modeste, charmante, pas chère (à 2300 euros par an), entièrement autonome, ne touchant pas une seule couronne des fonds publics. En 2013, la ville de Pils a décidé d’investir deux millions d’euros dans la construction de trois écoles maternelles pour 150 enfants: une place créée à 13 000 euros sans compter les coûts de gestion annuels non publiés. Les écoles maternelles créées par la ville sont presque gratuites. En conséquence, dès 2015, il se peut qu’il n’y ait plus d’école privée en « Banlieue nord ». Une absurdité économique et sociale: même si la ville payait les frais scolaires de cet établissement privé, donc « bourgeois », pour chaque enfant de Pils, elle gagnerait des milliers d’euros par an et par enfant tout en s’épargnant énormément d’administration. Et sans avoir tué un établissement solide.

AiePayePar contre, dès 2015, il y aura plus de directeurs et de subordonnés, donc plus de pseudo-pouvoir administratif, plus de prétendu pouvoir social pour décider des admissions aux écoles, plus de gestion de fonds publiques, plus d’administration, plus de marchés publics. Hélas, il suffirait d’une seule chose: laisser vivre les petits, voire faciliter leur vie.

Cet exemple simple, mutatis mutandis, démontre une tendance générale liée aux aides européennes dans lesquelles l’Est de l’Union se noie de nos jours: l’incessante volonté des pouvoirs publics de gérer, de s’imposer et de régler là où il n’y a guère besoin d’eux.

1.2 Die Menschenschöpfung (La création de l’homme)

En 1957, douze ans après la guerre, le contrat a été clair: « Vous, les industriels allemands, pour que vous paracheviez votre réhabilitation, vous payerez pour cette acceptation dans la famille de l’humanité une dîme à ses porte-flambeaux: les pauvres agriculteurs français et italiens ».

En 2004, quinze ans après la chute du Mur, cette logique s’est renversée et approfondie. Conscient de l’énorme marché toujours à demi-vide de la rive droite de l’Oder et derrière les Monts Métallifères, l’Allemagne a été prête à répéter – à grande échelle – la leçon de Wiedervereinigung de 1990: « Nous, les postindustriels allemands, sommes prêts à faire de vous, les pauvres postcommunistes, de nouveau des hommes par nos euros. En tant qu’hommes civilisés, vous nous ouvrirez vos marchés entièrement. »

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Defending Europe in Hénin Beaumont

A significant town in the north of France – Hénin Beaumont, 26.000 inhabitant-strong – has recently decided to shift from seventy years of socialism to Front National (FN), France’s extreme right anti-EU party. The 2014 Municipal elections gathered 64% of voters and 50,3% of their ballots went to the new FN Mayor, Steeve Briois. No second round was needed.What caused that conversion? Where is Europe’s responsibility? Think tanks Atelier Europe and the Martens Centre went on the spot to listen, hear Henin’s complaints and exchange views.

The first source of discontent turned out to be the former Mayor’s fraud scandal and budget mismanagement, yet the debate revealed a deeper feeling of abandonment: « after World War II, French governments took a lot of taxes from our coal, textile and steel outputs and when all that closed down, nobody invested in our region to transform it ». Workers, engineers were left with the choice of unemployment or migration to other regions in France’s East-central areas. When asked about Charlie Hebdo and the recent terrorist attacks, the answer is quite blunt: « all of this is very Parisian here, far from our concerns. We want jobs ».Henin-cafe

The European Union is perceived as being unsupportive of those violent social changes: « Europe forgets the young and the old, […], Europe only brings more austerity to our problems, […] Europe is breaking up social achievements and serves the interests of free marketeers ». Others complained about the difficulty of filling FEDER’s paperwork, the European Regional Development Fund (ERDF), in small towns where none are trained for it.For many citizens of Hénin, despite their proximity to Belgium, Brussels is perceived as a cold place where few of them are at ease. Bringing a case or a project to the EU is « simply distressing ». Continuer la lecture de « Defending Europe in Hénin Beaumont »